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ANNEXE DU CHAPITRE VI

Les salines du Sud-Ouest

Importance de cette exploitation. — Prix de revient du sel. — Ses usages.— Salies. — Briscous. — Villefranque. — Fabrication du sel. — Sel léger.

Il existe dans le département des Basses-Pyrénées quelques exploitations de sel gemme et de sources salées; elles sont situées dans l’arrondissement d'Orthez et dans celui de Bayonne : on a rencontré aussi le sel à Dax, dans les Landes.

Par l’importance de leur production les salines du Sud-Ouest n’ont qu’un intérêt tout à fait secondaire. Les Tl 000 tonnes de sel, qui en sortent annuellement, ne peuvent entrer en concurrence avec les quantités produites par l’Ouest ou par le Midi. Le prix de revient du sel est en outre très élevé; la tonne de houille se paye dans les Basses-Pyrénées deux fois plus cher que dans l’Est : aussi emploie-t-on comme combustibles la houille et le bois. On comprend que dans ces conditions, le sel de cette région se vende à un plus haut prix que celui de l’Ouest ou du Midi. Néanmoins c’est une sorte de produit deluxe, très pur, et qui a trouvé moyen de conserver sa place. Il se vend dans les Basses-Pyrénées, dans les Landes et à Bordeaux : on l’emploie pour la table et pour la salaison des jambons de Bayonne eh des thons de Saint- Jean-de-Luz. Les producteurs du pays se disputent sur la qualité relative des sels des diverses usines : mais ils sont unanimement d’accord pour attribuer la réputation des salaisons de leur pays, à l’excellence des sels qui ont servi à les préparer.

La prospérité de la région salicole du Sud-Ouest est moindre qu’au temps où les fontaines salées étaient la propriété indivise de tous les gens mariés du pays : mais les procédés de fabrication se sont perfectionnés, et la production du sel a rendu de grands services dans un pays dont beaucoup de familles ont été, depuis quelques années, ruinées par la maladie des vignes.

Les trois principaux centres d’exploitation sont : Salies, Briscous et Villefranque. A Salies est une source salée naturelle dont l’eau marque 22 degrés en moyenne à l’aréomètre de Baume : elle est donc presque saturée et donne à l’évaporation un sel très pur. L’eau de Salies alimente en outre un établissement de bains qui jouit actuellement d’une assez grande faveur.

A Briscous, le banc de sel gemme s’exploite par des trous de sonde, comme nous l’avons expliqué pour les salines de l’Est.

A Villefranque, on extrait le sel en roche, et on opère la dissolution à la surface du sol. Le sel retiré de la mine est en gros morceaux ou en menus fragments : comme la cassure se fait dans les parties terreuses, le menu est moins pur que le gros. La dissolution de ce dernier se fait dans des bassins en maçonnerie cimentés, de 2 mètres environ de profondeur, et munis à une certaine hauteur d’un grillage sur lequel on met les gros morceaux de sel gemme. Quant aux menus fragments, on les place dans une caisse en bois percée de trous, et on lance sur eux des jets d’eau avec une pomme d’arrosoir. Le liquide traverse la matière à dissoudre, en entraîne une certaine quantité et se rend dans les cuves destinées à la dissolution du gros sel.

Les poêles employées dans les Basses-Pyrénées sont chauffées à la houille ou au bois : mais elles ont, dans tous les cas, de bien plus petites dimensions que celles de l’Est, 4 ù G mètres au plus au lieu de 18 à 20.

La dessiccation du sel s'opère souvent dans des séchoirs

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