PROFESSEURS ET CAMARADES
« 1/inîiexibilité religioiise <lo runlre était persuniiiti«'e laiis le Père Debrosse, qui en était le supérieur. Ce n'était p(.»int un homme <le premier mérite, mais de première vertu. 11 ('tait d'un parfait bon sens, cela suftit [»our gouverner. Il dirigeait tuut ce petit monde sans violence et sans partialité. Chacun était sûr de sa justice. Sa ligure calme, douce et grave, disait ce qu'il était, l'n changement de directeur eût été une ri'volution dans la maison. Tout y était Tordre et la paix, maintenus lans une liberté suffisante... »
Tels sont les professeurs dont Lamartine a gardé le plus vivant souvenir et qu'il signale dans ses Ménioires et <es Soucenirs et Pojii'a.'ts.
A ceux (pli ont <Hé nominativement cités jusqu'ici }»ar le poète et par nous, aux noms des ^'arin. Roger, Béquet \'rindts. Debrosse. \'arlet. Jennesseaux. Demouchel, il faudrait ajouter, puur donner une énumération ]>lus complète des Pères de la Foi affectés au collège de Belley, un professeur (pie cite M. Emile Deschanel, le PèreBrumoy. traducteur de (pielques chefs-d'cpuvre du théâtre grec et les Pères Barrât (1), Ronsin (2), Bruson (3). Ces professeurs, chargés des classes de sciences «^t de lettres <»u de la direction n'étaient pas les seuls.
Les pères de famille trouvaient réunis au collège de Belley, toutes les ressources, tout le personnel que
1 Luuis Barrât, né. à Jûiiiny lo 3() mars 1768. Prêtre <.'ii 1785. uuirt à Paris en 1815.
X Pierre Ron.sin, né à Soissons, le 18 janvier 1771. Prêtre en 1801, mort à Toulouse en 1846, célèbre dans la cong-rég-ation.
' ^8, Charles Bruson, né, le 2 juillet 1764, à Condé par Mireau. Prêtre en 17iK). mort à Gand, en 18:38. Il a été quelque temps supérieur du collé':-!'.
fifi LAMARTINE A BELLEY
n'clamc une éducation coni[»lètc. Rien de ce qui pouvait former et embellir Tame, développer et assouplir le corps, ^ n'avait été omis. I/escrime, l'équitation et les. divers '^ exercices pliysiques étaient menés de front avec les travaux intellectuels et les j)ratiques morales destinées à tremper les caractères.
Parmi les ai-ts d'agrément, la musique recevait une direction spéciale dun jeune artiste plein de talent, M. François Dupart (1775-185:]). Lorsque, en 1804. il fut appelé au collège de Belle v. M. François Uupart jouissait déjà d'une légitime réputation : à Fàge de quatorze ans il s'était engagé comme petite flilte dans la musique du royal Dau[)hiné, qu'avait dirigée son père : il se plaisait à raconter qu'il avait fait toutes les campagnes de la République, celle de l'Argonne (avec DumouriezV oii il avait connu le duc de Cliai-tres (Louis- Philippe) : celle de Hollande (avec Pichegru). etc., etc. ; celles d'Italie (avec Bonaparte), oii il était chef de musique à vingt ans : celle de Xaples (avec Championnet), etc.. Il venait de quitter Tournon (Ardèche) pour habiter Thoissey (Ain), lorsque les Pères de la Foi le domandèrent au|)rès deux, à Belley.
M. Charles Dujtai-t (fils de François; — un autre ai-tiste et compositeur qui laissa les jilus vives sympathies dans la ville de Belley — nous a raconté que son père avait donné des leçons de flûte à Lamartine. Mais rien ne le lui avait fait distinguer parmi ses camarades ; s'il ne s'était pas illustré dans la suite, M. Dupart n'en aurait }>eut-ètre jamais parlé à son fils.
Lamartine avouait du reste lui-môme (pie. tout en aimant beaucouj» la musique, il ne sut pas jjrofiter des