‹ Le Sénégal et le Soudan françaisChapitre 25 sur 44 · Traité da 2 février 18G2 [Annules séni^fjalahcs, p. 40S · texte numérisé non relu

Traité da 2 février 18G2 [Annules séni^fjalahcs, p. 40S

ET LE SOUDAN FllANÇAlS H9

La défaite tic Ngolgol eut un retentissement extraordinaire au delà même du Cayor. Du jour au lendemain Lat-Dior se trouva le chef incontesté de toute la région, et tous les mécontents se groupèrent autour de lui. Il eut bientôt rassemblé une armée considérable, et vint nous provoquer jusque sur notre territoire.

Le colonel Pinet-Laprade fut chargé par Faidherbe de rabattre son orgueil. Les troupes se concentrèrent sous ses ordres, et, le 12 janvier 1804, une bataille décisive s'engagea à Loro. Lat-Dior n'avait pas oublié les leçons qu'il avait reçues à Saint-Louis. Il avait pris d'assez bonnes dispositions. « Les fantassins étaient à couvert derrière une haie d'euphorbes qui couronnait les bords les plus avancés d'un plateau au centre duquel se tenait Lat-Dior avec une forte réserve, de telle sorte que le vallon que nous avions à franchir était admirablement battu par la mousqueterie de l'ennemi ; sur les ailes de cette position se tenait une nombreuse cavalerie*. » Mais notre artillerie décida la victoire. Près de cinq cents cadavres jonchaient le champ de bataille. La poursuite fut poussée jusqu'à quatre lieues. L'horizon était embrasé par les inceridies allumés dans tous les villages. La colonne victorieuse alla rendre les derniers devoirs aux victimes de Ngolgol et rentra à Saint-Louis, laissant le Cayor pacifié et notre protégé Madiodio seul maître du pays.

Mieux aurait valu profiler de Tascendant que nous donnait la victoire de Loro pour prononcer purement et simplement l'annexion du Cayor. On avait conseillé au gouverneur cet acte de vigueur. Il ne se crut pas assez fort pour l'exécuter, et rendit à notre protégé Madiodio son trône et son territoire. Aussi bien, il ne tarda pas à reconnaître sa faute, car Madiodio, par sa mauvaise administration, provoqua un soulèvement général. Devenu gouverneur, Pinet-Laprade le déposa et, cette fois, prononça l'annexion de Cayor (J8G6). Cette annexion, nous le verrons plus tard, ne devait pas être définitive. Ce n'en était pas moins un acte de politique ferme et intelligente. Saint-Louis et Corée se trouvaient maintenant

i. Annales sànfgalaises, p. 313.

réunies non plus par une ligne de postes fortifiés, mais par un territoire directement soumis. Nous n'avions plus en Afrique seulement deux comptoirs isolés, mais plusieurs provinces unies et soudées les unes aux autres, dont les habitants avaient accepté facilement notre domination. L'Afrique occidentale française était fondée. Il ne lui restait plus qu'à grandir, qu'à se développer, et ces beaux résultats, si rapidement obtenus , étaient dus à l'administration habile et à la politique raisonnéc de Téminent gouverneur de Saint- Louis.

A cette domination naissante manquait encore le prestige d'une grande victoire, dont la renommée dépasserait les limites du Sénégal et rendrait populaires en France les exploits de nos troupes sénégalaises. Cette victoire, nous allions la remporter contre le fondateur d'un empire africain, auquel ne manquaient ni les talents ni même le génie, et dont les descendants possèdent encore sur les rives du Niger d'importantes possessions. Pour comprendre cette lutte décisive, il est nécessaire de revenir en arrière, et d'appeler l'attention sur des événements presque contemporains, qu'on a peut-être oubliés, mais dont les conséquences durent encore.

r.tERRE CONTRE LE PROPHÈTE AL-n A D JI-OM AR

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