‹ Le séjour de Lamartine à BelleyChapitre 18 sur 32 · PREMIERS ESSAIS POETIQUES · texte numérisé non relu

PREMIERS ESSAIS POETIQUES

la jdio et <lo la tiistcsso do la iiaturo. Ces notes plunu-ont si avant dans le cœui* que roiseau-poète de lamour est aussi roiseau-iioète de l'intîni. Comment un si petit C(eui' peut-il contenir. ex})rimei*. i-emuer de telles ondes de sensations dans Tair cpi'il remplit de ses gémissements ou de ses hymnes ?

(( Les vents sonores, (pii sortent des furets et (pii semblent conserver les l)ruissements de leurs feuilles, tintaient })ar houttees contre les vitres et me faisaient frissonner de délices et de souvenirs dans ma couche. (^)uand la lune se répandait comme une silencieuse inondation de la lumière du ciel sur les prairies, je me soulevais sur le coude pour m"t'^g-arer en idée d"arhre en arl)re et de ruisseau en ruisseau dans ces vallées : des Hots de liensées ou plutôt d'ombres de pensées montaient de ces liorizr)ns à mon ame. Je ne pouvais plus m'endormir : jo idaignais ceux qui dormaient à côté de moi et j'écoutais avec une secrète pitié la respiration régulière de toutes ces poitrines assoui»ies qui répondaient du dedans aux mélodies des oiseaux, des moissons, des feuillag*es. des cascades du dehors. Il y avait alors en moi des océans de choses vagues dont je ne savais, ni la nature, ni le noni et qui étaient déjà poésie.

« J'ai conservé par hasard et j"ai retrouvé réceminont, au fond d'une vieille malle plehie de j)apiers à demirongés par les rats, dans le grenier de mon père, quelques vers au rossignol de ces nuits d'éti' à BeUey que je ne me souvenais i)as d'avoir comi)Osés ; mais l'écriture i\ l)eine formée, le pa])ier jaune et raboteux du collège, attestent bien que ces vers furent un des premiers jeux *\q mon imagination. Je vous demande indulgence pour h^s rimes et pour les césures ; mais j'y trouve déjii le

^>6 LAMARTINE A BKLLEY

yrnuc (!<' 1h iiiriaiiculk'. crt iiitiiii du cœur qui, ne X pouvant pas s'assouvir, s'attriste. *

Q\U' (lis-tii donc à la lune.

Pnuviv oiseau qui ne d(jrs pas ?

Cesse ta plainte importune ; Silence, ou ^éniis plus bas.

Tu vois bien (pi'elle nécoute Ni la cascade, ni toi.

Et quelle poursuit sa route Sans te répondre ; mais moi.

De la fenêtre où je veille Tout pensif, à tes accords.

Pendant quici tout sommeille, Mon Ame s'enfuit dehors.

Ah I si j a vais donc tes ailes, ( ) mon cher petit oiseau !

•Te sais bien où tu mappelles.

Mais reg-arde ces barreaux I...

.1»' crois ((uc mes sœurs absentes T'ont dit là-bas leiu* secret Et que les airs que tu chantes S<jnt tristes de leur reg-ret.

Ah ! dis-moi de leurs nouvelles.

Gris messay-er de la nuit ; Sous réy-jantier r(jse ont-elles.

Au printemps, trouvé ton nidV

Ont-elles penché leur tète Et jeté leurs cris joyeux Vai voyant, toute inquiète, Ta femelle siu' ses (pufs?..».

Ont-elles épié l'heure Où tes petits sont éclos.

Tout près de notre demeuie.

Pour jouir de tes sanglots Y

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