LES CERCLES D'ETUDES
Qu'est-ce qu'un cercle d'études? C'est un groupement de jeunes gens qui se livrent à des études faites en commun et ])ropres à les préparer aux luttes que l'avenir leur réserve. Plus spécialement, dans l'Association, c'est une réunion de membres s'ap])liquant de concert à l'étude des questions marquées dans le programme de l'Association. Ce qui fait le fond de sa méthode, c'est une note d'intimité qui bannit toute gêne et tout formalisme encombrant, et un caractère de franchise et de sincérité qui anime à la recherche de la seule et unique vérité, sans souci des conventions et des préjugés à la mode, "ces haillons" dans lesquels gît la vérité misérablement enfouie et méconnue.
Voici le procédé ordinaire du cercle d'études. Un membre, choisi d'avance, donne une étude ou conférence sur un sujet proposé; il cherche plutôt à exposer clairement son sujet qu'à déployer une vaine érudition ou à éblouir par son élocpience. Sa conférence a presque toujours le caractère d'une causerie, dont
le résultat doit être la possession de la vérité : il s'ag^it de déterminer le point précis où se trouve la vérité vraie sur le point proposé. La vérité, aussi bien que la vertu, n'est-elle ])as souvent dans un milieu ? Les extrémistes n'ont pas toujous le monopole du vrai! Une discussion suit cette causerie. Tous les membres y j)rennent part, sans éclat d'élocjuence, sans passion oratoii-e. Ils échangent des avis, présentent des difficultés, complètent ou rectifient des assertions moins sûres. C'est alors que les nouvelles idées surgissent, que celles qu'a développées le conférencier font leur chemin, après l'épreuve d'un examen auquel toutes ne résistent pas.
Vn moyen de faciliter la discussion, c'est de faire faire par tous une étude préliminaire sur le sujet de la causerie. Certains cercles arrivent à ce résultat en faisant apporter par leurs membres à chaque séance des notes, des renseignements, des suggestions sur un sujet proposé à l'avance. Ces notes sont remises au conférencier que le sort désigne pour traiter la matière. La question se trouve ainsi connue de tous les menbres avant d'être exposée en séance.
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On devine les avantages d'une telle méthode. D'abord à chacjue meml)re est ménagé une part active : chacun contribue à l'organisation, à la discussion, à tous les travaux. Vovant f|u'ils doivent prendre la parole, qu'on attend d'eux une réponse à une objection, (|u'on compte toujours sur eux pour nourrir et animer la discussion, les membres se résignent moins facilement à manquer aux réunions. N'a-t-on pas ])lusde plaisir de chercher soi-même une solution, à concourir à la vie d'une séance, qu'à être un simple auditeur? Dans la séance du cercle, tous sont acteurs, tous sont actifs : la méthode assure ce résultat, la séance devenant une collaboration de tous les membres.
Ajoutez à cela les avantages immenses de la discussion. La discussion est le meilleur moyen de fouiller une question dans tous ses détails. Elle provoque les heurts d'idées d'où jaillira ht lumière ; non contente de graver les idées dans les esprits, elle ouvre des vues nouvelles, éveille les initiatives des esprits trop craintifs et trop défiants, et comminiique aux esprits, même les plus arides, l'âme et la vie.
Elle seule pourra retenir longtemps les jeunes à l'étude. Le travail fait en commun les intéressant davantage, il sera plus persévérant, plus continu que tout autre. Au reste remarquons bien que l'aspect sérieux des travaux n'est pas pour éloigner; il attire peu à peu les jeunes, contents de rencontrer les idées ou de les pressentir et de suivre le raisonnement qui les amène.