C. Antistius Labeo, pédaire (carrière inconnue) (t
Il résulte des tableaux qui précèdent, que les députations du Sénat se composent de deux (3), de trois, de quatre, de cinq ou de dix membres.
(1) Avant le nom de Domitius, se trouve chez Tite-Live lis conmlaribu» addidere. Si donc Domitius n'est pas le consulaire Cn. Ahenobarbus (T. I, p. 316, n° 35), le député en question est son fils qui devint consul en 162, et qui en 167 n'était pas encore prétorien. Cependant Poljbe, XXX, 13, appelle C. Claudius et Cn. Domitius toù; èTriyavea-TaTou; tmv «?6xa, d'où l'on pourrait conclure qu'il s'agit du consulaire Domitius, et que dans le passage d'ailleurs si tronqué de Tite-Live il faudrait postposer au nom de Domitius les mots : - Us consularibus addidere. »
(2) Députations postérieures à 166 : 5o Vers 154, dix députés envoyés par le Sénat pour faire la paix entre Prusias et Attale (Polyb., XXXIIl, 9), et parmi lesquels Polybe cite L. Anicius, consulaire (T. I, p. 356, no 297), C. Fannius, consulaire (cos. 161) et Q. Fabius Maximus, pédaire, si c'est celui qui fut préteur en 149 (Polyb., XXXVI, 5), consul en 145. — 6© 150. Dix députés envoyés à Carthage avant la déclaration de la troisième guerre punique (Liy., Ep. XLVIII). — 7° 146. Commission de dix députés pour organiser la province d'Afrique (Ch. VII, § 4). — 8° 146. Commission de dix députés pour organiser la province d'Achaïe (Ch. VII, § 4). — 9° 132. Commission de dix députés pour réorganiser la province de Sicile (Ch. VII, § 4). — 10° 132. Commission de dix députés pour organiser l'Espagne (Ch. VII, § 4). — 1 1° 129. Commission de dix députés pour organiser la province d'Asie (Ch. VII, § 4). — 12" Vers 117. Commission de dix députés, présidés par L. Opimius, consulaire (cos, 121), pour partager le royaume de Micipsa entre Jugurtha et Adherbal (Sali., Jug., 16). — 13° Vers 103-100, commission de dix députés pour réorganiser l'Espagne (Ch. VII, § 4). — 14° 66. Commission de dix députés pour organiser les conquêtes fisiites par L. LucuUus en Asie (Ch. VII, § 4), dont faisaient partie M. LucuUus, consulaire (T. I, p. 433, no 11), et L. Muraena, questorien (T. I, p. 439, no 24, Cic, ad Att., XIII, 6 § 4). — 15o 54. Commission de dix députés, assistant les deux consuls pour juger une contestation entre Reate et Interamna (Cic, ad Att., IV, 15 § 5, cf. p. Scaur., 2 § 27).
(3) Le Sénat n'a jamais confié une mission diplomatique â un seul ambassadeur. 11 était contraire aux principes romains » de sua unius sententia omnia gerere " Liv., XLIV, 22 (plus haut, p. 121, n« 3). Les anciens mentionnent assez souvent le nom d'un seul ambassadeur ; mais il s'agit alors du président de la députation. C'est ce qu'il est facile de prouver par plusieurs exemples.
Le nombre ordinaire est de trois. Il est de deux pour les missions de moindre importance. Le nombre de quatre est tout-à-fait exceptionnel. Il s'élève à cinq ou à dix, quand l'ambassade est chargée d'une mission religieuse à laquelle il convient de donner de l'éclat, quand elle doit visiter successivement plusieurs pays, ou quelle doit conduire des négociations importantes. Les députations se composent encore en règle générale de dix membres, quand elles sont nommées pour mettre à exécution, après une guerre, le traité de paix conclu avec un ennemi extra-italique (i), ou pour introduire l'organisation provinciale dans un pays conquis (2).
Toute ambassade a un membre président (princeps legationis) (3). La présidence n'est pas conférée spécialement par le
Dans l'histoire de 196, Tite-Live (XXXIII, 39) rapporte : » L. Cornélius (consulaire, T. I, p. 311, n° 16) missus ab senatu ad dirimenda intei" AntiochuYYi Ptolemaeumque certamina. " Polybe (XVIII, 49), parlant de la même dêputation, dit: u Oî Trept Asûxtov Kopvij^iov. ourot â^r.frav na^à r^ç ffvyx^ïjToy Trpéfrêîtç... » Dans l'histoire de 183, Tite-Live (XXXIX, 48) s'exprime comme suit : « Legatus in Macedoniam Q. Marcius (consulaire, T. I, p. 318, no 39) est missus, jussus idem in Peloponneso sociorum res aspicere, " à la suite de Polybe (XXIII, 4, s. f.) : « 'H âe aû'^iàïi'coi; Trpoveipio-afxévTj KôtvTov Mdpxiov TrpeffêeuTijy aTréa-TeiXsv, » mais au ch. 8 Polybe s'exprime autrement : « Twv îrepl tôv Kôivtov tôv Mâpxto:/ TrpeffêeuffâvTMv et; Maxe(?ovtav. » Dans l'histoire de l'an 164, Pausanius (VII, 11 § 1) : « 'Pwpiaîoi (Tè auGtj a-itScjO. èjt tvJ; jBou^:^; xaxaTrÉpiTTOTjfftv è; tv/^ "E^/a(?a, ovofxa pièv tw olmS^ï Irjv Takloç. )) Or, nous savons par Polybe (XXXI, 9, 10) que cette ambassade se composait de deux membres (p. 496, n® 5, 7°). — La même explication est sans aucun doute applicable â Liv., XXII, 57, XXIII, 11 (en 216, Q. Fabius Pictor Delphos missus, T. I, p. 324, no 66), XXVII, 35 (208 : T. Manlius, consulaire et dictatorien, trans mare legatus iret), XLI, 25 (174 : Q. Minucius, consulaire, T. I, p. 316, no 33, et T. II, p. 484, n« 4), XLII, 5 (173 : Ap. Claudius, consulaire, T. 1, p. 313, no 23). L'inscription de Delphes (C. L, I, p. 158, no 162) : Q. Minucius Q. f. | Rufus leg. Apolinei | [p]utio merito | ne prouve évidemment pas que ce Minucius fût seul ambassadeur, ni même qu'il fût ambassadeur. Il a pu être légat d"un général. — Il n'y a qu'un exemple de l'envoi d'un seul député ; c'est celui de ce citoyen non-sénateur chargé de remplacer les féciaux pour prononcer la formule sacramentelle de déclaration de guerre aux Macédoniens (p. 468, n® 5, 492, n^ 1). Mais cela même prouve que ce legatus ne peut être assimilé aux ambassadeurs.
(1) Voyez plus haut, p. 475, n® 4.
(2) Voyez au Ch. VII, § 4.
(3) Liv., XXXIX, 33. Sali., Jug., 16.
Sénat, mais elle appartient de droit au député qui a le rang sénatorien le plus élevé, et parmi plusieurs sénateurs de même rang, à celui qui a la priorité dans la liste officielle du Sénat (i).
Le président est ordinairement du rang consulaire (2), parfois du rang prétorien (3), exceptionnellement du rang pédaire (4).
Les députations de deux membres se composent généralement d'un sénateur curule et d'un sénateur pédaire (5).
Dans les députations de trois membres, il y a généralement deux sénateurs curules. Parfois ils appartiennent tous trois à cette classe. Les députations composées d'un sénateur curule et de deux pédaires forment l'exception. Celles de trois sénateurs pédaires sont excessivement rares.
(1) Cela résulte de tous les passages de Tite-Live et de Polybe, qui se rapportent aux présidents des députations.
(2) Voyez outre les nombreux exemples mentionnés plus haut, Polyb., XXII, 6, coll. Liv., XXXIX, 33 (184 : députation envoyée en Grèce présidée par le consulaire Ap. Claudius, T. I, p. 313, no 23), Polyb., XXV, 6 (176 : députation envoyée en Asie présidée par le consulaire A. Postumius, T. I, p. 315, no 28, xal (TÛv ToÛTw Tivà; twv véwv), XXX, 3, coll. Liv., XLV, 34 (167 : députation en Asie sous la présidence du consulaire P. Licinius, T. I, p. 343, no 173), Polyb., XXXI. 5, coll. Diod. Sic, XXXI, 17 (165 : président Ti. Gracchus, consulaire, T. I, p. 341, no 161), Polyb., XXXI, 13 (164 : président M. Junius, consulaire, soit Brutus, T. I, p. 336, no 128, soit Pennus, T. I, p. 354, no 278), XXXII, 18 (158 : président G. Fannius, consul de 161), XXXII, 28, coll. XXXIII, 1 (156, président P. Lentulus, consul de 162), XXXVIII, 7-8, coll. Pausan., VII, 14 § 1 (147 : président Aurelius Orestes, consul de 157, et une autre présidée par Sex. Julius, consul de 157), Sali., Jug., 25 (112 : députation â Jugurtha, présidée par Scaurus, « consularis et tum in senatu princejps » ).
(3) Voyez, outre les exemples cités plus haut, la députation envoyée en 168 à Antiochus et Ptolémée, présidée par Numisius (Polyb., XXIX, 25), prétorien (T. I, p. 352, n° 264), et celle qui en 162 fut présidée par le prétorien Canuleius (Polyb., XXXI, 18, T. I, p. 355, n» 282).
(4) Ceci est nécessairement le cas, quand la députation ne compte pas de membres curules. Mais, comme nous l'avons vu, ces exemples sont très rares. En parlant de l'ambassade de dix membres, chargés vers 290 de chercher le serpent d'Epidaure (p. 310, n« 6), l'Auctor de vir. ill., 22, cite comme président Q. Ogulnius. Cela ne se peut. Q. Ogulnius était simplement ancien édile curule (T. I, p. 279, n« 4). Or, parmi les X legati il y avait certainement des consulaires (voyez p. 510). Valère-Maxime, I, 8 § 2, mentionne également Ogulnius parmi les députés ; mais il ne dit pas qu'il fût président.
(5) Il se rencontre un certain nombre de députations, composées de deux pédaires, surtout parmi celles qui n'ont pas de mission diplomatique.
La députation de quatre membres, envoyée en 192, comprenait trois consulaires et un prétorien.
Les députations de cinq membres comprennent ordinairement trois sénateurs curnles et deux pédaires, parfois quatre sénateurs curules. 11 n'y a d'exception, en ce qui concerne les ambassades proprement dites, que pour la députation envoyée en Macédoine en 173, où sur cinq membres nous n'avons reconnu qu'un seul sénateur curule (un consulaire); et pour la députation envoyée en Grèce en 171, où il ne se trouve que deux sénateurs curules, un consulaire et un prétorien. Mais il faut remarquer que dans les fasti praetorii de 178 à 173 il y a des lacunes de plusieurs noms (T. I, p. 347, n° 6); et nous avons cru pouvoir admettre que parmi les députés de 173 et de 171 il se trouve au moins trois de ces praetorii inconnus.
C'est surtout la composition de la députation envoyée en 205 pour chercher la statue de la Magna Mater qui nous fait connaître la répartition ordinaire des membres parmi les différents rangs sénatoriaux. Elle se composait d'un consulaire, d'un prétorien, d'un ancien édile curule et de deux questoriens (p. 503-504).
On est en droit de conclure de là que les commissions des decem legati se composaient généralement de six sénateurs curules et de quatre pédaires ; et il est digne de remarque que même au troisième siècle de l'Empire on observait dans la composition des députations la même proportion entre les différents rangs sénatoriaux. Une députation de vingt sénateurs, envoyée à l'empereur Maximus en 238, après la mort de Maximinus, comptait quatre consulaires, huit prétoriens, par conséquent douze sénateurs curules, et huit questoriens (i).
Cependant, la députation envoyée en Asie en 189 pour exécuter la paix conclue avec Antiochus, la seule que nous connaissions au complet, donnait aux sénateurs curules une plus belle part encore ; elle comprenait trois consulaires, quatre prétoriens et seulement trois questoriens.
(1) Jul. Cap., Max. et Balb., 12. Cf. Serv., ad Aen., VII, 152 : • Ordine ab omni : ex omni qualitate dignitatum quod apud Romanos in légations mittenda hodieque seroatur. »
Cicéron rapporte qu'anciennement le Sénat n'avait pas l'habitude de nommer parmi les dix députés chargés d'exécuter un traité de paix ou d'organiser une province, des parents ou des alliés du général qui commandait dans le pays où les dix députés devaient opérer. Mais à son époque, dit-il, ce principe n'était plus observé (i).
Le Sénat marquait parfois par la composition de la députation son estime ou son dédain à l'égard de la nation à laquelle il l'envoyait.
Ainsi en 149 ou 148, le préteur-président, chargé par le Sénat de nommer une commission de trois membres pour réconcilier Prusias, roi de Bithynie, avec son fils Nicomède, composa la députation de telle sorte : « ut unus ex Us multis cicatricibus sparsum capui Âaôerel, aller pedibus aeger essel^ lertius ingenio secors haberelur. »
Aussi Caton l'Ancien disait-il que cette députation n'avait ni tête, ni pieds, ni cœur (2).