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Le Grand lac Salé de l'Utah el la cité des Mormons

couvert par la mer : celle-ci se sérail retirée peu à peu en abandonnant çà et là les lacs salés si nombreux dans rUtah et dont le plus important est celui qui nous occupe. Une partie du plateau compris entre les Montagnes-Itocheuses et celles de la Sierra-Nevada n’a pas d’écoulement vers la mer. Ses eaux se rendent dans des lacs et, comme elles tombent sur des terrains imprégnés de sel, la salure des lacs va toujours en augmentant.

Le niveau du grand lac Salé est à 1260 mètres audessus du niveau de l’Océan : il diffère en cela de la mer Morte à laquelle il ressemble tant sous d’autres rapports; car celle-ci est à un niveau beaucoup plus bas que l'Océan. Il reçoit trois affluents principaux, la rivière de l’Ours, le Weber et le Jourdain. Au couchant les bords du lac sont d’une aridité absolue; ils sont formés d'un désert de sable, de sel et d’argile, où l’on ne rencontre pas une source.

L’eau du lac a le goût d’une forte saumure : il serait imprudent d’en boire même une faible quantité; mais on s’y baigne souvent. Elle est si dense que l’on n’a besoin de faire aucun effort pour nager : on n’a qu’à se coucher à la surface; la tête et les pieds émergent d’euxmêmes hors de l’eau. Lorsqu’on en sort, on est bien vite recouvert d’incrustations salines que l’on pourrait racler au couteau. Aussi prend-on en général la précaution d’aller se plonger dans une eau douce voisine, afin de modérer les effets du premier bain. Il ne faut pas mettre la tête dans l’eau, ni surtout y tenir les yeux ouverts. On ressent bientôt des élancements intolérables et une cuisson analogue à celle que produit une pincée de tabac lancée dans les yeux. Il n’est pas besoin d’ajouter que les poissons ne peuvent vivre dans cette eau : cependant il paraîtrait que l’on trouve en quelques points une algue délicate et une matière organisée d’aspect mucilagineux, assez semblable à une mousse qui adhérerait aux rochers.

On peut extraire le sel de l’eau du lac par l’évaporation dans des chaudières : trois ou quatre mesures d’eau suffisent pour obtenir une mesure de sel. Mais, le plus souvent, on le recueille simplement sur les parties du rivage où le vent pousse les vagues : il en résulte une sorte de mrrée montante, dont l’eau s’évapore en déposant du sel : les enfants le ramassent; on le charge ensuite dans des charrettes et on le vend au détail à raison d’un demi-cent (2 centimes et demi) la livre. Lorsqu’on veut saler des viandes, il suffit de les plonger pendant 12 ou 15 heures dans l’eau du lac : elle agit comme une véritable saumure, et la viande peut ensuite se conserver sans autre préparation.

Plusieurs îles se voient au milieu du lac : l’une des plus curieuses est la Roche-Noire (Black-Rock). On l'aperçoit de la cité du lac Salé, sous la forme d’un petit pilon qui se dresse au-dessus de l’eau et présente l’aspect d’une pyramide tronquée. Le principal affluent du lac est celui qui passe près de la capitale des Mormons et auquel ils ont donné le nom biblique de Jourdain. Il descend du lac d’Utah, qui n’est formé que d’eau douce et dont l’étendue est beaucoup moindre que celle du lac Salé. Une évaporation très active, attestée souvent par des brumes épaisses, se produit sur toute la surface de ce dernier et lui enlève régulièrement une quantité d’eau égale pour le moins à celle qu’il reçoit : il n’est pas besoin d’admettre que le lac ait un écoulement souterrain, ainsi qu’on l’a supposé quelquefois. La conservation et même l’accroissement de la salure des eaux est du reste en opposition complète avec cette manière de voir.

LE LAC ELTOX.

Les steppes qui environnent la partie inférieure du cours du Volga sont formées d’un terrain argileux, encroûté de sel, et au milieu duquel on rencontre un grand nombre de bassins d’eau salée plus ou moins étendus :

le plus célèbre es! le lac Elton ou Yelton. Le 110m d'Altan- Nor , que lui donnent lesKalmoucks et. les Kirgliis, signifie lac Doré cl lui vient de ce que ses eaux éclairées par le soleil ont un reflet rougeâtre. Rien de triste d’ailleurs comme la région désolée qui l’entoure : nulle part la verdure ne contraste avec l’argile jaune ou brune sur laquelle se détachent des stries salines blanches. Le lac a environ 80 kilomètres de tour : sa forme est elliptique et régulière. Les rives en sont escaipées; mais la profondeur est fpible, et presque partout on peut le traverser à gué. Quand le vent souffle, la masse d’eau se déplace : la cuvette, mise à sec d’un côté, déborde de l’autre et les eaux s’amoncèlent sous l'action de la houle à une hauteur de plus d'un mètre. Il reçoit plusieurs ruisseaux ou sources salées; les unes jaillissent sur ses bords, les autres au milieu même du lac.

Les eaux du lac Elton se concentrent naturellement par l’évaporation, arrivent à la saturation et laissent déposer une masse considérable de sel que l’on exploite depuis fort longtemps : cependant il reçoit assez d’eau pour n’ètre jamais à sec, comme beaucoup d’autres petits lacs environnants. Chaque année, le sel forme une nouvelle couche séparée de la précédente par une croûte de limon noir. Dans les endroits que l’on exploite, on lève jusqu’à quatre ou cinq couches de sel, après quoi on ne trouve plus guère qu’une masse limoneuse. Cependant, sur certains points, le lit du lac est composé d’un grand nombre de couches d’une extrême dureté, formant une masse cohérente que l'on n’a pas encore sondée à une grande profondeur. Les ouvriers ne s’attaquent jamais à cette roche de sel dur. lisse bornent à exploiter les couches récentes plus faciles à entamer.

Le sel est produit par l’évaporation de l’eau, c’est donc à la surface qu’il se forme. Ce sont d’abord de petites pellicules qui, en se réunissant, finissent par former une masse assez lourde pour tomber au fond : elle se

réunit alors à la croûte saline déjà déposée. En un mot, le lac Elton est un véritable marais salant naturel, dont l’eau se renouvelle incessament1 et dont les dépôts s’accumulent d’année en année au milieu d’une vase argileuse. Ils arriveront ainsi à former un banc de sel enveloppé d’argile salifère, comme le sont tous les gisements de sel gemme.

L exploitation commence ordinairement au printemps : elle occupe 12 à 1500 ouvriers, protégés par quelques postes de Cosaques établis dans la région des lacs. Celte précaution est devenue nécessaire depuis l’établissement des Kirghis, peu redoutables d’ailleurs quand ils ne sont pas au moins dix contre eux. Les maisons des ouvriers sont en bois et habitées surtout par un certain nombre d'animaux désagréables et d’araignées venimeuses : les habitants humains couchent en plein air, sur le toit en terrasse ou sous son rebord avancé. L’extraction du sel se fait dans les parties les moins profondes du lac. Les ouvriers se réunissent par groupes à l’endroit où doit se faire le travail : ils brisent la croûte supérieure de sel qui est rougeâtre et n’a pas la consistance suffisante; puis ils tirent à eux les autres couches qui offrent une grande solidité. Les morceaux sont lavés avec soin pour les débarrasser de la masse de vase qui les souille. On les charge alors sur des bateaux très plats et n’ayant par conséquent qu’un faible tirant d’eau : malgré celte précaution, il faut le plus souvent creuser une sorte de chenal jusqu’au point à exploiter, afin d’avoir assez d’eau pour les bateaux. Le sel enlevé des barques qui l’ont amené au bord est chargé sur des charrettes attelées de bœufs et transporté à Saratof. Une partie y est gardée dans les magasins impériaux; mais la plus grande parlie est dirigée vers l’intérieur de la Russie.

1 Les ruisseaux qui tombent dans le lac sont fortement salés : ils viennent des steppes01-1 se trouve une montagne de sel, le Tschaplschatschi.

EXTRACTION DU SEI, MARIN

3» EXTRACTION DU SEL MARIN

Les marais salants du Portugal. — Leur situation. — Forme du marais salant de Sétubal. — Mode d'exploitation. — Abandon des eaux mères sur le marais. — Composition du sel de Sétubal. — Rôle du feutre. — Salines de Lisbonne et d’Aveiro — Extraction du sel par la gelée en Russie. — Principe de l'opération. — Composition do ce sel.

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