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LES ANCIENS PROCÉDÉS D'EXTRACTION

le toit de 24 : il est en chaume, mais enduit d’une épaisse couche d’argile pour diminuer les dangers d’incendie. Cette couverture protège de la pluie l’intérieur de la maison et y maintient la chaleur nécessaire à la dessiccation des pains de sel1.

« Chaque baraque est divisée en trois parties : la première contient la provision de paille ou de bois; dans la seconde est installé le loyer sur lequel se trouve la chaudière : à droite, est un réservoir où des manœuvres apportent l’eau salée; à gauche, un escabeau sur lequel on peut placer une trentaine de pains de sel ; la troisième partie de la baraque forme un grenier pour loger les pains de sel.

« Les parois sont également percées de deux fenêtres et le toit d'une ouverture qui livre passage à la fumée. Une porte toujours ouverte est devant le foyer : elle a 8 pieds de haut et 4 de large afin de permettre au courant, d’air d’emporter la fumée. Une seconde porte de mêmes dimensions est percée dans la paroi opposée, en face de la première. On doit la fermer quand le vent souffle trop fortement, parce qu’il pourrait alors gêner la cuisson du sel; les fenêtres sont pour la même raison munies de carreaux de vitre : elles empêchent le vent et laissent passer la lumière.

« Le foyer est construit en pierres salées ou avec une terre mêlée de sel, qui devient fort dure sous l’action de la chaleur. Il est long de 8 pieds et demi, large de 7 pieds trois quarts et haut de 4 pieds si l’on brûle du bois, ou de 6 lorsqu’on se sert de paille. La chaudière est formée de lames de tôle ; elle est de forme carrée, longue de 8 pieds, large de 7 et profonde d’un demipied seulement.^ Les lames qui la composent ne doivent pas être trop épaisses, pour que l’eau s’échauffe

1 L’installation décrite par Agricola ressemble beaucoup à celle des anciennes salines de Salins.

plus vite et se convertisse plus rapidement en sel : elles sont unies ensemble par des clous; les joints sont garnis d’un lut formé de cendres mêlées avec de la bile ou du sang de bœuf.

« L’eau salée tirée des puits est apportée dans des mesures contenant 8 seaux (chaque seau vaut 10 setiers romains), et vidée dans la cuve qui est à côté de la chaudière. Si elle est suffisamment salée, ou la transvase dans la chaudière avec des seaux; mais si elle l’est trop peu, on y ajoute d’abord des pierres de sel qui augmentent sa force. A Halle, dans le pays des Hermondures, 57 seaux d’eau salée donnent deux pains de sel ayant la forme d’un cône.

« Le travail à la chaudière est fait tour à tour par un maître et un compagnon : chacun d’eux a, en outre, un aide qui est souvent sa femme ; un garçon met le bois ou la paille dans le foyer. Ils sont tous à demi nus à cause de la chaleur considérable qu’il fait dans l’atelier, et se couvrent la tête de chapeaux de paille (fig. 23).

« Dès que le maître a versé dans la chaudière le premier seau d’eau, le garçon allume le feu. Si l’on brûle du bois ou des fagots, le sel est bien blanc : il est souvent plus ou moins noir, quand on se sert de paille, parce que les étincelles et la fumée retombent en partie dans l’eau et la noircissent. Le maître après avoir versé dans l’eau 18 seaux d’eau, ajoute au 19e une cyathe et demie (la cyathe est une mesure romaine qui vaut un douzième de setier) de sang de bœuf, de veau ou de bouc et le répand également dans tous les coins de la chaudière : il se forme bientôt des écumes qu’il enlève avec sa pelle. Après l’écumage, qui dure environ une demi-heure, on laisse cuire pendant une heure trois quarts. Le maître et son compagnon brassent alors l’eau de la chaudière avec des barres de bois, puis ils l'abandonnent ù la cuisson pendant une heure; après quoi ils procèdent à l’enlèvement du sel. Pour cela le compagnon dispose au-dessus

l ig. 2,». Fabrication du sel au moyen de l’eau des sources salées.

A H. Vases pour mesurer l’eau -alée et le sang de bœuf. — G. Citerne d eau sa ee. — D. Aide. — K. La femme du maître. — G, 11. 1. K, L. lu-

Hro?nülS < e *r®vai* et formes pour fabriquer les pains t de sel. — M. Paille pour taire du feu. — l>. Pot de bière. 1

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