C. Terentius Varro, qui fut consul en 216, est représenté
(1) Ascon., p. 22. Cic, Brut., 89 § 305. Val. Max., III, 7 §8.
(2) « Pi^opter obscurumj'us civitatis Hybrida cognominattis.^ Val. Max., Vlll, 6 § 4.
(3) III, 4 § 5 : « Consul antequam civis... namque patrem illius, nihil ad se pei'tinentia civis Romani jura compleocum,... redire in pristinas sedes coegerunt. »
(4) Dio Cass., XXXVII, 9. Cf. Cic, p. Arch., 5 § 10. Scol. Bob., p. 354.
(5) Liv., XLIV, 27. App., Mac, 16 § 1.
(7) Liv., Ep. LXXX, LXXXVI, App., B. C, I, 77.
par certains auteurs comme un démagogue radical, dont la politique consistait à battre en brèche l'autorité du Sénat (i).
C'est une calomnie, inventée plus tard par le chauvinisme romain, pour rejeter sur le Consul malheureux et sur lui seul toute la responsabilité de la terrible catastrophe de Cannes.
D'autres sources anciennes placent Varron dans un tout autre jour. « Varro, dit Fronlin (2), vel majore constantia post eamdem dadem vixit, gratiaeque ei ah senatu et populo actae sunt, quod non desperasset rempublicam. Non autem vitae cupidilate sed reipublicae amore se superfuisse, reliquo aetatis suae iempore adprobavit . Nam et barbam capillumque submisit, et postea numquam recubans cibum cepit ; Jionoribus quoque, quum, ei déferrent ur a populo, renuntiavit , dicens felicioribus magistratibus reipublicae opus esse (3). »
Cependant, bien que Varron n'acceptât plus de magistratures, le Sénat le chargea encore pendant plusieurs années de fonctions officielles. Après avoir géré la questure, l'édilité de la plèbe et l'édilité curule (4), et ensuite la préture urbaine (5) en 218, il brigua et obtint le consulat en 216 (F. C). Malgré la défaite de Cannes, le Sénat prorogea son imperium plusieurs années consécutives. En 215 il commande en Apulie (e), en 214 et 213 dans le Picenum (7). En 208 et 207 il commande
(1) Voyez surtout la description de Silius Italicus, Punie, VIII, 246 suiv. :
Atque illi sine luce genus surdumque parentum Nomen et immodice vibrabat in ore canoro Lingua procax. Hinc auctus opes largusque rapinae Infima dum vulgi fovet, oblatratque senatum et V. 264 :
Ad vulgum in patres et ovantia verba ferebat :
Vos quorum imperium est, consul praecepta modumque
Bellandi posco.
Cf. Liv., XXII, 34-35.
(2) Strateg., IV, 5 § 6. Cf. Val. Max., III, 4 § 4.
(3) Cf. Val. Max., IV, 5 § 2 : « Delatam ab universo senatu et populo dictaturam recipere non sustinendo etc. »
(4) Liv., XXII, 26. Val. Max., I, 1 § 16.
(5) Liv., XXII, 25. Ses trois collègues (Liv., XXI, 17, 26, 49) furent gouverneurs en Gaule et en Sicile (Polyb.. III, 40. App., Han'n., 5. Liv., XXI, 49).
(6) Liv., XXIII, 25.
(7) Liv., XXIV, 10, 44.
«ne légion en Etrurie (i). En 203 il est président d'une députation envoyée par le Sénat à Philippe de Macédoine (•^), en 200 il préside une autre députation envoyée en Afrique (3).
Cette carrière prouve que Varron, quoique homo novus (4), loin d'être l'adversaire ardent du Sénat, jouissait de toute sa confiance.