P. de la Gorce. Histoire du second Empire, t. I, p
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dans les assemblées, même les moins indépendantes, en arrivait à se reflèier, non pas, ilest vrai, dans les votes, mais dans les discussions du Sénat. Souvent on voyait soit un rapporteur examinant la loi au fond, dans ses détails comme dans son ensemble, alors qu’il n’en avait pas le droit, soit des orateurs s’enhardissant jusqu’à discuter et même à critiquer vertement des lois que, légalement, il fallait pourtant laisser passer. De plus, l'esprit collectif du Sénat se manifestait non seulement quand la primauté et les prérogatives de l’assembiée tout entière semblaient mises ea question, mais aussi quand l’intérêt de corps du clergé, de l’armée ou de la marine paraissait menacé de quelque atteinte. Le Sénat ne s’enflammait pas moins pour ce qu’il considérait comme son domaine propre.
Ainsi lorsque Haussmann, qui pourtant était sénateur, sacrifia impitoyablement à la ligne droite la pépinière du Luxembourg, il eut à soutenir une lutte épique. Troplong lui-même daigna se départir de son impassibilité olympienne et sceptique. On mit le préfet de la Seine sur la sellette, bien que le droit d’interpellation n’existât pas ; on en appela à l’empereur, on le fit même venir sur les lieux ; on dressa plans sur plans et on provoqua des pétitions dans le quartier ; pour un peu on aurait manifesté dans la rue.