‹ Le Sénégal: étude intimeChapitre 9 sur 15 · TRANSFORMATION ÉCONOMIQUE · texte numérisé non relu

TRANSFORMATION ÉCONOMIQUE

M. Richard, aujourd'hui dans nolro colonie de la Réunion. Le poste de Richard-ToU (jardin de Richard), est aujourd'hui remplacé par la maison de commandement de la Taouey, résidence de Fofficier qui dirige la politique du Valo.

Il est à regretter que la bâtisse coûteuse de la Taouey fixe un jardin d'acclimatation, sur ces terres que j'ai nommées exceptionnellement inondées, et que je considère comme devant entrer les dernières dans le mouvement d'exploitation régulière.

11 semble naturel de faire relever le jardin d'acclimatation d'une autorité essentiellement coloniale, l'ordonnateur par exemple, au lieu de le soumettre à la Direction du génie.

Je sais que dans cette dernière position, le jardin peut profiter de plus grandes ressources, sans ajouter une nouvelle charge au budget colonial ; mais ces avantages, retirés de la connexion à un service étranger, peuvent fausser les résultats des expériences exécutées dans ce jardin.

Sans autres établissements de culture, le jardin d'acclimatation n'a pas grande portée ; c'était pour lui donner une apparence d'utilité, que M. Simon, créateur et directeur du jardin de la Taouey, insistait pour me faire entreprendre, dans son voisinage, une exploitation agricole. A des fermes, le jardin pourrait fournir des arbres fruitiers avances, qui

3ia TRANSFORMATION ÉCONOMIQUE.

La révolution économique est accomplie et on trouve, aux marchés de Saint-Louis et de Corée, des radis, des salades, des choux, des carottes, des betteraves, à des prix que les plus hardis d'entre nous n'auraient pas osé promettre.

Il est rare d'obtenir un résultat au'moment même ou on le désire le plus vivement. Cependant l'esprit une fois poussé dans la voie de la recherche finit toujours par atteindre le but convoité ; mais souvent lorsque le besoin ne s'en fait plus sentir. Il est donc peu sage de se laisser entraîner à poursuivre une invention sous Taiguillon d'une impérieuse nécessité ; on risquerait de donner une. fausse direction à ses efforts

On peut citer, k l'appui de cette manière de voir, la plupart des découvertes scientifiques, que le blocus .continental rendait si désirables, sous le premier Empire : la soude factice, le sucre indigène, le nitrate de potasse, le pastel, etc. Combien de solutions scientifiques qui n'ont obtenu la consécration indus^ trielle que plus tard, lorsque la nécessité qui les avait fait poursuivre s'était évanouie?

Le sucre de betterave, qui eût été un bienfait absolu pendant les guerres de l'empire, est devenu plus tard, lors de son épanouissement industriel, une difficulté

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tions,commerciales, nous nous exposons à éloigner la rénlisation de notre désir ; ces deux faits sont la conséquence naturelle de l'accroissement de la population dans nos colonies; cet<eccroissement est Ict but vers lequel doivent tendre nos efforts ; nous devons nous défendre de toute marche qui nous en écarterait.

iiS prospérité de nos états constitués réside dans l'intelligence des gouvernants, el leschefs de nos états européens prennent possession de l'autorité, en ceignant la couronne. Chez les peuples primitifs, un bon gouvernement donne pour premier fruit une augmentation notable de la population , je vous ai montré Almami Saadn prenant la culotte pour symbole de son autorité.

Outre la fauto grossière , dans laquelle on tombe communément, de subordonner la question africaine à des considérations accessoires ou dépendantes, les meilleurs esprits se trouvent égarés, dans leurs appréciations, par le jugement partial des voyageurs.

En lisant le portrait peu flatté que nous fait Béné-

Caillé des maures riverains du Sénégal, il ne faut pas

les souffrances auxquelles sa fausse po-

; ce voyageur français, chez ces peuples

:{uiets.

li a servi de passe-port k Caillé, de la 'à Tanger par Tombouklou, était bien

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