CHAPITRE
Les anciens procédés d extraction.
Sel marin. — Sel gemme. — Le prix de revient du sel doit être peu éleve.
— Georges Agricola. — Manières de se procurer le sel. — Le marais salant. — Ses différentes parties. — Sels ignigènes. — Installation des chaudières et des baraques. — Fabrication du s ri . — Les ouvriers.
Le sel est mis en pains. — Nettoyage des chaudières. — Procédés divers.
— Remarques sur ces anciens procédés.
La France peut se procurer très facilement tout le sel dont elle a besoin. La longueur considérable de côtes qu'elle possède sur la mer du Nord, la Manche, l’océan Atlantique, d’une part, et sur la Méditerranée, d’autre part, lui permet de puiser l’eau salée dans la mer et d’en retirer le sel qui s’y trouve contenu. Mais ce travail ne saurait être rémunérateur en tous pays et, sous ce rapport, le littoral méditerranéen possède des avantages marqués sur celui de l’Océan.
Outre le sel marin que l’on peut ainsi obtenir, il existe en France quelques gisements de sel gemme. Les plus importants sont situés dans l’Est, où les noms de plusieurs villes rappellent le voisinage des salines. Lons-le-Saunier,
Salins, Château-Salins, sont évidemment des localités qui jouent un rôle important dans l’industrie du sel. Dans les Basses-Pyrénées, les gisements de Briscous, Salies et Villefranque, bien que peu considérables, sont exploités par une population pauvre qui y trouve un élément de travail.
Partout ces industries sont fort anciennes ; et les moyens par lesquels on peut actuellement se procurer le sel en France ne sont que le perfectionnement de ceux dont se servaient nos pères.
Les procédés employés pour extraire le sel doivent être, en effet, des plus simples. Si l’on songe que le prix de revient de cette marchandise ne doit guère aller au delà de 1 fr. 75 cent, à 2 francs les 100 kilogrammes, on sera convaincu, à priori, qu’il ne faut employer dans sa fabrication ni appareils coûteux ou compliqués, ni combustibles d’une valeur élevée, ni procédés exigeant une main-d’œuvre un peu considérable.
Aussi les méthodes d’extraction sont-elles à peu de chose près ce qu’elles étaient au seizième siècle. Georges Agricola S dans son traité de Re metallicâ, a décrit soigneusement la fabrication du sel à son époque. Ecoutons ce qu’il en dit et, pour mieux comprendre son récit, aidons-nous de deux figures choisies parmi celles qui l’accompagnent.
« Des hommes intelligents s’aperçurent un jour que les eaux de certains lacs, naturellement chargées de sucs
1 Georges Agricola, né à Chemnitz, en Saxe (1494), mort en 1555. Son vrai nom est Landmann (paysan), en latin Agricola. 11 cultiva d’abord la science hermétique; son traite « Sur la pierre philosophale » fut plus tard regardé par lui-même comme un égarement de jeunesse. Il se livra ensuite à l'étude de la métallurgie et lit de nombreux voyages. Le livre « de Re metallicâ » publié en allemand et en latin (llàle 1540-1556), est le premier ouvrage que 1 on connaisse sur ce sujet. 11 étonne par la netteté des idées et 1 exactitude des descriptions. Ce traité est orné de très nombreuses ligures dans le texte : les deux gravures que nous reproduisons ici donnent une idée de leur exécution.