‹ Le Sénatus Consulte des BacchanalesChapitre 33 sur 83 · ad summa Rempublicam spectat. Liv. XXXIX · texte numérisé non relu

ad summa Rempublicam spectat. Liv. XXXIX

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deux siècles plus tard le narrateur contre les déformalions que les fortes émotions populaires apportent aux grands faits? C’est la perspective de l’histoire. Ses lois sant l'opposé de celles de la perspective dans l’espace et la critique historique, science des temps modernes, en défend malaisément la pensée de l’écrivain.

Ces réserves faites, il reste acquis que le nombre fut considérable. Tel nous apparaît le chiffre de ceux qui furent pris et condamnés sans compter tous ceux qui parvinrent à s'échapper. Le silence demeura pourtant autour de cette vaste réunion d'hommes et de femmes. Les uns et les autres y furent maintenus par la crainte des dangers auxquels s’exposaient les délateurs. La colère du dieu devait, aux yeux des moins sceptiques, punir les serments trahis, les autels renversés. En tous cas, la vengeance d'hommes habitués à tous les excès attendait ceux que l’autorité publique aurait peut-être épargnés.

Il en fut ainsi pendant de longues années. Puis, le nombre s’accroissant, une indiscrétion devint fatale, elle se produisit en 568.

Tite-Live s’est complu à raconter dans tous ses détails toute cette romanesque histoire. Nous nous contenterons de rapporter sommairement dans quelles circonstances les magistrats furent saisis de l’affaire.

Au nombre des initiés des bacchanales se trouvait

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un homme nommé T. Sempronius Rutilns, marié à une veuve appelée Duronia. Tous deux, conjointement, exerçaient la tutelle sur un fils de Duronia, F. Æbutius (1). [ls s’acquittèrent de cette mission de telle sorte que le moment venu de rendre des comptes à leur pupille, ils cherchèrent le moyen de faire disparaître Æbuatius ou d'imposer silence à ses réclamations. Le faire initier aux secrets mystères leur parut la voie la plus sûre pour arriver à leurs fins (2). Un vœu allégué par la mère servit de prétexte. Æbutius accepta de se consacrer au culte de Bacchus et de s’y préparer dix jours de suite par une entière continence.

Or le jeune homme avait alors pour maîtresse une affranchie nommée Hispala Fecenia, courtisane fameuse dont il était aimé. Il lui fit part de la réserve à laquelle le contraignait l’obéissance à la volonté de ses parents. Hispala avait jadis, étant esclave, accompagné sa maitresse aux exercices de cette religion. Bouleversée par la découverte des intentions eriminelles dont son amant était visiblement l’objet, elle ne puts’empècher de l’avertir, et de lui faire promettre d’y résister (3).

Sempronius et Duronia, furieux de la révolte inat-

tendue de leur pupille, le chassèrent brutalement de

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