‹ Le séjour de Lamartine à BelleyChapitre 12 sur 32 · PROFESSEURS ET CAMARADES G · texte numérisé non relu

PROFESSEURS ET CAMARADES G

loçoiis (jui lui fui'ont données. Nous en avons jujur preuve l'anecdote suivante.

Vn soir, en juin 1850, alors que, pour la seconde fois, il A'oguait vers TOrient, avec sa femme et ses amis de €hamborant et de Cliam[)eaux, il se mit à re})roduire « d'un timbre vibrant, large, harmonieux, sonore, les jilus beaux passages de Rossini. Il les rendit, avec tant -d'expression et de goût. (|u"il fut impossible à M. de <"hamborant de contenir sa surprise et son admiration.

« Xe soyez })as si })rompt à me louer, répliqua Lamartine. Je ne sais pas une note, je ne connais pas un instrument et quoique je me sois essayé sérieusement à jouer de la tiûte. je n'ai i>u parvenir à en tirer un son. » 'Lamartine inconnu par M. de Chamborant.)

Voilii qui explique pourquoi M. François Dupart n'a pas distingué Lamartine jiarmi les autres élèves de son cours.

Nous connaissons les professeurs de Lamartine ; il va nous faire connaître maintenant ses amis. Son choix fut bientôt fait.

« Le lendemahi. j'avais déjà des amis. Je les }»ris d'abord à leur ligure, c'est ce qui trompe le moins. Les premiers furent des Italiens de Turin, d'Alexandrie, d'Asti, Sam])uy. Altieri ( 1 ). (rhihni. Ils étaient de grandes maisons de leur pays.... Altieri. grand et beau comme le poète son oncle, était fils du marquis Altieri. attaché à la maison de Savoie et qui fut ambassadeur, après la Restauration, auprès des Bourbons... Allieri. avec qui je restai lié depuis, devint président du Sénat jiiémontais...

1 On trouve, dans l«?s Poést'es /'ne'd'tes de Lamartine, des stances «lédiées à son ami, César Altieri, sur l'onibr.' <le sou onoU', \'ictor Alfieri, le poète trag-ique.

Il y jouit de rinîiiionce due à sou esprit et de la cousidin-atiou acquise par son mérite. Sambuy. de race militaire, suivit la même carrière, sous Bonaparte, et s'y distingua. Quant à (ihilini. sa destinée était écrite sur sa tig-ure, la plus douce et la plus gracieuse qu'il lut possiljle d^admirer sur une statue de jeune homme. Il était difiicile de Jie pas l'aimer à première vue. Sa mère et ses sœurs ne pouvaient pas avoir des yeux plus bleus, un teint plus ])lanc et i»lus transparent que le sien, une physionomie plus gi-ave et plus modeste. Il fut choisi pour page de la Cléopâtre napoléonienne, la belle princesse Borghèse, à Turin. Je ne sais j»lus quan<l la murt le cueillit, mais c'était un rameau de la tige humaine destmé à Heurir sur Ir versant des Alpes fi*ançaises,.. »

Donner les noms des camarades de Lamartine au cullèg^e de Belley semit citer les familles les plus connues de Belley et de la région. M. François Dupart, le professeur de musique dont nous |)arlons jilus haut, se souvenait d'avoir eu comme élèves, avec Lamartine. MM. deMépieu. oncle de M. d'ArcoUières, président de l'Académie de Savoie), de Virieu, d'Arloz (1), Terme (depuis maire de Lyon et député), etc. Lamai-tine conserva des relations très amicales avec M. Jenhi (plus tard maire et conseiller généi*alde Mrieu-le-drand). M. Jenin avait deux ans de plus que Lamartine, mais était de la même classe (pie lui. Lamai-tine avait d'ordinaire le premier rang et M. Jenin le second. Malgré cette situation, grande fut l'intimité des deux rivaux. Lamartine correspondit avec M . Jenin dès sa sui-tie de collège et son nom revient

1 Comte Alexandre d'Arloz, père de M. Louis dArk.z dernier proprii'taire du eliàteau de Gnimmont. près CeyzcrieU; et g-rand-père des MM. d'.Xrloz .'Xistaiits.

PKOFKSSK.rKS KT CAMAKADKS iW)

s(jiiveiit dans se' s Irtti-es. ainsi fjue ccnx do Lal)()r(' 1 1 (doctonr Alexandre Labui'é, père de deux religieux très distingués, l'un Jésuite, l'autre Dominicain). Guichard do Bienassis, Aymon de Mrieu, Louis de Vignet. Eevuux. Hombeau, Labbé. Kevel, Ualtier, Crhilini. C'barles de Hemundage, Saint-Pulgent '2; 'père de M. de Saint-Pul- <>ent. clianoine de la Primatiale à Lvon et oncle de M. de Saint-Pulgent, préfet de l'Ain sous le second Empire.)

« Alexandre Labori'' ». nous écrit son Hls, le R. P. Amb. Laboré, « fut, en effet, le condisciple de Lamartine cbez les Pères de la Foi... Le souvenir de ces années de collège ne s'etfaça jamais de son esprir et, jusqu'à l'âge le l>lus avancé, il aimait à redire quelle cordiale amitié l'avait uni à Lamartine et aussi quelle reconnaissance affectueuse il gardait à ses premiers maîtres. »

D'ajjrès la lettre qu'a bien voulu nous écrire M. le cbanoine de Saint-Pulgent et les souvenirs particuliers de son père. '< Lamartine avait, au collège, quelque chose do rêveur et d'abstrait qui faisait qu'il ne se mêlait pas t^j]) à la partie vivante et un peu tapageuse des élèves. »

En revanche, il s'était fait déjà une réputation de beau

1 Le (Ujctc'in- Alexandre Laboré était né à Lyon en 1"89. C'est aussi a Lyon qu'il est pieusement décédé en octobre 1874. après avoir fourni 'lans la médecine une long-ue et heureuse carrière, durant laquelle il d.'uieui'a toujours fidèle aux principes et aux enseig-nements de sa jt'unesse.

L'aîné de ses quatre enfants, le R. P. Francisque Laboré. entra dans la Compag-nie de Jésus. L'unique survivant est le R. P. Amb. Laboré, provincial des Frères Prêcheurs à Lyon.

'.2 .Jean-Baptiste-Marie Chamboduc de Saint-Pulgent. Né au château de Saint-Pulgent. commune de Saint-Martin-la-Sauveté (Loire;. Homme juste et bon, d'une grrandc fermeté, il fut maire de sa commune pendant 55 ans et décoré de la Lég-ion d'honneur comme doyen des maires de son département.

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parleur et iiiir place à ]>art. Le petit Alphonse avait fidèlement retenu les vieilles légendes de son pays natal, racontées en |)atois le soir à la veillée. M. Félix Reyssié nnus ap[»rend que, sur le verso d'un dictionnaire latin tuut dépenaillé, conservé à Saint-Point, un de ses condisciples, au bas du nom de « Lamartine », a écrit : « Diseur de contes ».

M. Félix Mathieu d) du Bourg, ancien conseiller à la Cour d'ajjpel de Lyon, ancien camarade de Lamartine au Collège de Belley.a gardé du futur poète une grammaire — conservée aujourd'hui dans sa famille — où un voisin d'étude a écrit un grossier épigramme, qui montre qu'il se distinguait déjà des âmes communes et qu'elles le jalousaient.

In autre de ses condisciples Lyonnais, M. Desguerres, eut toujours, nous dit-un, beaucoup de sympathie, d'affection pour Lamartine et sut le lui montrer dans les phases les plus graves de son existence. Aux heures si douloureuses de sa vieillesse, il s'appliqua notamment à ranimer et à soutenir la vig-ueur de sa foi chrétienne.

Mais les trois camarades de collège avec lesquels il contracta les liens de la plus intime amitié furent Aymon de \'irieu, Prosper Guichard de Biehassis et Louis de Vignet. Leur amiti*' naquit de la sympathie des caractères et de la conformité des aspirations intellectuelles, sui-tout de l'affinité qui mpprochc les hommes de talent <»u de génie. Xuus reparlerons d'eux plus loin.

1 . M. Félix-Mathi.'ti du Bom^ «i^t le père de M. Tabbé du noui^. «lui. de concert avec M. labbe Rambaud, a fondé et dirig-é, dans un populeux quartier de Lyon (le quartier de la Guillotièrc) un vaste et admirable hospice de vieillards, appelé cité Rambaud ou de TEnfînit- Jésus.

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