‹ Le Semeur (volume 2)Chapitre 3 sur 7 · MOYENS DE FONDER UN CERCLE · texte numérisé non relu

MOYENS DE FONDER UN CERCLE

Venons-en tout de suite à l'organisation. D'abord retenons bien qu'un cercle d'études ne s'improvise pas. Il est la conclusion naturelle d'un travail quelquefois assez long.

Une personne seule suffit pour commencer le travail de fondation. Si c'est un prêtre, tant mieux. Si c'est un laïque, son premier soin sera d'v intéresser un prêtre, celui qui paraîtra devoir le mieux conduire une entreprise de ce genre. Quoi qu'il en soit il s'agira d'abord de trouver des membres. C'est là que la marche devra être plutôt lente. Tous ne sont pas préparés à faire partie d'un cercle d'études, tous ne sont pas du premier coup pénétrés de sa nécessité.

Ces premières recrues destinées à former le premier noyau du cercle doivent être choisies et préparées avec le plus grand soin. A cause de sa position, c'est le plus souvent au directeur qu'il appartient de les éclairer et de faire leur "éducation ", car il V faut une véritable éducation.

Un tel, par exemple, a tout ce qu'il faut pour être un bon membre, il est travailleur, instruit, pieux, mais il ne S£iit rien du mouvement des jeunes, leurs efforts lui sont inconnus ou à peu ])rès. Alors renseignons-le. On lui procure les comjDtes rendus de nos congrès, les statuts de l'Association ; on lui fera connaître les travaux des jeunes à l'étranger, etc.

Tel autre est un bon enfant, rempli de bonne volonté, mais dont tout le catholicisme consiste à bien remplir ses devoirs de piété. A celui-là le directeur redressera les idées, en l'entretenant souvent, en lui faisant lire des choses propres à élargir ses vues.

A un autre, c'est le goût du travail qu'il faut donner, et ainsi de suite. Au bout d'un certain temjis, le terrain est bon et les esprits préparés à recevoir lacommunication qu'on veut leur faire. Souvent ce sera inutile, et la nécessité d'un cercle appamîtra si bien à ces jeunes (|u'eux-mêmes le proposeront. En tout cas la proposition recevra toujours leur assentiment, parce que toujours elle sera l'expression de leurs idées. Ainsi le cercle aura répondu à un vrai besoin, il sera la conséquence logique des travaux antérieurs.

l'AS d'k.mhalle.ment

Au contraire, lorscpie le cercle est fondé du jour au lendemain, sous remj)ire d'une belle ardeur et d'un zèle irréfléchi, il n'em])runte ])as à la conviction j)lus calme mais plus solide de ses membres la force (pii assure son succès. Dans les premiers temi)S le cercle vivra, puis il végétera et finalement s'éteindra faute d'aliments. Un emballement imprudent aura compromis l'œuvre pour bien longtem])s ])eut-êtrc, et découragé ]ilusieurs bonnes volontés.

l)oiic, dès (pie I'.' diiveleur aura trouvé cin(| ou six membres ainsi préparés, le cercle peut être fondé, sa base est solide et il vivra si d'autres obstacles ne l'arrête pas.

Et d'abord on l'organisera, mais le plus simplement possible, en laissant aux circonstances le soin de faire sa constitution. Les statuts des cercles similaires pourront le guider non pas le régir. Car la constitution d'un cercle d'études doit être pour lui et de lui, répondant à ses vrais besoins et à sa propre position.

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