‹ Le Sénégal et le Soudan françaisChapitre 4 sur 44 · Tour du monde f 18G1, p. H · texte numérisé non relu

Tour du monde f 18G1, p. H

i2 LE SÉNÉGAL

Après celte seconde chute, le Sénégal change brusquement de direction et va du sud-est au nord-ouest jusqu'à la mer, à travers un pays de plaines. A Saldé, un des bras du fleuve, le Doué ou Taouey, forme une île de cent cinquante kilomètres de longueur, l'île à Morfil ou des Éléphants. Dans la partie inférieure de son cours, à partir de Hichard-Toll, il se partage en plusieurs bras, qu'on désigne sous le nom particulier de marifjota (Bounoum*, Kassak, des Maringouins, etc.). Arrivé tout près de la mer, il est arrêté par une étroite digue de sable, coule alors vers le sud, se divise en bras nombreux, au milieu desquels est bâtie la ville de Saint-Louis, et finit audessous de celte ville, en étalant une barre mobile qui gône beaucoup la navigation. Le delta du fleuve est donc tout intérieur, et forme comme un labyrinthe d'environ quinze cents kilomètres carrés, composé d'îles et d'îlots, de bancs marécageux et de mares changeant de contenu et de profondeur à chaque inondation. Toute cette région basse, à demi lacustre, est nettement délimitée par un cordon littoral très régulier, la langue de Barbarie, à peine élevée de quatre à six mètres au-dessus des eaux, large de trois cent cinquante h quatre cents mètres , constamment ébranlée du côté du large par le heurt des vagues, et ayant à soutenir du côté de Tintérieur l'assaut dçs eaux fluviales. Aussi la langue de Barbarie cède-t-elle tantôt d'un côté, tantôt de l'autre. En 182:>, la passe était en face de Gandiole; en 1831, à l'extrémité méridionale ; en ISSo, à la pointe des Chameaux, tout près de Saint-Louis ; en 1864, deux kilomètres plus au sud, et en 1884, de nouveau au delà de Gandiole. Nos ingénieurs se sonlenbrcés de régulariser l'entrée du Sénégal. Un des plus éminents d'entre eux, M. Bouquet de la Grye, proposait récemment, pour faciliter l'entrée des vaisseaux, de fixer Tentrée par une jetée curviligne qui prolongerait la rive gauche -.

Le principal obstacle à la navigation est la barre mobile qui obstrue l'entrée du fleuve \ Le passage de cette barre est

1. Braol'kzec, E.rploralion du Hounoum, marif/ot du Si*nêi/alf en octobre l't novembre I8t!l [Annales inaritimrs et cAonicUes. octobre 18G2;.

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