CONCLUSION
Sous la brutalité du choc, en 568, les bacchanales de Rome furent écrasées et toute résistance fut dès l’abord impossible. Nous avons vu que la tâche de la répression fut plus rude dans les provinces de l’Italie méridionale où des attaches plus profondes et plus anciennes consolidaient le culte de Bacchus. Quelques spasmes assez violents soulevaient encore les débris vivaces des conjurations dissoutes. Les plus graves furent la coalition des pâtres de l’Apulie (1) et de Tarente (2).
Malgré la sévérité avec laquelle on s’efforça de les étouffer, il est probable que dans ces pays des bacchanales parvinrent à se maintenir à l’état secret en attendant l'heure plus clémente où elles pourraient reparaître au jour.
S'il faut en croire mêmele témoignage de Varron(3),
Rome aurait à une époque postérieure connu de
4-3, Liv. XXXIX, 415 XL, 40, 3. Varron. Salires ap. non. Marcellus, p. 112. — Cf. Preller. Ræmis-
che Mythologie, p. 718.
— 129 — “ nouveau les bacchanales mais nous devons l’admettre sous toutes réserves.
D'ailleurs, il est bien entendu que le culte de Bac” chus ne fut pas proserit en principe mais seulement condamné dans sa forme licencieuse et réglementé. Mais continua-t-il d'exister dans les limites où le toléraient les pouvoirs publics ? Nous ne possédons aucune preuve que les autorisations imposées par le sénatus-consulte aient jamais été demandées ni accordées, et il est permis de se montrer sceptique à l’égard de la dévotion qui les auraient inspirées.
Un signe de la disparition du culte de Bacchus nous est donné, ainsi que l’observe Gerhard, (1) par la disparition des vases peints étrusques, dont tous les sujets étaient empruntés aux fêtes bachiques de l'Italie méridionale. Pourtant certaines incriptions attestent sa survivance (2).
César (3) réorganisa un nouveau culte de Bacchus honoré sous le nom de Liber, dans le style mi-oriental. C’est à ce culte que semblent appartenir le temple bâti par Septime-Sévère aussi bien que la majorité des sociétés religieuses de ce dieu reconnues
d’après les inscriptions. « Ces sociétés, au temps du
1. Gerhard. Bulletin de l’Institut archéologique, 1829, p. 173. — Cf. de Witte. Étude sur les vases peints, p. 119 et s.
2. C. I. Gr. n° 5762. — Mommsen. Inscripliones regni Neapolitani, n° 2477.