HONOR
et de 1860 ne furent marquées par aucune discussion vraiment remarquable. Le Sénat tenait ses séances, sans qu'on s’en doutât, dans Paris même. Exclu de l'enceinte de la Chambre haute, le public achevait d’étoulffer sous une dédaigneuse indifférence ce qu’on avait prétendu lui dérober. Le succès du régime de décembre avait dépassé ses espérances. Il avait relégué le Sénat dans l'ombre, il avait ainsi placé si haut le premier corps de l'Etat qu’il était hors de la portée du regard. La constitution s’était simplement trompée de sens : la nécropole parlementaire avait été enfouie si profondément, que personne ne se penchait pour apercevoir si le Sénat existait encore. L'année 1861 vint marquer le retour aux discussions parlementaires. L'ère des séances tumullueuses devait s'ouvrir pour la paisible enceinte du Luxembourg. L'empereur accompagné de l’impératrice ouvrit en grande pompe le 4 février 186r la session législative au Louvre au milieu d’un public avide de spectacles où se déployait l’appareil extérieur de la puissance impériale avec ses maîtres des cérémonies, ses officiers, ses chambellans. Le 28 février eut lieu pour la première fois la discussion de l'adresse au Luxembourg. La Rochejacquelein, de Hackeren, lé marquis de Gabriac défendirent la souveraineté ponüficale. Après Piétri le prince Napoléon soutint la thèse contraire. Passant en revue tous les actes de
la politique italienne depuis deux ans, il les justifia
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