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III. La prorogatio imperii

Pendant toute la durée de la seconde guerre punique, le nombre des magistrats cum imperio disponibles (2 consuls et 2 ou 3 préteurs) a été inférieur à celui des commandements militaires à exercer dans les départemenJ;s militaires italiques et les provinces extra-italiques. Aussi, pendant toute cette période, fut-ce la règle que le Sénat prorogeait, à leur sortie de charge, Ximperium des consuls (pro consulej et d'un ou de plusieurs préteurs fpro praetore) (2).

Après la fin de la seconde guerre punique, la création annuelle de départements militaires extraordinaires en Italie devint plus rare, et partant la prorogatio moins fréquente. En effet, quand il n'y avait pas de départements militaires extraordinaires à conférer et que les consuls recevaient comme province consulaire l'Italie avec la Gaule Cisalpine, il ne restait que deux provinces extra-italiques ordinaires (la Sicile et la Sardaigne) pour les deux préteurs disponibles, et, depuis 197, quatre provinces (la Sicile, la Sardaigne et les deux Espagnes) pour les quatre préteurs (3). Mais, depuis 146, le nombre des

pérégrin que le Sénat envoya comme commandant militaire en lUyrie (Liv., XLV, 12, coll. XLIV, 17, 21). Voyez aussi plus haut, p. 272, n« 6.

(1) XXXV, 20 (192) : « Sed his duobus (aux deux préteurs qui avaient tiré au sort les deux provinces d'Espagne) primum senatusconsulto , de in de plebei etiam scito permutatae provinciae sunt : Atilio classis et Macc- (lonia, Baebio Bruttii decreti. "

(2) Liv„ XXII, 8, 22, 37, XXIII, 25, XXIV, 10, 44, XXV, 3, 41, XXVI, 1, 28. XXVII, 7. 22, 36, XXVIII, 10, 45, XXIX, 13, XXX, 1, 27, 41. — Pro consule et pro praetore sont les titres officiels employés dans les Acta Triumph. Capit. qui se rapportent à cette époque. Sur l'exception, voyez plus loin.

(3) Exemples àQ prorogatio de 200 à 146 : Liv., XXXI, 8, XXXII, 1, 28, XXXIII, 25, 43. XXXV, 20, XXXVI, 2, XXXVII, 2, 50, XXXVIII, 35, XXXIX, 41, 45, XL, 1, 18, 19, 36, 44, XLI, 8, 14, 15, 17, 21, XLII, 1, 4, 27, XLV, 16. Plin., H. N., IX, 30 (48) § 89.

provinces extra italiques ordinaires s'étant accru de deux (la Macédoine avec l'Achaïe et l'Afrique), sans que le nombre des préteurs eût été augmenté, il devint nécessaire de proroger annuellement Vimperium de deux magistrats, à moins que le Sénat ne déclarât consulaires certaines provinces prétoriennes (i). Sont susceptibles de prorogatio toutes les provinces consulaires, à l'exception du commandement général de l'Italie, et toutes les provinces prétoriennes, à l'exception des deux départements urbains. Parfois aussi le Sénat a recours à la prorogatio pour des attributions spéciales de Tordre judiciaire ou administratif à exercer hors de Rome, en Italie (2) ou en Gaule Cisalpine (3).

A défaut de prorogatio formelle Vimperium du magistrat cesse au dernier jour de sa charge (4). Cependant, comme la répartition des provinces consulaires et prétoriennes se fait généralement après l'entrée en charge des consuls et des préteurs (5), les provinces militaires qui leur sont destinées, sont nécessairement conservées ad intérim par les titulaires précédents. Sans doute, le Sénat prorogeait vers la fin de Tannée par un sénatusconsulte unique Vimperium de tous les magistrats et promagistrats commandants militaires jusqu'à l'arrivée

(1) Exemples de ■prorogatio de 146 à 123 : D. Junius Brutus, consul en 138, a triomphé de l'Espagne en 136, partant prorogato imperio en 137-136 (Liv., Ep. LV). Aquillius, consul en 129, a triomphé de l'Asie pro consule en 126 (Act. tr. cap.). — Aurelius Orestes, consul en 126, a triomphé de la Sardaigne, pro consule en 122 (Act. tr. cap.), etc. Plutarque (C. Gracch., 6) mentionne vers 123 Fabius «vTKjtpaTjjyo; en Espagne.

(2) Liv,, XXXII, 1 (1.99) : » Prorogatum imperium praeioribus prioris anni, C. Sergio (expréteur urb.) ut militibus.... agrum adsignandum euraret : Q. Minucio ut in Bruttiis idem de conjurationibus quaestiones... perficeret. »

(3) Liv., XXX, 1 (203) : « Lucretio (prêt, de Gaule en 205, et propret, en 204) prorogatum imperium ut Genuam oppidum... exaedi/ïcaret " XLI, 27 (174) : « M. Aemilio (exconsul de 175) senatus nègotium dédit ut Patavinorum in Venetia deditionem comprimei^et. "

(4) Cf. Liv., XXX, 39 : « Etnullo prorogante imperium privatus Ti. Clandius (consul de 202) classem Romam reduxit. «

(5) Voyez plus loin, VIII.

des nouveaux titulaires (i), bien que les historiens ne mentionnent ce sénatusconsulte que lorsque, par suite de certaines circonstances, Xinterim devait se prolonger audelà de la durée ordinaire (2).

Mais ce n'est pas de cette 'prorogatio provisoire que nous traitons ici. Nous voulons parler de la prorogatio à la suite de laquelle une province n'est classée par le Sénat ni parmi les consulaires ni parmi les prétoriennes.

La règle, c'est que la prorogatio a lieu pour une année (3), mais elle peut être renouvelée en faveur du promagistrat (proconsul ou propréteur) pour une seconde, une troisième année (4), etc.

Cependant elle peut aussi être décrétée pour un temps indéterminé, par exemple, jusqu'à rappel formel par le Sénat (.5), ou jusqu'à la fin de la guerre dont le promagistrat est chargé (e).

(1) Nous ne pensons pas avec Mommsen, Staatsr., I, 617-619, que cette prorogatio fût de droit. Car cette opinion est en opposition avec le passage de Tite- Live, cité p. 547, ne 4, et, si la prorogatio était de droit en ce cas, on ne s'expliquerait pas la nécessité des s. c. mentionnés dans les passages de la n® 2.

(2) Cf. Liv., XXVIl, 22 : « C. Calpnrnius vetilus ab Arretio movere exei"citum nisicum suceessor venisset.» XXX, 27, XXXII, 8, XL, 36 : «P. Cornelio et M. Baebio prorogatum imperium jussique provincias obtinere, donec consules venissent, tum... ut... reverterentur Romam. « XLI, 14 : » Ti. Claudio prorogatum est imperium in id tempus quo in provinciam consul venisset. «

(3) « In annum « Liv., XXII, 34, XXVI, 28, XXVII, 7, 22, 35, XXIX, 13, XXX, 1, XXXVlll, 35, etc.

(4) Par exemple, P. Sulpicius Galba, consul, 211, proconsul de 210 à 206 (T. I, 308, n° 2), T. Quinctius Flaminius, consul, 198, proconsul de 197 à 194 (ib., 309, n°6), P. Sempronius Tuditanus, préteur, 213, propréteur, 212 et 211 (ib., 309, n° 7), C. Flaminius, préteur, 193, propréteiir, 192-191 (ib., 317, n° 38), P. Cornélius Lentulus, préteur, 214, propréteur, 213 et 212 (ib., 319. n° 48), M. Junius Silanus, préteur, 211, propréteur de 210 à 206 (ib., 328. n°85), M. Tuccius, préteur, 190, propréteur. 189 et 188 (ib.. 337, n° 131), M. Titinius et T.Fonteius, préteurs, 178, propréteurs, 177 et 176 (ib., 345, n° 197, et 352, n° 261). — Voyez aussi les exemples, cités p. 547, n® 1.

(5) Liv., XXVII, 7 (209) : « Donec revocati ab senatu forent (les gouverneurs d'Espagne), « XXXII, 28 (197) : « T. Quinctio (exconsul de Macédoine) prorogarunt imperium donec successor ex s. c. venisset. »

(6) Liv., XXX, 1 (203) : « P. Scipioni non temporis sedrei gerendae fine, donec debellatum in Africa foret, prorogatum imperium est. » Cf. XLV,

Le sénatusconsulte de yrorogatio détermine l'attribution, c'est-à-dire, la province du promagistrat (i). En règle générale, celui-ci est maintenu dans sa province (2). Parfois, il est transféré d'une province dans une autre (3). Et, d'après ce que nous avons dit plus haut (p. 534 et p. 544), ceci était nécessairement le cas, quand la prororjatio était accordée au préteur urbain ou au préteur pérégrin (4) ou aux consuls investis du commandement général de l'Italie (5).

Le droit de décider de la prorogatio appartient sans conteste au Sénat (e). Il peut accorder la prorogatio à un magistrat, la refuser à son collègue (7). Il peut aussi décréter une seule province avec prorogatio imperii à deux magistrats, en les invitant à décider à l'amiable ou par le sort lequel des deux en sera

16 (167) : « Macedoniam Illyricumque eosdem, L. Paulum et L. Anicium, ohtinere, donec de sententia legatorum res et hello turbatas et in statum alium ex regno formandas composuissent . »

(1) Voyez les passages cités p. 546, n® 3, p. 548, n®' 5-6, p, 549, n" 3-5.

(2) Voyez les passages cités p. 548, n^* 5-6.

(3) L'expréteur urbain de 209, qui avait été propréteur d'Etrurie en 208 (n* 4), obtint la province de Tarente dans le courant de 208 (Liv., XXVII, 25), et dut échanger Tarente contre Capoue au commencement de 207 (ib.,35). €n. Octavius, préteur de Sardaigne en 205 (XXVIII, 38), obtient une province navale en 204 (XXIX, 13). En 203, des provinces navales sont accordées à l'expréteur do Sicile et à l'expréteur de Sardaigne (XXX, 2) ; en 202, à L. Villius, expréteur de Sicile (XXX, 27), et en 191, à L. Valerius Tappo, également^expréteur de Sicile (XXXV, 2). En 200 Valerius Falto, expréteur du Bruttium (XXX, 40), devient propréteur de Sardaigne (XXXI, 8).

(4) C, Calpurnius Piso, préteur urbain de 211 (Liv., XXV, 41), devient en 210 propréteur d'Etrurie (Liv., XXVI, 29). De même C. Hostilius Tubulus, préteur^urbain de 209 (XXVII, 7), obtient l'Etrurie en 208 (ib., 22), et l'expréteur urbain de 204, une province navale pour 203 (XXX, 2). Cf. XXXII, 1 (cité p. 547, n« 2).

(5) Aux consuls qui ont eu la province d'Italie, le Sénat, en prorogeant leur imperium, assigne soit un commandement dans une région déterminée de l'Italie, par exemple, Capoue (Liv., XXVI, 1, XXVII, 22), l'Apulie (XXVI, 28), l'Etrurie {XXVIII, 10, XXX, 27, 41), le Bruttium (XXVIII, 45, XXIX, 13, XXX, 1). soit la Gaule (XXX, 1, XXXVII, 2, 50, XLI, 14, cf. 27), ou la Ligurie (XXXV, 20, XL, 1, 19).

(6) Polyb., VI, 15 : « ToO... S7ra;T0TTêt>at arp'xrnyiv mpov, è7rst(?àv sviayffio;

«yiéXGjj ;^f/ôvo;, vj tcv ùndp/ovxa n'OiîFv STrffxovov, sp^ei t/> jiupiav aÛTïj (r, (XÛyx^ïjTos). »

(7)' Cf. Liv., XXX, 39.

chargé (i), ou il peut encore accorder la 'prorogatio conditionnellement, par exemple, pour le cas où tel autre promagistrat préférerait être déchargé de sa province (2).

Le sénatusconsulte sur la prorogatio imperii n'a pas besoin d'être ratifié par le peuple ou par la plèbe. Si l'on mentionne exceptionnellement la ratification du sénatusconsulte par le peuple, par exemple, lors de la prorogatio du préteur de Sardaigne pour 208 (3), cette intervention doit avoir eu une raison spéciale que Tite-Live a omis de signaler (4).

(1) Liv., XXVIII, 45 (205) : « L. Veturius aut Q. Caecilius (exconsuls de 206). Hi et sortirentur inter se compararentve, uter in Bruttiis. . . rem gereret imperiumque in annum prorogaretur, eut ea provincia evenisset. » En 173, le préteur de l'Espagne citérieure étant mort pendant qu'il se rendait dans sa province, le Sénat décrète ^ut P. Furius et Cn. Servilius quitus succedebatur (les deux expréteurs d'Espagne), inter se sortirentur, uter citeriorem Hispaniam prorogato imperio ohtineret. « Liv., XLII, 4.

(2) Liv., XXXVII, 2 (190) : » A. Cornelio superioris anni praetori, qui Bruttios cum escei-citu obtinuerat, imperatum, si ita consuli videretur, ut legiones in Aetoliam trajectas M' Acilio (ex-consul de 191) traderet, si is manere ibi vellet : si Acilius redire Romam mollet, ut A. Cornélius cum eo exercitu in Aetolia remxineret. »

(3) Liv., XXVII, 22 : ^ Idem in C. Aurunculeio decretum ah senatu latumque de prorogando imperio ad populum est, qui praetor Sardiniam provinciam cum duabus legionibus obtinuerat. » Sur l'intervention du peuple à propos de la prorogatio imperii de Marcellus en 215 (Liv., XXIII, 30), voyez p. 557. — Nous ne parlons pas ici de la collation de Vimperium au promagistrat intra pomoerium pour le jour de son triomphe ou de son ovatio. Ici la ratification du peuple est de rigueur. Liv., XXVI. 21, XLV, 35.

(4) Mommsen, Staatsr., II, 203, pense que dans le principe la Sicile et la Sardaigne devaient, en vertu de la loi, être classées dans les provinces prétoriennes ordinaires, et que dés lors il fallait une loi spéciale, chaque fois que par prorogation une de ces provinces était attribuée un promagistrat. Cette explication n'est pas admissible. Il y a, à cette époque même, des exemples trop fréquents que les deux provinces précitées ne sont pas classées dans les provinces prétoriennes, sans que les sources mentionnent l'intervention du peuple. Nous sommes plus disposé à admettre que C. Aurunculeius après sa préture a reçu, comme Marcellus en 215 (voyez p. 557), par la loi dont il est question, Yiw,perium, proconsulaire avec le titre de proconsul. En effet, il exerçait un commandement militaire fort important; il avait une armée de deux légions et une flotte de cinquante navires (Liv., XXVII, 22).

IV. Les 'provinces assignées à deux ou 'plusieurs commandants cum imperio.

Le Sénat peut décréter une même province militaire ou extra-italique à la fois consulaire et prétorienne (i), ou encore, en classant la province parmi les provinces consulaires ou prétoriennes, il peut l'attribuer en même temps à un proma<yistrat; à un proconsul (2) ou un propréteur (3), quand la province est déclarée consulaire; à un propréteur, si elle est déclarée prétorienne (4).

Cependant, en ce cas, il y a entre ces commandants une certaine subordination. Le préteur est subordonné au consul (adjutor consuli datusj i^; le promagistrat, au magistrat (e). S'agit-il d'une province ordinaire extra-italique, le commandant supérieur en rang dirige les opérations militaires en raison desquelles la province a reçu deux commandants, pendant que l'autre préside à l'administration (7).

Le même rapport de subordination existe entre les consuls qui ont obtenu le commandement général de l'Italie avec la province de la Gaule Cisalpine, et les préteurs (s) ou pro-

(1) L'Espagne citérieure, en 195 (Liv., XXXIII, 43) ; la Gaule, en 183 (Liv., XXXIX, 45).

(3) En 177, la province de Sardaigne fut décrétée consulaire (Liv., XLI, 8), et T. Aebutius, qui avait été préteur de Sardaigne en 178 (ib., XLI, 6), y resta prorogato imperio comme adjutor consulis (ib., XLI, 15).

(4) En 191, le préteur de Sicile est invité (si ita videretur) à retenir l'expréteur de Sicile, comme propréteur chargé de surveiller avec 20 navires une certaine étendue des côtes (Liv., XXXVl, 2). En 174 et en 173, la province de Sardaigne est à la fois prétorienne et proprétorienne (XLI, 21, XLII, 1). — Il n'y a pas d'exemple que la même province soit prétorienne et proconsulaire.

(5) Liv., XXXIII, 43.

^6) Liv., XLI, 15.

(7) Voyez, en ce qui concerne la Sardaigne, Liv., XLI, 21, XLII, 1.

(8) En 183, le Sénat décrète comme province consulaire l'Italie combinée avec la Gaule, en attribuant au consul qui l'obtiendrait, la mission spéciale de faire la guerre aux Ligures. En même temps il décrète la Gaule comme prétorienne, mais il ordonne au préteur auquel cette province est échue, de hâter son départ pour empêcher les Gaulois Transalpins de bâtir une ville dans la Gaule Cisalpine : » quod ejus sine bdlo posset... Si armis prohibendi essent, constdes certiores faceret : ex his placere alterum adversus GaUos ducere legiones. « Liv.,

ujagistrats (i) qui ont reçu des commandements spéciaux dans une région de l'Italie ou dans la Gaule Cisalpine, ou entre les consuls qui sont chargés de la conduite d'une guerre extraitalique et les préteurs ou promagistrats qui commandent une flotte destinée à appuyer les opérations des consuls (2).

Le Sénat avait il le droit de conférer à un promagistrat opérant dans une province consulaire, un imperium égal à celui des consuls? Nous ne le pensons pas. Une telle décision eût dérogé gravement à la suprématie de V imperium consulaire. Le Sénat, à notre avis, n'avait pas ce droit. Il fallait à cet effet une loi ou un plébiscite. Tite-Live mentionne néanmoins deux exemples : celui du proconsul Q. Eulvius, qui, en 211, lors du siège de Rome par Hannibal, entra dans la ville, où commandaient les deux consuls (3), et celui du proconsul Scipion, commandant en Afrique en 202 avec un imperium égal à V imperium du consul Ti. Claudius (4). Dans l'un coaime dans l'autre cas l'historien latin attribue la décision au Sénat seul. Il y a, pensons-nous, chez Tite-Live erreur ou omission. Nous avons exposé plus haut notre opinion sur le cas du proconsul Scipion, et, quant au proconsul Fulvius, le vote d'une loi spéciale était d'autant plus nécessaire que, si non, par le seul fait de franchir le pomoerium le promagistrat eût été privé de son imperium (5).

XXXIX, 45. — Des ordres donnés par le consul d'Italie à des préteurs qui ont des commandements en Italie ou en Gaule : Liv., XXIII, 48, XXV, 22, XXXII, 7, 26, XXXIX, 3, etc.

(1) Liv., XXVIII, 45 (205) : « Q. Caecilio (procos.)... ut cum consule in Bruttiis adversus Hannibalem rem gereret. » XXIX, 13 (204) : » Itetn P. Licinio (ex-consul de 205, 'prorogatum imperium) ut Bruttios duabus legionibus obtineret quoad eum in provineia cum imperio morari consuli visum esset. » — Des ordres donnés par le consul d'Italie à des pro magistrats qui y ont des commandements : Liv., XXIII, 48, XXV, 15, etc. — Voyez déjà dans l'histoire de l'an 291. Dionys., XVII, 4.

(2) Voyez p. 544, n^ 4^ et plus loin, § 4, Art. 2, II. Cf. Mommsen, Staatsr., II, 567, n« 1.

(3) Liv., XXVI, 9 : » Cui ne minueretur imperium, si in urbem venisset, decemit senatus, ut Q. Fulvio par cum consulibus imperium esset. »

(4) Liv., XXX, 27 ; « Ti. Claudio Africa evenit ut... pari imperio cum Scipione im,perator[e] esset. "

(5) >* Proconsul portam Romae ingressus deponit imperium. « Dig., I, 16, 16. Voyez p. 550, n« 3.

Les provinces des II viri navales.

En 181 (i) on rétablit une magistrature (2) qui avait fonctionné pendant quelque temps à la fin du iv et au commencement du iii^ siècle avant J. C. (p. 530).

Ce sont les // viri navales, élus annuellement (3) par le peuple (4) parmi les quaestorii (5).

Leur mission était de croiser sur les côtes de l'Italie pour détruire les navires corsaires ennemis (e), et de prêter au besoin, sur l'ordre du Sénat, main forte aux commandants des armées de terre (7).

De même que pour les autres commandants militaires, le Sénat divisait dès lors annuellement les côtes de l'Italie en deux provinces navales (s), que les II viri se répartissaient par le sort (9), et il déterminait l'effectif de la flotte de chaque duovir, qui était généralement de dix navires (10).

(1) « Nec rei navalis cura ornissa. Duumviros in eam rem consules creare jussi. » Liv., XL, 18.

(2) Cf. Liv., XL, 42 : « Qicem (Comelium Dolabellam II virum navalem)... pontifex magistratu sese abdicare jubebat. »

(3) Les II viri navales de 181 sont C. Matienus et C. Lucretius (Liv., XL, 26). En 180 on cite le // vir L. Cornélius Dolabella (XL, 42). En 178Tit8-Live (XLI, 1) mentionne également un II vir L. Cornélius, qui est peut être identique au précédent. Car rien ne nous oblige d'admettre que l'intervalle du decennium ait été requis pour ïiteratio de cette magistrature. — Autrement Mommsen, Staatsr., II, 566, n« 4.

(4) Liv., XL, 18, 26.

(5) Voyez au sujet des quatre duoviri qui seuls nous sont connus de nom, le T. I, p. 355, n^ 283, C. Lucretius, n° 290, C. Matienus, p. 350, n° 233. L. Cornélius Dolabella, et p. 352, n° 259, C. Furius.

(6) Voyez les notes 8 et 9.

(7) Cf. Uv., XL, 26, XLI, 1, 17.

(8) (181) : « Inter duumviros ita divisa tuenda... maritime ora, ut pro montoHicm iis Minervae velut cardo in medio esset : alter inde dextratn pariem usque ad Massiliam, laevam alter usque ad Barium tueretur. » Liv., XL, 18, cf. 26. XLI, 1 (178) : « Qui tuendae... maris Superi orae Anconam velut cardinem haberent. »

(9) Bien que cela ne soit pas mentionné expressément, cela est conforme aux autres institutions analogues, et semble être indiqué par Tite-Live, XL, 18 (cite n» 8), cf. XL, 26 : « Matieno cujus ad Gallicum sinum provincia erat. «

(10) » Denis navibus. » Liv., XL, 18, XLI, 1.

Le rétablissement du duovirat naval n'enlevait pas au Sénat le droit d'accorder une escadre auxiliaire aux généraux, commandant les provinces (i); mais elle l'empêchait, ce semble, de créer des provinces navales prétoriennes ou d'en accorder à des promagistrats. En efiFet, aussi longtemps qu'il y a eu dès II viri navales, nous n'en rencontrons aucun exemple.

Mais l'institution fut encore une fois de courte durée. Après 176, il n'est plus question de II viri navales (e); et en 171 et dans les années suivantes, la flotte fut classée de nouveau parmi les provinces prétoriennes (3).

VI. L'attribution de provinces à des promagistrats élus par le peuple. Praetores proconsule.

Après la mort de P. Scipion, qui avait obtenu en 218, étant consul, le commandement de la guerre contre les Carthaginois en Espagne (4), et dont Vimperium avait été successivement prorogé (5), depuis 21 1 jusqu'en 197, l'armée romaine qui faisait la guerre en Espagne a été commandée par des citoyens qui, sans être consuls ni préteurs, étaient désignés directement par le peuple ex. s. c, et investis de Vimperium consulaire avec le titre de proconsuls.

Quelle fut la cause de la procédure exceptionnelle suivie pour l'attribution de cette province extraordinaire? On ne le dit pas expressément. Sans doute qu'en 211, alors qu'outre les provinces extra-italiques plusieurs régions de l'Italie de-

(1) Ainsi, en 177, la province de Sardaigne ayant été décrétée consulaire, le consul auquel la province échoit, obtient, outre son armée consulaire, « decem quinqueremes naves. » Liv., XLI, 9.

(2) Tite-Live les mentionne en 181 (XL, 18, 26), en 180 (XL, 42), en 178 (XLI, 1) et en 176 (XLI, 17). S'il n'en parle pas en 179 et 177, il ne faut pas en déduire qu'ils n'ont pas été nommés pendant ces deux années. Car aussi en 180 et en 176, l'historien ne les mentionne qu'accidentellement.

(3) En 171 (Liv., XLIl, 31), 170 (le préteur Hortensius, XLIII, 4, 8), en 169 (XLIII, 11), et en 168 (XLIV, 17, 21).

(4) Liv.. XXI, 32. Cf. Polyb., III,' 40.

(5) Liv., XXII, 22, XXIII, 26, XXIV, 41, 48, XXV, 3, 36. — Le frère de P., Cn. Scipio, tué en même temps que lui, était son légat. Cf. Liv., XXI, 32. App., Pun., 14, Hann., 5.

valent être occupées par des corps d'armée, le Sénat ne trouva aucun magistrat ni promagistrat disponible ni disposé à succéder à Scipion en Espagne (i). C'est pour ce motif que le Sénat fit inviter les tribuns de la plèbe à soumettre à l'assemblée tribute l'élection d'un citoyen qui commanderait proconsuie les armées romaines en Espagne (2). Uimperium lui serait conféré, ce semble, pour aussi longtemps que le Sénat le lui maintiendrait (3).

Le peuple nomma le jeune Scipion proconsul d'Espagne, et le Sénat lui adjoignit l'expréteur d'Etrurie, M. Junius Silanus, dont Yimperiiim avait été prorogé (4).

Après que Scipion eut obtenu la permission de retourner à Rome pour briguer le consulat, en 206, on suivit pour la nomination des commandants d'Espagne la même voie de pro-

(1) Cf. App., Hisp., 17-18.

(2) Liv., XXVI, 2 : « Consules reituleiycnt omniumque in unum sententiae congriiehant agendum cum tribunis plebis esse, primo quoque tempore ad plèbe m /'errent quem cum imperio mitti placeret inHispaniam ad eicm exen'citum cui Cn. Scipio imperator praefuisset. Ea res cum tribunis acta promulgataque est. » Cependant, plus loin, Ch. 18, Tite-Live rapporte : « Postremo eo decursum est ut populus proconsuli creando in Hispaniam comitia habej^et diem.que comitiis consules ediœerunt... adunum omnes... centuriae... P. Sctpioni imperium esse in Hispania jusserunt. " Il y a là une contradiction manifeste. C'est sans doute l'assemblée tribute qui a nommé Scipion ; car, dans la suite, pour la nomination des successeurs de Scipion, l'élection s'est faite à diverses reprises par cette même assemblée. Liv., XXIX, 13 (204) : « Omnes tribus... jusserunt, » XXX, 41 (201) : - Tribuni... plebem rogarent cui..., » XXXI, 50 (200) : » Plèbes... Jussit. » — Mommsen, Staatsr., II, 640, n« 4.

(3) En effet le Sénat exerce à son égard le droit de prorogation. Cf. Liv., XXVII, 7 (209) : » JVec de Hispania quicquam mutatum, nisi quod non in annum Scipioni Silartoque, sed donec revocati ab senatu forent, prorogatum imperium est, » cf. 22.

(4) •* M. Junius Silanus propraetor adjutor ad res gerendxis datus est. n Liv., XXVI, 19. Il résulte du récit de Tite-Live et de Polybe concernant la guerre d'Espagne que Silanus était subordonné à Scipion, comme le préteur ou le proconsul l'est au consul quand ils commandent dans une même province. C'est donc une expression inexacte que Tite-Live attribue â Scipion, quand il lui fait dire : « M. Silanics eodem Jure, eodem imperio mecum in provinciam missus. » XXVIII, 28.

cédure (i), qui fut renouvelée encore en 204 (2), en 201 (3) et en 200 (4), avec cette modification que le peuple élisait, non plus un, mais deux proconsuls (5).

En 197 les Espagnes furent divisées en deux provinces ordinaires, et depuis lors le Sénat décidait du commandement de ces provinces, comme il disposait des autres.

Néanmoins il fut établi que les gouverneurs des Espagnes, s'ils étaient de rang prétorien, préteurs ou expréteurs, auraient Vimperium consulaire avec le titre de proconsule (e).

Cette disposition a dû être introduite par voie législative. Le Sénat n'en avait point le pouvoir. En effet, en dehors des gou-

(1) A la vérité, Tite-Live (XXVIII, 38, XXIX, 2) ne dit pas comment L. Lentulus et L. Manlius Acidinus obtinrent le commandement des Espagnes ; mais, comme ni l'un ni l'autre ne furent ni magistrats ni promagistrats en 207, il a fallu l'intervention du peuple pour leur attribuer la province d'Espagne, de même que pour leurs successeurs. Tite-Live les appelle (XXVIII, 38) proprae' tores, mais leur vrai titre est proconsule (cf. XXIX, 13, XXXI, 20).

(2) Liv., XXIX, 13 : » De Hispaniae imperio, quos in eam provinciam duos proconsules mitti placeret, latum ad populum est. » Mais le peuple réélut les deux proconsuls qui commandaient en Espagne. Ils furent prorogés par le Sénat en 203 et 202 (XXX, 2, 27).

(3) Liv., XXX, 41 : « Quod ad Hispanias attineret, aliquot annos Jam ibi L. Comelium Lentulum et L. Manlimn Acidinum esse, uti consules cum tribunis agerent, ut, si ils videretur, plebem rogarent oui juherent in Hispania imperium e^se... » En réalité, il ne s'agissait de remplacer que L. Cornélius Lentulus (XXXI, 20), qui eut comme successeur C. Cornélius Cethegus {proconsul, XXXI, 49). Manlius ne fut rappelé qu'en 200. Voyez n" 4.

(4) Liv.. XXXI, 50 : « Scitum, plebi est factum rogantibus tribunis, quos duos in Hispaniatn cum imperio ad exercitus ire juberent, ut C. Cornélius aedilis curulis ad, tnagistratum gerenduni veniret, et L. Manlius Acidinus decede^^et de provincia post rnultos annos. Plèbes Cn. Cornelio [Lentulo] et L. Stertinio pro consulibus imperium esse in Hispania jussit. y Ils y restèrent jusqu'en 197 (Liv.. XXXIII, 27). — Le cognomen Lentulo, qui se trouve chez Tite-Live, XXXI, 50, est une glose erronée. Ce Cornélius s'appelait Blasio, cf. Liv., XXXIII, 27, Act., tr. cap. ad. a. U. 558 (C. L, I, p. 459 : le complément qu[aestor], donné par Mommsen, est certainement fautif). Sur le personnage voyez T. I, p. 323, n° 64.

(5) Liv., XXVIII, 38, XXIX, 13, XXXI, 50.

(6) Ceci a été parfaitement démontré par Mommsen, Staatsr., II, 628, n® 2, tant au moyen des acta triumphorum qu'au moyen des monnaies ou inscriptions. — Sur la raison de cette innovation et les avantages qui en résultaient pour les gouverneurs, voyez Mommsen, 1. L, Marquardt, Staatsverw., 1, 380-381 .

vernevirs d'Espagne, l'histoire de cette période ne mentionne qu'un seul exemple d'un préteur sortant de charge qui ait reçu, avec la proroçatio imperii, le titre officiel àe proconsule. C'est M. Claudius Marcellus, qui, après avoir géré le consulat en 222, fut préteur pour la seconde fois en 216 (i), et pi'oconsule en 215. Or, le pouvoir proconsulaire lui fut accordé, non par le Sénat, mais par le peuple : « M. Marcello proconsule imperium esse populus jussit^ quod post Cannensem cladem unus Romanorum imper atoruin in Italia prospère rem gessi^sei (2). »

VII. Le Sénat avait-il le droit de conférer un département militaire ou provincial cum imperio à un privatus?

Le cas s'est présenté à diverses reprises que, des commandements militaires étant devenus vacants au milieu de l'année, le Sénat invite les magistrats cum imperio chefs du pouvoir exécutif, partant, les consuls (3) et en leur absence le préteur urbain (4), à envoyer un citoyen pour se charger provisoirement

(1) Liv., XXII, 35.

(2) Liv., XXIII, 30. L'intervention du peuple dans la proroçatio imperii de C. Aurunculeius (p. 550, n® 3) a eu peut-être la même cause. — Quant à l'emploi du titre, on ne peut se fier sur Tîte-Live, qui n'est pas très précis sous ce rapport. Ainsi, Marcellus, appelé proconsul au livre XXIII, 30, 32. 48, est nommé p7'0 praetore au ch. 38. De même, les gouverneurs d'Espagne qu'il désigne généralement par le nom de proconsul (XXIX, 13, XXXI, 20, 49, 50, XXXIII, 27, XXXVII, 46, etc.), sont appelés ailleurs pro pr. (XXXVII, 57). — Il ne suffit donc pas que Tite-Live (XLI, 12) donne le titre de proconsul à Ti. Claudius, préteur de 178 (T. I, p. 348, n° 217), dont le pouvoir fut prorogé pour 177, pour que nous admettions que ce Claudius, qui ne commandait qu'une seule légion (Liv., XLI, 12, 14), a réellement eu le titre de pro consule. Voyez plus haut, p. 534, n® 11.

(3) En 201, en prévision de la guerre de Macédoine, le Sénat vote » ut P. Aelius consul, qiiem videretur ei, cum imperio mitterei, qui classe accepta... in Macedoniam traice^'et. " Liv., XXXI, 3.

(4) Liv., XXIII, 34 (215) : Q. Mucius, préteur de Sardaigne, étant devenu malade, " decrevm^unt patres ut Q. Fulvius Flaccus (pr. urb.)... mitteret cum imperio quem ipsi videretur qui rem gereret quoad Mu^iics convaluisset " XXVIII, 46 (205) : Le proconsul d'Etrurie ayant reçu l'ordre de se rendre â Ariminum (en Gaule), « Cn. Servilio praetori (urb.) negotium datum ut si e rep. ceyueret esse, urbanas legiones, imperio cui videretur dato, ex urbe duci jicbei^et (en Etrurie), " En 192, au milieu de l'année, craignant une

de ce commandement : ^ ut mitteret cum imperio quem ipsi videretur (i). « Mais un citoyen investi de Vimperium dans de telles conditions, ne peut être assimilé au titulaire effectif d'une province militaire. Il doit être considéré plutôt comme le délégué du magistrat qui le nomme ou comme un légat du magistrat ou promagistrat dans le département duquel il exerce ses fonctions (2). Il se trouve dans la même situation que le légat qui, par délégation du général faite en suite d'un sénatusconsulte, commande une armée, quand le général pour des circonstances spéciales a été chargé du commandement de deux armées, cantonnées en des régions différentes (3).

Il convient, ce semble, d'accorder une portée analogue au décret du Sénat voté en 211, lorsqu'Hannibal était aux portes

attaque de la flotte d'Antiochus, le Sénat décrète : « ut M. Fulvius praetor (urb.) classem navium viginti mitteret ad tuendam Siciliae oram, et ut cum imperio esset qui classem eam duceret — duxit L. Oppius Salinator, qui pHore anno aedilis plehei fuerat — " Liv., XXXV, 23. — Parfois Tite- Live mentionne le seul fait de l'envoi, sans dire par qui. Par ex., XXVII, 24 (en 208) : « C. Hostilio (propret. d'Etnarie) scriptum est ne diffet^et obsides ab Arretinis accipere, et cui iraderet Romam deducendos, C. Terentius Varro cum imperio m,issus. » Ceci ayant eu lieu, « Legionem, unam... Arretium. ducen^e jussus ipse C. Terentius, eamque habere in praesidio urbis : C. Hostiliutn cum, cetej^o exercitu placet totam provinciam peragrare, et cavet^e... »» (ib.). Vers la fin de la même année, « C. Terentius Vai^^o in Etruriam pro praetore missus, ut ex ea provincia C. Hostilius... Tarentum iret » ib., 35. — • Il ne faut cependant pas en conclure qu'en ces cas la désignation se faisait directement par le Sénat.

(1) Liv., XXIII, 34, XXVllI, 46 (cités, p. 557, n« 4), XXXI, 3 (cité ib., n« 3).

(2) Ainsi Oppius Salinator, envoyé en 192 avec une flotte pour protéger les côtes de Sicile (Liv., XXXV, 23, cité p. 557, n^ 4), doit être considéré comme le legatus, praefectus classis, du préteur de Sicile.

(3) Cf. Liv., XXIII, 32 (215) : « Valerium praetorem in Apuliam ire placuit ad exercitum a Terentio accipendum : cum ex Sicilia legiones venissent, lis potissimum, uti ad regionis ejus praesidium : Terentianum, Tarentum, mitti cum, aliquo legatorum. » Peu après, le Sénat décide que le même Valerius ira en Macédoine avec l'armée de son légat et que celui-ci commandera l'armée d'Apulie, ib., 38. Liv., XXVI, 28 (210) : Le consul d'Italie a une armée en Italie et une autre en Gaule. Le Sénat décrète : « Galliae et legionibus praeesset quem consul cujus Italia provincia esset praefecisset. " En 189, le propréteur d'Etrurie est invité à se rendre dans l'Espagne ultérieure, « provincia exercituque tradito uni cui videi^eturex legatis. » Liv. , XXXVII,

de Rome : « omnes qui didatores consules censoresve fuissent cum imperio esse, donec recessisset a mûris hostis » (i), et à cet autre sénatusconsulte de 173 qui envoya un praetor designatus cum imperio en Apulie pour délivrer cette contrée d'une invasion de sauterelles (2).

Tous ces privati cum imperio, nommés 5ans l'intervention du peuple, ne commandaient certainement pas suis auspiciis (3).

A notre avis donc, il n'était pas admis à cette époque que le Sénat eût le droit de décerner le commandement suprême d'une provincia à un privatus.

Mais peut-être objectera-t-on, pour soutenir l'opinion contraire, un fait relatif au début de l'année 215.

T. Otacilius Crassus avait été propréteur en Sicile en 216 (4). Il rentra à Rome pour exercer la fonction de // vir aedi dedicandae (5), et, partant, déposa Ximperium proprétorien. Néanmoins il est envoyé immédiatement après en Sicile cum imperio qui classi praeesset (e).

Tite-Live, dans la narration de ces faits, ne s'explique pas sur la procédure qui a été suivie. Il nous semble probable qu'Otacilius a été autorisé par un vote du peuple à entrer à Rome pour les fonctions qui lui avaient été confiées, sans perdre Ximperium dont il était investi, tout comme un vote populaire conservait aux promagistrats Ximperium pendant le jour de leur triomphe (7).

C'est ici le lieu de mentionner une décision du Sénat, peutêtre unique dans l'histoire romaine. En 212, le Sénat accorda

(1) Liv., XXVI, 10.

(2) Liv., XLII, 10.

(3) Nous adhérons sur ce point pleinement à l'opinion de Lange, I, 781.

(4) Liv., XXII, 37.

(5) Liv., XXIII, 31.

(6) Liv., XXIII, 32.

(7) On dira peut-être que M. Marcellus, nommé proconsul par le peuple poui- 215 (voyez p. 557. n« 2), élu peu après consul suffectus, dut abdiquer à cause d'un vitium dans les élections (Liv., XXIII, 31), partant qu'il était devenu privatics, et que néanmoins dans la suite de l'année il est proconsul en Campame (Liv., XXIII, 32). C'est que l'abdication du consulat qu'il n'avait pas géré, n'enlevait pas à Marcellus le proconsulat qui lui avait été décerne.

bénévolement à un centurion primipilaire qui promettait un coup d'éclat contre Hannibal, si on agréait sa demande, un corps d'armée de 8000 soldats, moitié citoyens, moitié alliés, avec le droit d'augmenter son armée par des enrôlements. Le centurion ne tint pas sa promesse. Sa petite armée fut écrasée par les Carthaginois (i).

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