Décret du 23 juin 1864, article
2. Saint-Marc Girardin. Du décret du 24 novembre 1860. Paris, 1860.
entreprises plus audacieuses que l’Assemblée constituante ? Cependant les ministres n’y venaient pas. Ce qui ne l’a pas empêchée de se débarrasser des ministres qui lui déplaisaient, d'exiger le rappel de Necker, d'interdire la lecture d’un mémoire des ministres sur le veto suspensif » (1).
III. — Accueil fait par l'opinion. — Quel accueil reçut dans le pays le décret du 24 novembre ?
On pourrait croire que le Sénat aurait cherché à faire prévaloir le parti de la résistance, puisqu'il représentait l'élément conservateur de l'Etat et que sa suprême utilité consistait à sauvegarder le passé. Ceite assemblée chargée de compléter la constitution et de la modifier avec prudence aurait dû, semble-t-il, opposer un inflexible non possumus, et résister à l’empereur lui-même, puisque le souverain l'avait créée dans le but de trouver une garantie contre sa faiblesse. Ce ne fut pas cependant ce qui eut lieu. Le Sénat, qu'une longue obéissance avait déprimé, ne put faire preuve d'indépendance et fut incapable de prendre une résolution et une attitude nette. Quoique conservateur et secrètement hostile à l’évolution libérale, il n’empêcha rien. Chaque sénateur, pris en particulier, considérait la Constitution de 1852 comme son point de ralliement, sa loi