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CHAPITRE IV

Expansion du culte du dionysiaque en Italie. — La déformation par la prêtresse Paculla Annia.

Nous ne possédons pas de documents précis sur les mystères bachiques de la grande Grèce. Les archéologues se perdent en conjectures dans le labyrinthe desquelles nous ne nous aventurerons pas. Ce qui n’est pas douteux, c’est que le culte du Dionysos hellénique y fut importé par des colons du Péloponèse. Or, la forme sous laquelle le dieu était honoré dans leur pays d’origine était précisément la forme mystique et le type même de Bacchus n’y semble pas altéré. Les innombrables images que nous en avons reproduisent en effet la conception semi-féminine créée par Praxitèle. Le Bacchus barbu ne se rencontre dans les sculptures des temps romains qu’exceptionnellement et dans des imitations archaïques (1).

Mais nous ne savons pas si les mystères de la

grande Grèce présentaient le mème caractère orgias-

1. Lenormant, dans Daremberg el Saglio, I,v° Bacchus. — Wissowa

dans Pauly. Real Encyclopædie, vo Dionysos, p. 1045 ets.

tique que les triétériques du Cithéron. On nous dit que la disposition du sénatus-consulte de 568 les atteignitsans qu’elles eussent donné lieu aux mêmes reproches que les bacchanales étrusques et romaines. En tous cas, leur vogue ne saurait être contestée à l’époque où ils gagnèrent l’Étrurie. Ils devaient être la première des dévotions du pays pour que Sophocle pût écrire de Dionysos qu'il était le dieu qui règne sur l'Italie. L'étude des vases peints sortis des fabriques de l'Italie méridionale a permis de constater que tous leurs sujets sont empruntés à l’histoire de Bacchus, à la représentation de scènes bachiques. Ce ne sont que Satyres, Ménades, accompagnant le char d’un jeune dieu couronné de pampres, jouant de la flûte ou du tympanum et s’enivrant dans de joyeux festins (1).

Ce fut un Grec de ce pays (2),dont Tite-Live ignore lo nom, misérable sorcier ambulant, appartenant à cette tourbe de malfaisants parasites, agyrtes, faisant métier d'exploiter la crédulité populaire, quai se fit en Étrurie l’apôtre du culte de Bacchus à une époque évidemment peu ancienne, probablement vers la fin du cinquième ou le commencement du sixième siècle de Rome.

La tâche lui fut facile; le dieu qu’il apportait res-

1. Gerhard. Bulletin de l'Institut archéologique, 1829, p. 173. — Cf. de Witte. Étude sur les vases peints.

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