‹ Le sejour de Lamartine `a Belley (volume 2)Chapitre 3 sur 15 · AVERTISSEMENT IX · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT IX

« On apprit, le 4 mars, qu'il venait, comme ministre des affaires étrangères, de parler à la diplomatie européenne un langage qu'elle n'avait jamais entendu... Une coalition se préparait contre nous. On reconnut la nation française dans les paroles de Lamartine. On nous tint compte de l'ascendant qu'il exerçait. Nous lui dûmes la paix du monde, comme nous lui devions la sécurité de la rue et de nos demeures. »

Quelle était la cause de cette influence inouïe ? Les lecteurs répondront. Peut-être penseront-ils que, si l'on avait fait le vide dans son âme et fermé pour elle les vastes horizons, Lamartine n'eut été ni le grand poète des Méditations et des Harmonies, ni le citoyen à l'esprit large et au cœur vaillant qu'on a connu ? Peut-être se demanderont-ils s'il ne serait pas sage de laisser s'épandre en toute liberté sur le peuple les bienfaits d'un enseignement capable de lui donner de tels hommes, de tels tribuns? Peut-être quelques

bravos gens, qui l'ignoraient, comprendrontils que l'idée spiritualiste et chrétienne, source de poésie, de civilisation durable, de progrès social, est la sauvegarde d'une grande nation comme la nôtre, son centre de ralliement, sa vie?

Ce serait une douce récompense pour l'humble artisan de cette mosaïque, faite pour la plus grande part avec les souvenirs et les notes mêmes de Lamartine : la seule qu'il ambitionne, avec celle de montrer que cet admirable poète appartient à Belley, à la fois par son cœur et par son éducation.

Belley, 29 janvier 1892.

AMARTINE A BELLEY

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