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eux chez les Montagnais cabanés à sept ou huit lieues de Québec. L'heure du repas étant venue, on leur présenta à manger de la viande d’orignal, qu’ils ne voulurent pas toucher, parce que c'était un samedi, jour d’abstinence à cette époque. Le Père leur assura que n'étant pas encore baptisés, ils n'étaient point tenus d'observer les commandements de l'Eglise. “IT n'importe, dirent-ils d’une commune voix, nous ne désirons pas d'en manger, puisque vous n'en mangez point.”
Les Séminaristes n'observaient pas seulement leur règle, mais ils allaient quelquefois au-devant des désirs de leurs maîtres; c'est ainsi qu'ils s'offrirent un jour à faire des travaux de défrichement. De la part de sauvages une telle proposition avait quelque chose de prodigieux. La permission leur fut donnée de faire comme bon leur semblerait, Durant l'hiver ils se mirent à ébrancher les arbres sur une assez vaste étendue de terrain, ils en abattirent même un certain nombre. Une cabane destinée à recevoir leur récolte à l’automne s'éleva bientôt du milieu des bois. Bref, les séminaristes ne révaient plus que semences, labour et moisson. Les Pères leur donnèrent du blé d'Inde qu'ils enfouirent dans le sol avec une grande précaution. Juin se passa, et le blé ne poussa pas. Même apparence en juillet. Nos agriculteurs improvisés avaient trop bien caché leurs grains de semence, ils n'avaient pu germer.
C'est ainsi que les Pères aimaient à développer chez leurs élèves le goût de l’agriculture, car ils espéraient par leur entremise auprès des Hurons amener peu à peu ceux-ci à établir une bourgade dans les environs de Québec. Avoir des Hurons sédentaires, telle était l'ambition des Religieux. Is comprenaient l'avantage de les avoir auprès de leur maison, non seulement dans le but de les convertir à la foi, mais encore dans le but de protéger la petite colonie française, en tenant en respect les ennemis qui, les Sachant amis et alliés des Français, deviendraient plus prudents et plus réservés dans leurs attaques. M. de Montmagny était absolument du même avis que les Pères Jésuites. Comme eux, il comprenait l'importance du séminaire sous le double point de vue de la gloire de Dieu et de la prospérité des affaires spirituelles et temporelles des colons.
Les vaisseaux de France arrivèrent en retard au printemps de 1337. Les vivres étaient à la veille de manquer, et l'on faisait
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