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DE LA COUCHE

Terre végétale, sables, graviers, galets.

etc. (Alluvion)

Marnes bleues, vertes jaunes

Marnes avec calcaire dolomitique. . . .

Marnes bleuâtres et grisâtres. .....

Calcaire bitumineux avec pyrites ....

Gypse blanc fibreux ou amorphe. . . .

Gypse avec oxyde de fer hydraté. . . .

Dolomie compacte avec oxyde de fer. .

Dolomie verdâtre

Marnes avec sulfate de fer

Marnes triasées schisteuses

Schistes noirs bitumineux

Gypse compact avec anhydrite

Gypse cristallisé

1" liane de sel gemme mélangé de marnes.

saliféres gypseuses

Gypse salifère marneux

2” liane de sel et marnes saliféres

Marnes saliféres gypseuses

3" Banc : sel lamellaire blanc, translu

eide ou fibreux rougeâtre

4° Marnes grises gypseuses saliféres. . . . Banc : sel gris et blanc avec polyalilbe. Marnes grises et sel fibreux rose ....

5* Banc : sel rose et gris translucide. . .

Marnes saliféres grisâtres

6° Banc : sel blanc fibreux

7" Banc : sel gris cendré

Marnes gypseuses rougeâtres

8" Banc : sel blanc, ro«e, grisâtre

Marnes saliféres avecgypseet anhydrite.

9* Banc : sel rose avec polyalithe

Marnes grises schistoïdes

10” Banc : sel transparent pur

Marnes gypseuses et rognons de sel . .

11” Banc : sel blanc, rose, gris .......

Gypse tendre, marne argileuse salifèie 12“ Banc : sel en grains transparents . . .

Marnes gypseuses saliféres

13“ Banc : sel blanc et grisâtre

Gypse marneux salifère

14" Banc : sel grisâtre fibreux

Marne grise avec sel fibreux

15" Banc : sel gris ou noirâtre

Dolomie calcarifère

Marnes gypseuses sans sel

Gypse et marne grise sans sel

Anhydrite avec grains quartzeux . . . .

Grés gypso-inarneux

Grés feldspathique • . . .

FABRICATION DU SEL

Ainsi, à Montmorot, les couches salifères commencent à une profondeur de 155 mètres environ et disparaissent à 270 mètres. Dans cet intervalle, on a rencontré 15 bancs de sel d’épaisseurs variant entre 65 centimètres et 19 mètres. Pris dans leur ensemble, ils forment une épaisseur totale de 86 mètres. D’autres sondages, laits sur des points très différents, ont montré que ces résultats ne sont pas particuliers à Montmorot. On peut donc assigner une valeur moyenne de 80 mètres à la puissance de la couche de sel située dans l’Est de la France.

2° FABRICATION DU SEL

Exploitation du sel gemme à Saint-Nicolas. — Abatage à l’eau, à la poudre.

— Exploitation par des trous de sonde. — Pompe d’extraction. — Bâtiments de graduation. — Bâtiments à cordes de iloustiers. — Inutilité actuelle de la graduation. — Poêles à sel. — Pureté de l’eau salée. — Schlotage. — Cbaulage. — Évaporatoires. — Leur utilité. — Marche de l’évaporation. — Espèces diverses de sel. — Sel d’ébullition. — Spalulage.

— Tirage du sel. — Quantité obtenue. — Prix de revient. — Peri'eclionnements.

La saline de Saint-Nicolas-Varangéville est la seule, dans tout le rayon de l'Est, où l’on extrait du sel gemme en roche. La masse de sel est traversée par de nombreuses galeries, pour l’exécution desquelles on a .ongtemps employé l’action dissolvante de l’eau : on obtient de cette façon de l’eau plus ou moins chargée de sel et des morceaux de sel en roche. L’eau extraite des galeries n’est jamais complètement saturée : mais, avant de la soumettre à l’action du feu pour l’évaporer, on la re-* cueille dans des réservoirs, et on l’amène à l’état de saturation, en y dissolvant les morceaux de sel gemme tirés de la mine. Ces fragments sont placés dans'des nacelles en bois, dont le fond est percé de trous et, qui flottent à la surface de l’eau. On arrive de celte façon à la saturation parfaite ; car le liquide moins chargé de sel et moins dense reste à la surface, tandis que celui qui

s’est concentré au contact du sel gemme, tombe au fond de la masse liquide. L’eau arrive au bout de quelque temps à marquer 25 degrés à l’aréomètre de Baumé; elle est alors absolument saturée.

Le procédé d’abatage du sel au moyen de jels d’eau a dû être abandonné à Varangéville : en 1875, à la suite d’infiltrations résultant de son emploi, un èboulement considérable se produisit dans les mines. L’ébranlement occasionné par cet accident fut tel qu’on le ressentit jusqu’à Nancy : la ville, située à 10 kilomètres des salines, fut secouée comme par un léger tremblement de terre. Depuis cette époque, les galeries des mines de Varangéville sont exploitées par les procédés ordinaires et notamment au moyen de la poudre. On obtient ainsi du sel gemme en morceaux : une partie est employée en nature à la fabrication des produits dérivés de la soude (carbonate, sulfate de soude); une autre portion dissoute dans l’eau, puis raffinée par cristallisation, fournit du beau sel blanc, semblable à celui que l’on obtient ailleurs au moyen de sources salées.

Dans toutes les autres salines de l’Est, l’exploitation se fait exclusivement par des sondages qui vont atteindre les bancs salifères. Dans l’axe du trou de sonde est installée une longue suite de tuyaux vissés les uns au bout des autres : son extrémité inférieure, qui est au niveau des couches de sel, est fermée; mais elle est percée, sur une longueur de 2 à 5 mètres à partir du bas, de petits trous par lesquels l’eau peut s’introduire. La partie supérieure de ce tuyau sert de corps de pompe : dans ce but, elle porte, à une certaine profondeur, une soupape qui s’ouvre de bas en haut ; c’est le clapet dormant de la pompe (fig. 31). Un piston, également muni d’une soupape s’ouvrant dans le même sens, peut se mouvoir dans le tuyau : il est fixé à l’extrémité d’une longue tige mise en mouvement par un moteur quelconque, machine à vapeur ou bien roue hydraulique. On

FABRICATION DU SEL. 127

fait arriver de l’eau douce entre la surface extérieure des tuyaux et les parois du trou de sonde. Cette eau s'écoule jusque dans l’amas de sel gemme et agit par dissolution. L’eau salée, plus dense, descend au point le plus bas, c’est-à-dire à l’extrémité du tuyau : elle y pénétre et le remplit. Mais elle'ne peut remonter jusqu’au niveau du sol, parce que la pression exercée par une colonne d’eau salée est plus grande que celle d’une colonne d’eau douce de même hauteur. Supposons, par exemple, que la densité de l’eau salée soit 1,2 et que la profondeur du trou de sonde soit de 200 mètres : la colonne d’eau douce de 200 mètres de hauteur et de densité 1 ,0, contenue dans l’espace annulaire qui entoure le tuyau, fait équilibre dans celui-ci à une colonne d’eau salée dont la hauteur n’en sera que les {2 ; i’eau salée montera seulement à 100 mètres du fond et devra être amenée à la surface du sol par l’action de la pompe.

A mesure qu’on enlève de l’eau salée, on a soin de la remplacer par de nouvelle

eau douce introduite à la partie supérieure du forage

Fig. 31. Trou de sonde muni d’une pompe.

aussi l'excavation produite par dissolution à la base du trou de sonde va sans cesse en grandissant et devient bientôt assez vaste pour fournir sans interruption des eaux presque saturées. Après une extraction active et prolongée, le degré de salure de l’eau peut fléchir, parce qu’elle ne reste pas assez longtemps au contact des bancs de sel : mais il suffit ordinairement de laisser reposer un peu le trou de sonde, pour que le degré remonte à un point très voisin de la saturation.

On comprend qu’il est fort important d’avoir des eaux saturées : elles doivent être, en effet, évaporées par l’action du feu; et la dépense de combustible, pour obtenir une même quantité de sel, est d’autant moindre que l’eau en est plus chargée. Aussi avait-on imaginé, pour concentrer les eaux trop faibles, un procédé particulier d'évaporation à l’air libre, fondé sur l’emploi des bâtiments de graduation.

Ce sont de grands hangars très longs et assez élevés, ouverts à tous les vents (fig. 52), et dans lesquels on dispose des appareils destinés à diviser, autant que possible, l’eau à évaporer. Tantôt on emploie des fagots d’épine accumulés en une masse ayant la forme d’un parallélipipède rectangle, tantôt on se sert de cordes, quelquefois de tables. L’eau qu’on veut concentrer est versée sur les fagots, où elle se divise en couches infiniment minces, coule d’une branche à l’autre et se trouve en contact, pendant tout son trajet, avec l’air qui circule au travers des fagots. Lorsqu’on se sert de cordes, on les tend verticalement sous le hangar et on fait couler lentement l’eau tout le long des cordes. Elle se divise ainsi beaucoup et offre à l’air de nombreux points de contact. Dans les bâtiments à tables, on dispose des rangées de cuvettes en bois à bords peu élevés. Ces cuvettes sont légèrement inclinées tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre, et l’eau tombe d’une cuvette dans celle qui est au-dessous L’air passe entre les cuvettes,

FABRICATION DU SEL

lèche la couche mince d’eau salée qui s’y trouve, rend l’évaporation plus rapide et se sature de vapeur.

Tous ces procédés sont fondés sur ce principe cle physique que l’évaporation d’un liquide est plus active

Fig. 52, Bâtiments de graduation.

lorsqu’elle se fait par une plus grande surface, et dans un air plus fréquemment renouvelé.

Les bâtiments de graduation ont été d’abord employés en Lombardie. On les introduisit ensuite en Saxe, et vers 1559, ils furent adoptés dans les salines de Bavière. On

les remplissait d'abord de paille; c’est vers 1720, que l’on paraît avoir remplacé la paille par les fagots. Les bâtiments sont formés d’une charpente en bois soutenue par des piliers en maçonnerie : ils sont couverts d’un toit en planches qui abrite les fagots et prévient le mélange des eaux pluviales avec les eaux salées. Leur position doit être étudiée avec soin, eu égard à la direction habituelle du vent dans le pays où ils sont placés : il faut évidemment les orienter, de manière que le vent les frappe le plus souvent possible perpendiculairement à leur longueur. Une rigole en bois percée de petits trous est placée à la partie supérieure du bâtiment : des pompes, mues ordinairement par une roue hydraulique, élèvent l’eau et l’amènent dans la rigole : celle-ci la déverse en mince fdet sur le tas de fagots. Un bassin inférieur reçoit l’eau après sa chute. On partage souvent la longueur totale en plusieurs parties : la première reçoit les eaux sortant du sol ; la seconde, celles qui ont déjà passé sur la première, et ainsi de suite.

A Moustiers, en Savoie, le bâtiment de graduation à cordes est employé, non pas à la concentration de l’eau salée, mais à la cristallisation du sel. Ce bâtiment a 90 mètres de longueur dont 70 sont garnis de cordes. Au sommet sont placés des canaux de 15 centimètres de large, espacés entre eux de 15 centimètres : des cordes sans fin passent dans des trous percés dans les canaux, et sont fixées à des solives disposées à la partie inférieure du bâtiment; il en entre plus de 100 000 mètres dans la construction totale. En été, on fait descendre le long des cordes l’eau saturée bouillante qui a été concentrée par l’action du feu : on répète l’opération plusieurs fois de suite, de sorte que le sel se dépose, partie dans les bassins inférieurs, partie le long des cordes. Celle3-ci, dont le diamètre est d’environ 7 à 8 millimètres, acquièrent bientôt une grosseurdeO centimètres. Pour les dépouiller, on brise le sel à l’aide d’une machine

FABRICATION DU SEL

particulière; on le fait ainsi tomber sur le sol et on le recueille.

Voici la composition des sels obtenus à Moutiers par ces procédés; elle est différente selon que le sel s’est déposé sur les cordes ou dans les bassins :

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