‹ Le Sénégal et le Soudan françaisChapitre 42 sur 44 · Gravier, ouvraje cité; p · texte numérisé non relu

Gravier, ouvraje cité; p

appareil. 11 poussait la simplicité jusqu'à adopter le costume (lu pays, persuade que la confiance qu'il témoignait aux indigènes en venant ainsi au milieu d'eux flatterait leur amourpropre et faciliterait la tâche qu'il s'était imposée. Ses prévisions se réalisèrent. Partout il reçut un accueil empressé, même de la part de populations notoirement hostiles, même dans des contrées qui ne reconnaissaient pas notre suprématie. On se pressait autour de lui, on le consultait, car tous les nègres croient à la supériorité médicale des Européens. Au moins ce docteur improvisé n'eut-il à se reprocher aucune ordonnance maladroite. Il n'opérait qu'à coup sur, et ses prescriptions étaient uniquement hygiéniques. Les nègres se montraient reconnaissants et subvenaient à tous ses hesoins.Ils lui servaient même de guides et le recommandaient à leurs amis d'un village à l'autre. Un seul jour, le () août, dans le village de Dziongo, il fut brutalement repoussé parle chef indigène, qui ne voulut ni lui fournir une case ni lui donner des vivres. Soleillet, avec une grande présence d'esprit, se dirige aussitôt vers le tata du chef récalcitrant, y choisit une case qui lui paraît en bon état, donne l'ordre de la balayer et s'y installe. Le chef, surpris, se dirigea vers lui, et dès ce moment se montra plein de prévenances*. « Cet Européen, racontait-il plus tard aux notables, est un chef; vous l'avez vu, sans armes, agir comme s'il était chez lui, sans se fâcher, sans crier. Nous avons eu tort envers lui, et cependant il m'a bien reçu. »

Malgré la fatigue du voyage, malgré la fièvre qui brisait ses forces, malgré les lenteurs qui entravaient sa marche. Soleillet se rapprochait chaque jour de Ségou. « J'avoue, a-t-il écrit-, qu'il me faut résister aux conseils de la bête, qui déjà m'a fait faire bien des sottises. Elle voudrait aller passer quelques jours à Médine, pour aller se faire soigner par le bondocteur. L'autre lui répond : « Mademoiselle, vous êtes une^ « douillette. Vous ne pensez qu'à vos aises. A Ségou, ma belle, « et vite! » Le 30 septembre Soleillet arrivait sur le Niger, à Yamina, et s'embarquait aussitôt pour descendre le fleuve. Le lendemain il était en vue de Ségou. « Je me préparai avec

i. Gravier, ouvraf/n c/'f'', p. 211.

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