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coup de zèle à favoriser ces tendances : accréditer dans lesinstitutions l'appel au peuple, c'était remetire aux mains du souverain un moyen de dominer toutes les oppositions parlementaires. C'est sous cette impression que fut nommée la Commission : on y introduisit les personnages les plus notables de l'Empire, Rouher, Baroche, Magne, Drouyn de Lhuys. Si l’on en croit l’un de ceux qui la composèérent (Maupas), elle fut nommée avec le mandat formei de faire prévaloir l’idée du plébiseite.
A première vue il semblait que la thèse sénatoriale ne fût pas bien éloignée de la pensée ministérielle. C’étaient les ministres eux-mêmes qui dans le projet de sénatus-consulte avaient inscrit le principe du plébiseite et,en apparence, les sénateurs ne faisaient que hâter l'application d’un système emprunté aux conseillers de l’empereur. Si on pénétrait au fond des choses les divergences se découvraient. En rédigeant le sénatus-consulte les ministres avaient, à la vérité, recueilli l’idée du plébiscite et l'avaient proclamée comme le moyen suprême, si l’on voulait dans l’avenir changer la constitution ; mais en réservant au Prince la ressource de l’appel au peuple, ils avaient entendu l'armer d’un droit théorique qui, sans doute, demeurerait inexercé. Leur formule étail une concession plus spéculative que réelle à la thèse napoléonienne de la souveraineté populaire directement pratiquée ; on y pouvait voir une réminiscence
inoffensive du régime ancien,une sorte de prérogative mystique trouvée dans l’héritage des Bonaparte, prérogative maintenue par tradition, mais dont aucun Bonaparte — on l’espérait du moins —nese prévaudrait jamais. Or voici que le Sénat prenait, si l’on peut s'exprimer ainsi, les ministres au mot. Ceux-ci avaient introduit dans leur projet le droit plébiscitaire ; au Sénat, on s’emparait de la formule et un principe destiné à sommeiller longtemps, peut-être toujours, devenait tout à coup une imminente réalité. Cette complication causait beaucoup d’ennui à Ollivier et à ses collègues qui s’étaient efforcés d’éviter tout ce qui troublerait le pays. Dans cet esprit et au risque de quelques mécomptes pour eux-mêmes, ils avaient renoncé à demander la dissolution de la Chambre ; il se trouvait que toute cette prudence n'avait réussi qu'à reculer les embarras. En fait, le plébiscite provoquerait un renouveau d'agitation chez un peuple qui avait surtout besoin de repos. En droit, il marquerait une sorte de résurrection du césarisme, venant se jeter à la traverse de la liberté renaissante.
Le public, qui était resté indifférent à l’annonce d'an nouveau sénatus-consulte, se réveilla brusquement en entendant le mot de plébiscite. Avant même que la Commission eût achevé ses travaux, le Corps législatif tint à marquer son sentiment sur cette grande affaire. L'occasion naquit à propos d’une interpellation sur le pouvoir constituant, interpella-
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tion qui après divers ajournements fut remise au & avril. Le Sénat en discutant le sénatus-consulte légiférait en matière de constitution, sans ke concours de la Chambre élective réduite à rester les bras croisés. Cela choquait l’opposition. La constitution de 1852 le veut ainsi, lui répondait-on ; le sénatus-consulte la détruit, mais pour la détruire, il faut lui obéir encore une fois. La gauche paraissait assez peu touchée de ce raisonnement et la Chambre, en général, semblait assez préoccupée de la ratification par un plébiscite des réformes en voie d’accomplissement. La restitution du pouvoir constituant à lAssemblée élue combinée avec le maintien du plébiscite, soulevait en outre d’assez grosses difficultés. Une Commission composée de sept députés du Centre droit et sept députés du Centre gauche cherchait depuis longtemps à les surmonter ou à les tourner, sans y parvenir, car au moment même de la séance d'ouverture du 4 avril, où devait commencer le débat sur le pouvoir constituant, elle discutait encore un ordre du jour soumis à son adhésion par Thiers. « Le Corps législatif, après avoir entendu l’expression des diverses opinions, confiant dans les intentions du ministère et dans son zèle à se faire auprès du Sénat l'interprète des sentiments du pays, passe à l’ordre du jour. »
Cet amendement obtint auprès du centre droit un meilleur accueil qu’auprès du centre gauche, mais la