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LES ANCIENS PROCÉDÉS D'EXTRACTION

concrets , se concentraient par les ardeurs du soleil et fournissaient des matières solides en se desséchant. Ils eurent alors l'idée, afin d’arriver au même résultat, d’en verser dans des bassins plats, d’une certaine profondeur et bien exposés an soleil. Ils reconnurent bientôt que cela ne pouvait se faire ni en tout temps, ni partout, mais seulement en été, et dans les pays chauds, où la pluie est rare en cette saison. Ils se mirent donc à concentrer l’eau par une cuisson opérée dans des vases exposés à l’action du feu, et purent de cette façon obtenir des matières salines à toutes les époques de l’année et dans tous les pays, même les plus froids.

« Certaines eaux sont naturellement salées; d’autres le deviennent par le travail de l’homme, en y dissolvant des pierres de sel ( sel gemme). Toutes peuvent être transformées en sel, soit en les exposant dans des salines (marais salants) à la chaleur du soleil, soit en les chauffant dans des chaudières, dans des pots ou dans des fosses.

« Les salines peuvent être nombreuses, si le pays le permet : il ne faut cependant pas en établir plus qu’il n’est nécessaire; car on ne doit faire du sel que ce qu’on peut en vendre. La surface des salines doit être bien unie, et leur profondeur peu considérable, afin que la totalité de l’eau puisse se dessécher sous l’action du soleil. Il est bon qu’elles soient enduites d'une croûte saline, afin que la terre ne boive pas l’eau. On y amène l’eau de la mer, et si les pluies ne viennent pas contrarier l’exploitation, on obtient un sel d’une saveur très forte. »

Agricola explique ensuite comment doit être construit le marais salant; il décrit les rigoles qui amènent l’eau de mer, les compartiments dans lesquels elle passe successivement; il indique soigneusement leurs formes ou leurs dimensions et continue ainsi :

« Quand tout est bien préparé, on débouche l’ouverture du réservoir qui renferme l’eau de mer pure ou

mélangée d’eau de pluie ou de rivière1. Les rigoles se remplissent: on ouvre alors la vanne qui permet à l’eau d’entrer dans le premier bassin. Elle s’y concentre et laisse déposer des matières terreuses. On fait ensuite passer l’eau dans le bassin suivant ; elle y séjourne jusqu’à ce que par l'action du soleil elle s’épaississe et commence à déposer du sel : à ce moment, on ouvre la vanne qui communique à un troisième bassin ; l’eau y pénètre et y reste jusqu’à ce qu’elle soit complètement transformée en sel : quant aux premiers bassins, on les remplit à nouveau d’eau de mer. Le sel est détaché du sol avec des râteaux et enlevé à la pelle. »

La figure 22 dans sa simplicité naïve nous fait voir tout ce travail. A est la mer; B le réservoir d’eau de mer; G une vanne qui permet d’établir ou de supprimer la communication avec les salines ; D, D, D, sont les rigoles, EE les compartiments du marais salant. On n’a pas oublié de représenter le soleil et ses rayons qui jouent un rôle important dans la fabrication du sel. 11 n'est pas besoin de faire remarquer que les lois de la perspective et les proportions relatives des divers objets ne sont guère respectées : les dimensions du marais salant n’ont aucun rapport avec la taille des personnages et des ouvriers; heureusement elles sont données dans le texte.

Agricola fait ensuite connaître les moyens employés pour extraire le sel par l'action de la chaleur.

« Les chaudières où l’on cuit l’eau salée sont installées dans des baraques, à proximité des puits d’où on l’extrait. Ces baraques peuvent avoir 40 pieds de hauteur; elles sont construites en terre, en briques, quelquefois même en pierre : la construction est haute d’environ 10 pieds et

1 Pourquoi ce mélange sur lequel Agricola revient à plusieurs reprises? Il paraît assez inexplicable: .cependant l’auteur semble , en certains endroits, taire entendre que c’est l’eau même qui devient du sel par l'action du soleil. Cette appréciation absolument fausse des faits est conforme aux idées alchimiques qui avaient coursa cette époque.

Fig. 22. Exlraction du sel contenu dans l’eau de la nier (Fac-similé d’une gravure d’ Agricole.)

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