‹ Le Sénatus Consulte des BacchanalesChapitre 6 sur 83 · Boissier, op. cil., p. 23 et sq · texte numérisé non relu

Boissier, op. cil., p. 23 et sq

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dent à qui ils parlent, doutent de la puissance et dé l'entendement de leurs dieux. A force de vivre, ils cherchent pourquoi ils vivent, à force de se voir mourir, ils souhaitent de connaître le secret de la mort. Les grands problèmes de la puissance surnaturelle, de la destinée humaine, de l’au delà se posèrent pour les Romains comme pour tous. A la curiosité qu'ils suscitèrent en eux, les entrailles de leurs victimes ni le passage des oiseaux dans les airs ne purent fournir une satisfaction.

L'impiété se fit sentir dans toutes les classes de la société, encouragée, ainsi que le remarque M. Boissier, par des causes diverses.

Pour la plèbe, elle fut faite d’ignorance et de rancune. Ignorance, parce que la religion nationale, comme les lois civiles, commença par traiter ses membres en parias et les maintint longtemps à l’écart de tout le culte public. Obligée de respecter les formules divines, elleestécartée de toute participation aux exercices (1) publics, comme de tout sacerdoce. Rancune, parce que cette exclusion fut utilisée maintes fois pour combattre la patiente conquête des privilèges patriciens ; soit que l’impossibilité pour elle de consulter les auspices luiinterdit d’aspirer aux magistratures, — auspicia non habetis — soit qu’on pro-

fitât de prétendus signes défavorables pour dissoudre

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à propos les réunions qui menaçaient d'aboutir à quelque loi populaire (1).

Dans la seconde guerre punique, toutes les fois que les plébéiens l’emportent, la religion se trouve mal de leur triomphe.

Et lorsque les plébéiens eurent franchi le dernier stade de leur ascension, le souverain pontificat, le recrutement du sacerdoce par voie d'élection soumit le choix des prêtres aux intrigues des partis, aux caprices des compétitions, profond élément de décadence religieuse (2).

En présence de pareils germes de désorganisation morale, on devine sans peine l’accueil qui était réservé aux importations orientales. Les intérêts économiques et Les intérêts politiques de Rome, la poussaient vers la Grèce et l'Égypte. L'occident etle sud, théâtre de tous les exploits des armées romaines, ne leur offraient plus de quoi contenter leur ambition ni occuper leurs loisirs. Zama avait porté à Carthage un coup dont il était improbable qu’elle parvint jamais à se relever. En Orient, de vastes richesses étaient à acquérir; un commerce de plus en plus florissant rapprochait les peuples grecs de leurs voisins d'Occident et c'était par légions qu'ils affluaient à

Rome. Le développement des relations commercia-

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