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PLUIE TOMBÉE

La Rochelle. , . .

Marseille

Ainsi, à la Rochelle, l’évaporation n’est, pas assez active pour faire disparaître la totalité de l’eau tombée chaque année; tandis qu’à Marseille la quantité qui peut s’évaporer est 4 fois ^ plus grande que la quantité de pluie reçue par le sol.

vers l’une des ladures en choisissant celle vers laquelle le vent chasse 1 eau. Pour cela, il pousse l’eau avec son râble, en l’effleurant légèrement : le bourrelet d’eau qui marche devant le râble, soulève et entraîne le sel, qui se réunit vers le point désiré sans avoir été touché directement par l’instrument. 11 faut une extrême légèreté de main pour faire ce travail : pour peu qu’on touche le fond, la vase est soulevée et le sel devient malpropre. Malgré tout le soin qu’on y met, le sel rassemblé est encore sali par la terre ; aussi faut-il laissser l’eau s’éclaircir, avant de tirer le sel sur la ladure au moyen de râblesplus petits. On le laisse alors s’égoutter toute la nuit, puis on le porte sur les digues, où on l’accumule en tas ou muions.

Pour le transport du sel des œillets aux muions, toute la famille du paludier est mise en réquisition. Ce transport se fait dans des sacs contenant de 50 à 50 kilogrammes : les petits enfants tiennent le sac ouvert pendant que le frère ou la sœur y charge le sel : les plus forts portent le sac au mulon. D’autres fois, le paludier prend à son service des porteuses qui viennent chaque matin enlever le sel, et le transportent au mulon dans des paniers placés sur leur tête (fig. 27).

On ne commence ordinairement à tirer du sel que vers la fin de juin, et la saunaison se termine vers le 1er septembre ; dans quelques années exceptionnelles, on peut la prolonger jusqu’au 45. Pendant cette campagne il est rare d’avoir quinze jours de beau temps non interrompu : d’ailleurs quinze jours de très beau temps sans pluie suffisent déjà pour donner une excellente récolte. Le plus souvent, les variations atmosphériques apportent dans le travail de continuelles perturbations. Tantôt le paludier récolte au bout de 24 heures, parce que le temps menace de se mettre à la pluie ; tantôt il doit se lever la nuit et porter rapidement le sel au mulon, parce qu'une averse imminente pourrait le détruire.

Quand on regarde la récolte comme terminée, on couvre les muions d’une couche de terre argileuse ayant 8 à 10 centimètres d'épaisseur. Ordinairement le sel a reçu plusieurs pluies avant d'être couvert : il subit en outre, malgré sa couverture, un déchet considérable, surtout pendant l’hiver qui suit sa fabrication. 11 perd environ 10 pour 100 pendant les 6 premiers mois et 5 pour 100 pendant l’année qui suit. Ce déchet, à peu près de 15 pour 100, améliore la qualité du sel, qui perd ainsi la plus grande partie des sels déliquescents qu’il contenait. Dans les marais salants de la Charente-Inférieure les couvertures sont en général faites en chaume : à l’ile de Ré, on diminue leur perméabilité en y mélangeant de la terre glaise.

Outre le sel ordinaire, les paludiers fabriquent aussi un sel blanc fin destiné à la table. Ce sont tout simplement les cristaux menus qui se forment à la surface de l’eau et y restent suspendus : lorsqu’il fait du vent, cette croûte est brisée au moment de sa formation et ne peut être recueillie. Le sel blanc se développe au contraire abondamment lorsque le beau temps et la récolte se prolongent, et que les eaux devenues très denses sont chargées de sels déliquescents. On le récolte en écrémant, pour ainsi dire, la surface de l’œillet au moyen d’une pelle en bois très mince. Comme ce sel est très déliquescent, il n’est l’objet d’aucun commerce ; aussi se borne-t-on à en recueillir quelques kilogrammes.

Nous donnerons, pour terminer, quelques renseignements statistiques sur les exploitations dans l’Ouest.

La plupart des salines n’ont que 40 à 50 œillets ; un très grand nombre n’en ont pas plus de 8 ou 10. Un paludier avec sa femme et un enfant de 12 à 14 ans peut cultiver 50 œillets : il lui faut, en outre, deux porteuses. Quant à la production annuelle, elle est des plus variables : l’amplitude des variations dans les récoltes augmente à mesure qu’on considère des climats plus septentrionaux.

Dans le Morbihan, il n’y a pour ainsi dire plus de minimum et la récolte peut devenir absolument nulle.

L’importance de la récolte moyenne est à peu prés la suivante :

Morbihan

Loire-Inférieure . .

Vendée

Charente-Inférieure.

Tonnes par hectare de marais.

Rive droite 25

Rive gauche 22 à 24

Les Sables, St-Gilles ... 15

Beauvoir 30

Noirmoutier 18

Marennes 7 à 11

Oleron 10

Ré 12

La production moyenne totale est environ :

Morbihan 7000 tonnes

Loire-Inférieure 55000 »

Vendée et Charentc-lnl'érieure . . 140000 n

Quant aux écarts entre la production des bonnes années, celle des mauvaises et la production moyenne représentée par 100, les nombres suivants en donnent une idée :

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