‹ Le selChapitre 26 sur 54 · GO · texte numérisé non relu

GO

« gros . . . .

à G jours

sel lin

heures

Gouhenans.

« moyen n° 1 « moyen n° 2

« gros . . . .

Salins, Arc,

Grozon... sel fin

FABHICATION DU SEL.

On fabrique quelquefois, mais d’une manière exceptionnelle, le sel à écailles dont les cristaux sont agglomérés en trémies : la cuite exige alors au moins 8 jours.

Pendant toute la durée d’une cuite, on évite avec soin toute agitation à la surface de la poêle : les volets des évaporatoires restent complètement fermés. On ne les ouvre qu’après le temps réglementaire, pour procéder au tirage du sel. On ramène celui-ci sur les bords au moyen d'un long râble, qui permet d’atteindre jusqu'au milieu de la poêle, et on le retire à l’aide de la pelle percée de trous. Après son extraction, le sel est placé sur les faces inclinées des évaporatoires : il s'égoutte d’abord et laisse écouler la plus grande partie de l’eau mère qui l’imprégnait et qui retombe dans la poêle; en même temps, il se dessèche un peu sous l’action de la chaleur perdue des poêles. Mais cette dessiccation est encore fort incomplète, quand on est obligé de l’enlever des évaporatoires pour faire place à une nouvelle récolte. Aussi doit-on toujours conserver le sel en magasin pendant plusieurs mois, avant de le livrer à la consommation.

L’eau mère qui reste dans la poêle après la récolte de sel n’est pas enlevée à chaque cuite : on ne vide généralement les poêles que quand il faut les écailler, c’est-à-dire au bout d’un mois ou 6 semaines. A ce moment les eaux mères marquent environ 50 degrés Baumé : abandonnées à elles-mêmes, à la température de iO degrés, elles peuvent fournir une belle cristallisation de sulfate de soude. Mais ce traitement est sans importance : à Salins, les eaux mères sont livrées à l’établissement des bains.

La quantité de sel obtenu par l’évaporation dans les • poêles est d’autant plus grande, dans un temps donné, que le grain du sel est moins gros. A Montmorot, on estime que, déduction faite des journées d’écaillage et de réparations, une poêle peut marcher de 250 à 500 jours par

an et fournir en 24 heures pour chaque mètre carré de surface :

Sel gros 13 kilogrammes

« moyen 32 «

« fin 55 «

« finfin 70 «

Le prix de revient de la tonne de sel est assez variable suivant les conditions de l’exploitation. A Gouhenans, la compagnie est propriétaire de gisements de houille situés dans le voisinage; aussi la tonne de sel revient seulement à 16 ou 17 francs. Dans d’autres salines moins favorisées, ce prix s’élève à 20, 25 et même 50 francs.

Est-il possible d’abaisser encore les frais de fabrication en réduisant la main-d’œuvre par l’emploi de moyens mécaniques et en utilisant d’une façon plus complète la chaleur fournie par le combustible employé? Tel est le problème qu’ont cherché à résoudre M. Gulton, directeur de la manufacture de tabacs de Nancy, et plus récemment MM. Piccard, Weibel et Briquet : mais les appareils qu'ils ont imaginés ne sont pas encore entrés dans la pratique industrielle.

Page 1