DuvAL, If S Cofonies fi'onraisex, p. 2\K
2. Dklanneau, Exploration du cours du Bakoy (Sociétt^ de ^''-ographie de Bordeaux); 1882.
ET LE SOUDAN FRANÇAIS il
Tost, au nord-est ol au nord. Commo il n'est alimenté que par les eaux de pluie, et seulement pendant trois mois de Taimee, on pourrait s'attendre à ce que Tévaporation le larit pendant la saison de la sécheresse; mais son lit est obstrué par d(» nombreux barrages de roches ou de sables, qui le partagent en biefs où Teau reste sans écouhMnent, comme dans autant de lacs étages. On dirait une série de réservoirs, unis par des filets d'eau qui glissent sur les rochers des seuils. Nous avons en France plusieurs rivières qui ressemblent au Bafuig, TAin, laDurance, etc., qui ne tarissent jamais, même en temps de sécheresse, grAce à ces réservoirs naturels.
A parlir de Bafoulabé, c'est-à-dire, en langue malinké, des Deux-Rivières, le Sénégal se trouve encore à c<*nt quarantetrois mètres d'altitude. Son lit, encore encaissé entre de très hautes berges, nVsl pas creusé à sa profondeur normale. Aussi les rapides et les cascades se succèdent. Les plus célèbres de ces cascades sont celles de Gouïna et du Félon. A (louïna, sur une largeur de plus de quatre cents mètres, le lleuve s'échappe tout h coup du terrain qui manque h la masse de ses eaux, et la nappe tombe en bouillonnant à cinquante mètres de profondeur. « Pendant les hautes eaux, la chute a une largeur double, et sa hauteur, sur la rive gauche, atteint soixante mètres. En elTet, sur cette rive, de larges tablettes d'un grès très fin, d'un mètre d'épaisseur, s'avancent sur Tatîme en formant un plan horizontal élevé de dix mètres au-dessus du niveau supérieur de Teau. (lomme rien ne les soutient, il semble qu'en s'y aventurant on s'expose à rouler avec elles dans le goulîre du bassin inférieur*. » Aux abords de la cascade se trouvent des trous en forme d'entonnoirs dans lesquels l'eau s'engoullre en tourbillonnant. La cascade de (louïna demande à ne pas l'être examinée en détail; car son aspect »*sl régulier, et d'un seul regard on peut en embrasser l'ensemble. La cascade du Félon, au conlrain», est remarquable par ses bizarres découpures et ses singuliers appendices. On dirait une série de j)yramides coniques, terminées par des calottes sphériques, dont la base est baignée par les eaux.