‹ Le Sénégal et le Soudan françaisChapitre 33 sur 44 · Journal» t. II, p · texte numérisé non relu

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iU LE SÉIS'ÉGAL

surance de terminer heureusement sou voyage. Telle était pourtant sa résolution que même la perspective d'une mort prochaine ne pouvait triompher de son obstination. « J'aimais mieux mourir, écrit-il, que retourner sur mes pas sans avoir fait de plus grandes découvertes, sans avoir navigué sur une partie encore inexplorée du Niger et avoir touché à Tombouctou, celte ville mystérieuse, but principal de mon entreprise*. »

Heureusement pour lui, une vieille femme, amie de son hôtesse, connaissait un remède à son horrible maladie. Touchée de compassion, elle prit à tâche de le guérir. Le traitement fut énergique, i^iais efficace. Peu à peu Caillié reprit ses forces. Une lente convalescence le rétablit tout à fait, et la belle saison qui revint acheva de lui rendre la santé. Alors, sans attendre davantage, profitant d'une caravane qui venait des montagnes du sud, Caillié se mit en rout^ pour Jenné (9 janvier 1828), non sans avoir fait à ses bienfaitrices les cadeaux que lui permettait son dénuement.

La caravane passait par le Bambara. Pendant les longues journées du voyage, Caillié eut le loisir d'examiner les contrées pittoresques qu'il traversait, et d'étudier les mœurs indigènes, souvent curieuses pour un Européen. Quoique la défiance de ses compagnons de route l'empêchât la plupart du temps de prendre des notes, et que diverses circonstances l'aient privé plus tard de presque toutes celles qu'il avait recueillies, sa mémoire était si grande qu'à son retour il put écrire une relation détaillée et fort exacte de son voyage. Il avait tout remarqué et n'avait rien oublié. Aussi son ouvrage contient-il les renseignements les plus intéressants elles plus variés. On y trouve, avec des aperçus historiques et ethnologiques, tout ce qui intéresse le commerce, Tagriculturc, les coutumes domestiques. Il décrit les fêtes auxquelles il a assisté, les danses et les modes féminines. Il se rappelle avec gaieté les ornements bizarres qui font l'orgueil des beautés bambaras, les grelots qui sonnent à la ceinture, les draperies bleu foncé qui cachent les cheveux, et la botoque, mor-

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