Durand, Voya(/e au Sthiérjal, t. !«"•, p
2. Claudk Jannbqui.n, sieur de Uochefort-Chaalonnois, Vof/ar/f tU Lybie au royaume de Senega, le Ion y du Ni(/er.
dont aucune ne réussit, ni la Compagnie du Sénégal, côtes de Guinée et d'Afrique, formée en 1681, ni celle de Guinée, formée en 1685, ni la troisième et la quatrième compagnie du Sénégal, qui durèrent de 1694 à 1709, et de 1709 à 1718, ni môme la Grande Compagnie des Indes, qui administra les établissements africains pendant près d'un demi-siècle , jusqu'à la conquête anglaise de 1758 ^ L'histoire du Sénégal pendant toute cette période n'est qu'une lamentable ^numération de fautes et d'imprudences, de faillites et de banqueroutes. On n'a pour s'en convaincre qu'à parcourir les très rares ouvrages alors composés sur le Sénégal, par exemple ceux de Lemaire, Voyage aux Canaries, cap Verd, Sénétjal et Gambie ^ en 1693; de des Marchais^, Voyage en Guinée y isles voisines et â Cayenne, en 1730; et surtout du père Labat^, Nouvelle relation de V Afrique occidentale , en 1728. Seule la Compagnie des Indes fit exception. Elle fonda ou releva plusieurs forts ou comptoirs et tira de grands profits de tous ses établissements. Il est vrai que ses affaires furent dirigées avec une grande habileté par quelques-uns de SCS agents, surtout par l'un d'entre eux, André Brue, dont l'intégrité, les lumières et l'activité méritent d'être mis en lumière*. Si nous étions plus attentifs aux découvertes géographiques de nos compatriotes, André Brue occuperait une place éminente dans notre histoire coloniale, car il a donné à nos possessions sénégaliennes des limites qui viennent à peine d'être dépassées, et il a dirigé des explora-
1. Article 10 du traité de Paris (10 février 1763) : « Sa Majesté britannique restituera à la France l'ile de Gorée dans Tétat où elle s'est trouvée quand elle a été conquise, et Sa Majesté très chrétienne cède en toute propriété et garantit au roi de Grande-Bretagne la rivière de Sénégal, avec les forts et comptoirs de Saint-Louis, de Podor et de Galam, et avec tous les droits et dépendances de ladite rivière de Sénégal. »
2. Le père Labat est le rédacteur du Voyage du chevalier Renaud des Marchais en Guinée, isles voisines et à Cayenne, fait en 47^5, 47 i6 et 47S7p contenant une description très exacte et très étendue de ce pays et du commerce qui s*y fait: 4 vol. in-12, Paris, 1730.
3. Nouvelle relation de l'Afrique occidentale, contenant une description exacte du Sénégal et des pays situées entre le cap Rlanc et Serre Lione jusqu'à plus de trois cents lieues en avant daïis les terres; l'histoire naturelle de ces pays, les différentes nations qui y sont répandues, leurs religions et leurs mœurs, avec l'état xincien et présent des compagnies qui y font le commerce; 5 vol. in-12, Paris,