Maupas. Mémoires, t. Il
séances. La séance du 7 janvier excita vivement la curiosité, car le comte Daru devait prendre la parole au nom du cabinet Ollivier. Il s’agissait de prendre date pour trois demandes d’interpellation formulées par Rouland sur le Concile, par Butenval sur la politique commerciale, par Maupas sur la politique intérieure. Le comte Daru déclara que le cabinet était désireux de s’expliquer le plus tôt possible devant le Sénat et le Corps législatif sur tous les grands intérêts du pays: «Nous sommes d’honnêtes gens, s’écria-t-il, nous tiendrons toutes nos promesses. » L’interpellation Rouland fut discutée le 11 janvier; l’orateur désirait connaître les dispositions prises par le gouvernement à l’occasion du Concile réuni à Rome. Le ministre lui répondit que « la France qui veut qu’on respecte sa liberté entend de son côté respecter la liberté de l'Eglise ». On discuta ensuite l’interpellation Butenval. Le ministre du Commerce, Louvet, déclara que le gouvernement n’était ni libre-échangiste, ni protectionniste et entendaiït garder un juste milieu. Il déclara aussi que le gouvernement ne se prononcerait sur le traité de 1860 qu'après enquête. Rouher dénonça l'agitation protectionniste, et demanda au ministre qui combattit cette motion d’associer le gouvernement et le Sénat à l'enquête. En ce qui concerne l’interpellation Maupas, l’auteur ayant demandé à Emile Ollivier de préciser sa ligne de conduite et de donner
le dernier mot de «l’évolution politique » le chef du cabinet répondit au nom de ses collègues. I! fit observer avec beaucoup de raison qu’un gouvernement vraiment libéral ne peut jamais donner le dernier mot de sa politique. Désormais jusqu’au mois d'avril aucun grand débat ne devait animer la Haute- Assemblée.