GISEMENTS DU SEL GEMME EN FRANCE
ses moyens de production : l’industriel trouve dans cet arrangement une garantie de vente avec bénéfice raisonnable. Mais, en outre, les bureaux de vente étant peu nombreux (un à Paris et un à Nancy), le nombre des intermédiaires et les frais de vente se trouvent notablement diminués : le bénéfice du producteur augmente, sans que le consommateur paye plus cher. Ce dernier se trouve d’ailleurs assuré contre les dangers d’un monopole, car il a été entendu que le prix de vente à la consommation ne dépasserait pas 20 centimes le kilogramme. Cependant on peut prévoir le cas où les syndicats devenus maîtres du marché voudraient élever leurs prix ; mais alors l’État, gardien de l’intérêt général, pourrait, au moyen des modifications dans le tarif des douanes, amener la concurrence des sels étrangers.
Le syndicat des salines de l’Est, créé en 1865, avait été rompu en 1875 : le sel vendu au détail tomba, chez les marchands de Nancy, au prix de 15 centimes le kilogramme; les intéressés s’aperçurent bientôt qu’ils faisaient fausse route et rétablirent une convention dont ils avaient reconnu les avantages. Des arrangements analogues existent, ainsi que nous l’avons vu, entre les principaux salins du Midi. Les paludiers de l’Ouest devraient imiter ces procédés commerciaux, afin de pouvoir soutenir la lutte dans des conditions moins défavorables.
Les bancs de sel de l’Est de la France sont situés dans le terrain de trias ; ils appartiennent à l’étage géologique que l’on désigne ordinairement sous le nom de marnes irisées ou de Keuper. Les bancs salifères des bords de la Sarre, situés dans l’ancien département de la Moselle, se rattachent â ceux de la Souabe : il existe donc dans cette partie de l’Europe une masse de sel d’une étendue énorme, et dont l’exploitation remonte à des temps fort reculés. On peut juger delà nature du terrain salifère et de l'importance des bancs de sel qui s’y trouvent, par
les résultats suivants d’un sondage fait à Montmorot, en 1850.