‹ Le Sénégal et le Soudan françaisChapitre 21 sur 44 · EXPÉDITIONS DU SINE ET DU SALOUM. — GUERRES DU CAYOR · texte numérisé non relu

EXPÉDITIONS DU SINE ET DU SALOUM. — GUERRES DU CAYOR

Depuis la nomination de Faidherbe comme gouverneur du Sénégal, tout change dans notre colonie.

Le premier soin du nouveau gouverneur fut d'assurer la sécurité immédiate de la colonie. Les indigènes, en effet, Maures ou Nègres, nous considéraient comme des intrus, et n'attendaient qu'une occasion favorable pour jeter ii la mer -ces chiens de chrétiens, ces kefftrs, qu'ils détestaient de toute ^'ardeur de leurs convictions religieuses ou de leurs haines nationales. Ce n'étaient pas seulement nos postes du haut ileuve qui étaient journellement insultés et menacés par eux ; dans la banlieue immédiate de Saint-Louis, nous n'étions même pas les maîtres incontestés du territoire occupé par nos troupes; à Gorée, à Rufisque, nos négociants étaient mal- •^raités et pillés ; ceux de no& navires qui étaient jetés à la côte étaient aussitôt la proie de pilleurs d'épaves, qui, à main armée, disputaient aux malheureux naufragés les débris de •leur fortune. Il n'y avait plus, en un mot, pour la France ni sécimté ni même dignité, et le drapeau national recevait chaque jour des outrages, qui méritaient une prompte répression. Le grand mérite de Faidherbe fut de comprendre la nécessité de cette répression, et d'y consacrer toutes ses ressources, toute son ardeur et tous ses talents. C'est lui qui résolument substitua, en passant de la défensive à l'offensive, une politique ferme et patriotique aux déplorables compromissions de ses prédécesseurs, et réussit en peu de temps à rendre à la France la place et l'influence qui lui étaient dues dans tout le bassin du Sénégal.

Les gens du Oualo furent les premiers rappelés au sentiment de leurs devoirs. On nomme Oualo la province au milieu

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