‹ Le Sénatus Consulte des BacchanalesChapitre 68 sur 83 · Cicéron. De legibus, I · texte numérisé non relu

Cicéron. De legibus, I

2. Porcius Latro, cite également une loi Gabinia qui prohiba les réunions clandestines : Lege Gabinia promulqgalum qui coïliones ullas clandestinas in Urbe conflavissel more majorum capilali supplicio mullarelur. (Sur la date de cette loi, Heineccius. Antiquités romaines, IV, 16, 47.) Ch. Roulez. Recherches sur les associations politiques chez les Romains. — Waltzing, op. cil., p. 79 ets.

3. Tertullien parle pourtant d’un vieil édit interdisant aux particuliers d’honorer les divinités que l'État n'a pas officiellement reconnues. Le passage de Cicéron: «Separalim nemo habessil deos...» semble inspiré de la même idée. Des dispositions législatives postérieures eurent soin de frapper les promoteurs de religions nouvelles et les

magiciens ou sorciers quelconques, lors même qu'ils ne forment pas

Dr OS

nion vraisemblable. Le soin pris par le sénatusconsulte d'autoriser dans l'avenir les bacchanales privées et inoffensives l’établit de façon certaine.

En résumant donc ce qui précède, nous croyons pouvoir formuler les règles suivantes :

4° Le Sénat poursuivit un but d'intérêt politique et social en s’opposant à la célébration de mystères dont le caractère licencieux symptomatisait la marche des idées orientales ;

2° Le crime reproché aux individus qui firent partie de la corporation ne fut pas un erime religieux, profanation ou impiété, car les infractions de cette nature ne tombent pas sous l'application de la loi et la quæstio extraordinaria ne fut à aucun titre capable d'en connaître ;

3° Quant au culte mème, il ne fut pas interdit

d'association. Deux textes, l’un de Paul, l’autre de Modestin nous l'inquent :

«Qui novas et usu vel ratione incognitas religiones inducunt ex quibus animi hominum moveantur, honestiores deportantur humiliores capite puniuntur » (Sentences de Paul V, 22 de vaticinatoribus et mathémalicis).

« Si quis aliquid fecerit quo leves hominum animi superstitione numinis lerrerentur, divus Marcus, hujusmodi homines in insulam relegari rescripsit. » Dig. XI, VIILI, XIX,30, — Modestin, lib. 1, de pœnis.

Nous ne possédons en revanche aucun texte qui nous permette de dire s’il en était de même sous la République, et nous pensons que le Sénat affirma longtemps par ses actes, notamment au vi* siècle, un

souci qui ne fut formulé en loi que sous l'Empire, trop tardd'ailleurs.

comme religion étrangère non reconnue, puisque Bacchus était officiellement honoré et parce que aucune loi ne proscrivait formellement les cultes étrangers ;

4° Le Sénat montre cependant son hostilité aux cultes exotiques et les combat en les empêchant de former des associations, de tenir des réunions, condition indispensable de leur développement,

Page 1