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LES ANCIENS PROCÉDÉS D’EXTRACTION

de la chaudière des barres de bois, et y accroche des corbeilles longues de deux pieds et ayant une forme conique : le maître les remplit de sel qu’il enlève de la chaudière avec sa pelle et qu’il entasse fortement; il peut ainsi garnir deux corbeilles, qui sont portées au grenier où le sel se dessèche. Les pains de sel obtenus ont généralement la forme conique : mais on leur donne aussi toute espèce d’autres formes, particulièrement celle de tablettes.

« Le maître et le compagnon travaillent ainsi jour et nuit à l’exception seulement des jours de fête. Une chaudière constamment chauffée ne supporte l’action du feu guère plus de six mois. Chaque semaine et même plus souvent lorsqu’elle est neuve, on lave la chaudière à grande eau et on la bat pour détacher les incrustations qui se sont formées au fond. Si l’on ne prenait ce soin, la production du sel se ferait moins vite et l’on brûlerait les lames de la chaudière. Quand celle-ci est neuve, on obtient pendant une quinzaine de jours du sel de moins bonne qualité et qui a le goût de fer.

« Dans les pays où l’on trouve du sel en pierres, les morceaux impurs sont mis dans l’eau douce : celle-ci, par la cuisson, fournit alors de fort beau sel. Dans d’autres localités, on recuit le sel marin dissous dans l’eau et on le met en pains. Ailleurs on retire le sel des eaux chaudes et salées qui sortent du sol. On se sert pour les cuire de bassins dans lesquels on fait arriver ces mêmes eaux chaudes ; on y range ensuite des pots où l’on verse l’eau salée, de manière à les remplir à moitié. La chaleur du bassin permet d’obtenir du sel dans les pots. Enfin on fait quelquefois cuire les eaux salées et particulièrement l’eau de mer dans de grandes marmites de fer; mais comme on brûle alors de la paille, le sel est généralement noir. Certaines personnes traitent de la même façon la vieille saumure des salaisons : mais le sel qu’elles font a toujours le goût et l’odeur de poisson. »

Nous trouverons dans cet exposé l’idée première de tous les travaux exécutés de nos jours pour la fabrication du sel. Deux procédés sont décrits : l’évaporation de l’eau de mer au moyen de la chaleur du -soleil fournit le sel marin , appelé aussi sel solaire ; l’emploi du feu donne des sels que l’on désigne encore aujourd'hui sous le nom de sels ignigènes. Rien n’est oublié : ni le raffinage du sel gemme ou du sel marin que l’on dissout dans l’eau pour le faire recristalliser par une nouvelle évaporation : ni l’économie qui consiste à employer un combustible de peu de valeur pour chauffer les chaudières. Du temps d’Agricola, on se servait souvent de paille; de nos jours, on brille les houilles menues que l’on obtient à bas prix.

Entrons maintenant dans le détail des procédés d extraction aujourd’hui employés en France : et pour traiter la question d’une manière complète, nous examinerons successivement ce qui se fait dans le Midi ou dans 1 Ouest pour obtenir le sel marin; enfin nous traiterons de l’extraction des sels ignigènes dans 1 Est de la France.

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