CHAPITRE VL DE 1854 A
LcB eouiumes. — Ordres énergiques. — Conquête du Oaalo. — Guerre contre les Trarzas ; insolences ; un beau tsait. •— Al-Hadji* Omar. — Paul Holl à Médine. — Epéditions diverses. — Lat-Dior.
Jasqu'en 185i, lit-on dans les Annales Sénégcdaîseè publiées avec Faiitorisation du ministre de la marine sons la direction du général Faidherbe, ouvrage auquel nous empruntons^ les détails qui suivent, <r jusqu'en 1854 j nous n'occupions au Séûégal qile quelques terlritoires très restreints^ et les plus puissants des chefs indigènes nous considéraient comme leurs tributaires i> .
C'est ce que nous étions, en effet. Amhouhel^ nous disaient les Ouoloffs ; Djezia (1), faisaient les Maures en écho. L'un et l'autre mot, que nous traduisions par couiumeB, signiâaient que tous les ans nous devions aller
(1) Djeiia, mot arabe qui désigne lé tribut religieux par lequel les infidèled, c^est-à-dire toils ceux qui ne sont pas muâulmansi doiVeUt acheter la |iiûx Aux sectateurs du I^rophète.
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avec une certaine pompe payer aux chefs indigènes une redevance^ un loyer, si l'on veut, pour la place que npus occupions dans leur pays.
En outre, le commerce des gommes, principale exploitation du pays, ne se faisait que dans les escales ^ ^ sorte de foires annuelles, tenues sous la surveillance des chefs maures, dans des conditions onéreuses et humiliantes pour nous ».
Enfin la situation de nos commerçants était rendue plus intolérable encore par les pillages continuels auxquels se livraient sans vergogne des brigands maures, ouolofis ou toucouleurs.
Notre première tentative de résistance sérieuse consista, d'une part, dans l'établissement d'un poste fortifié commencé à Podor,le 27 mai 1854, par le capitaine du génie Faidherbe, et achevé trente-quatre jours après ; d'autre jpart, dans une verte correction infligée aux Toucouleurs du Dimar, quiavaient voulu s'opposer à la cons • truction de notre fortin.
Nous ne devions pas tarder à prendre une offensive plus vigoureuse, car différentes dépêches adressées par M. Ducos, alors ministre de la marine, à M. Protêt, gouverneur delà colonie, dans le courant de l'année 1854, portaient les ordres suivants :
LB S]£N]éGAL«
« Nous devons dicter nos volontés aux chefs maures pour le commerce des gommes. Il faut supprima les escales
Chef ouoloff.
en 1554, employer laforcCy si l'on ne peut rien obtenîr par la persuasion. Il faut supprimer tout tribut payé par
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nous aux Etats da fleuve, sauf à donner^ quand il nous plaira; quelques preuves de notre munificence aux chefs dont nous serons contents. Nous devons être les suzerains . du fleuve. Il faut éfnanciper complètement le Oualo en l'arrachant aux Trarzas, ei protéger en général les populations agricoles de la rive gauche contre les Maures. Enfin il faut entreprendre l'exécution de ce programme ave conviction et résolution. »
C'est à M. Faidherbe, nommé successivement chef de bataillon, lieutenant-colonel et colonel du génie, gouverneur du Sénégal du 16 décembre 1854 au 4 décembre 1861, puis du 14 juillet 1863 au 12 juillet 1865 — il était alors général de brigade — qu'il fut donné de réaliser la plus grande partie de ces énergiques instructions.
De 1854 à 1885, nous avons successivement entrepris et mené à bonne fin les opérations suivantes : conquête du Oualo ; guerre contre les Trarzas et leurs alliés du Oualo ; guerre des Bracknas ; guerre contre Ali-Hadji- Omar et ses adhérents; expéditions de Nguick; de Niomré ; de Sine ; de la Basse-Casamance ; du Cayor ; de la Haute-Casamance (Souna) ; de Sine et de Salom ; opérations militaires dans le Cayor ; expéditions contre les Sérères; afïaires du Fouta ; conquête du Cayor j expédition du Bosséyabë ; expédition deà Guimbering
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(Basse-Casamance) ; guerre contre Maba ; guerre contre Lat-Dior et Ahmadou-Cheikou ; campagnes de pénétration vers le Niger ; prise de Sabouciré ; mission Galliéni et opérations du colonel Borgnis-Desbordes ; première campagne (1S80-1881) ; deuxième campagne (1881- 1882); troisième campagne (1882-1883) ; quatrième campagne (1883-1884) ; cinquième campagne (1884^1885) ; opérations dans le Fouta sénégalais ; opérations dans ,1e Cayor. . -
Ce ne serait pas trop d'un volume tout entier pour raconter, même en les résumant et en leur ôtant par suite une grande partie de leur intérêt, ces différentes campagnes, pour redire les efforts héroïques de nos officiers et de nos soldats. Le général Faidherbe Ta fait d'ailleurs avec une simplicité pleine d'éloquence (1) et ce serait à la fois une témérité et une besogne inutile que de l'entreprendre après lui. Nous nous bornerons donc à le suivre rapidement dans son récit, nous contentant de noter au passage les résultats acquis et d'extraire du volume cité quelques passages typiques.
. Là conquête du Oualo, territoire situé immédiatement au sud de Saint-Louis, se fit de janvier 1855 à décembre
(1) Annales êénégalaUes,
de la même année. Nous j fumes aidés par le concours des volontaires de Saint-Louis. Il est curieux de noter que ces gens avaient l'habitude de nous prêter assistance, mais en se réservant la faculté de marchander leur concours et de discuter, en pleine expédition, s'ils continueraient ou non à marcher. C'est à cette époque qu'on leur fit comprendre qu'une telle manière de faire ne saurait plus être tolérée.
a: Une fois bien avertis, ils montrèrent toute l'obéissance qui convient à des troupes, firent preute de courage et de dévouement dans bien des circonstances et rendirent de très bons services, surtout dans lesrazzias.... Les insoumis du Oualo prirent encore part à la lutte des Trarzas contre nous jusqu'à la conclusion de la paix avec cette tribu, en 1858... Aujourd'hui le Oualo est un pays tout français, parfaitement soumis aux chefs que nous lui avons donnés, et qui se livre avec ardeur à la culture et au commerce pour rétablir sa prospérité et oublier ses longues souffrances. »
Dans la guerre contre les Trarzas, nous eûmes à combattre un chef puissant et redouté, Mohammed-El-Habib.
Vont donner une idée du peu de cas que tous ces genslà faisaient de nous, citons l'incroyable réponse qu'il adressa au gouverneur. Celui-ci lui avait écrit que la
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paix n'était possible qu'aux conditions suivantes : suppression des escales^ suppression des coutumes, renonciation au Oualo, cessation des pillages sur la rive droite. Mohamraed-EUHabib répondit : « J'ai reçu tes conditions ; voici les miennes : augmentation des coutumes des Trarzas, des Braknas et du Oualo ; — destruction immédiate de tous les forts bâtis dans le pays par les Français ; — défense à tout bâtiment de guerre d'entrer dans le fleuve ; — établissement de coutumes nouvelles pour prendre de l'eau et du bois à Guet-Adar et à Bop- Nkior ; — enfin, préalablement à tout pourparler, le gouverneur Faîdherbe sera renvoyé ignominieusement en France.. 2>
Il n'y avait plus qu'à infliger de sanglantes défaites à cet outrecuidant personnage, et c'est ce que firent nos vaillantes troupes à diflférentes reprises. Ce ne fut pas toutefois sans des difficultés considérables, car les Trarzas, aussi bien que les Maures qui combattaient en même temps contre nous, montrèrent en toute circonstance un véritable courage et nous opposèrent une résistance vigoureuse.
« On voit par l'affaire de Gaudon, écrit le général Faidherbe, que les Maures ne sont pas aussi lâches qu'on veut bien le dire^ et qu'ils se montrent quelquefois.
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au contraire, pleins d'audace et'^d'énergie. A Langobé, aacan ne sourcilla devant la mort ; il y eut même de la part de Tan d*eux un trait de dévouement qui mérite d'être raconté. Nous avons dit tant de mal des Maures, qu'il ne serait pas juste de laisser passer une occasion d'en dire du bien. Il y avait au combat de Langobé trois frères, cousins du roi des Trarzas, Mokhtar, Mohammed et Ibrahim ; avec eux se trouvait un jeûne enfant, fils de Mokhtar* Ibrahim montait une jument du roi des Trarzas^ nommée El-Bouïda (Blanchette), jouissant d'une grande réputation de vitesse, et portant çn croupe le jeune fils de Mokhtar. Il dit à ce dernier de monter, lui troisième, sur la jument pour se sauver. Mokhtar répondit : Ce serait nous perdre tous trois ; sauve l'enfant , Mohammed et moi nous allons nous faire tuer ici pour protéger votre fuite. Quelques spahis étaient déjà sur eux et les sabrèrent, mais la jument put mettre ses cavaliers en sûreté. »
La guerre contre les Trarzas avait commencé au mois de mars 1855. Le 20 mai 1858, Mohammed-El-Habib signa avec nous un premier traité qui nous donnait satisfaction et par lequel il reconnaissait, entre autres choses, en son nom et au nom de ses successeurs^ que les territoires du Oualo, de Gaé, de Bokal, du Toubé, de Dia-
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lakar, de Gaudiole, de Thionq, de Djiaos et de N'diago appartenaient à la France . en toute puissance et propriété. Le 10 juin suivant, Mahommed-Sidî, « roi d'une partie dés Braknas >, consentait un traité analogue, et son compétiteur Sîdi-Ely signait le double du même traité pour le cas où il l'emporterait. Toutefois la lutte ne put être considérée comme complètement terminée que vers la fin de 1859.
Omar (Al-Hadji) était un marabout toucoufeur, qu avait fiait le pèlerinage de la Mecque (1), où il avait passé plusieurs années, et qui jouissait parmi les siens d'une haute réputation. Il prêcha contre nous la guerre sainte et la soutint avec la plus grande énergie. Nous eûmes â lutter contre lui depuis la fin de 1854 jusqu'à la fin de. 1860. Voici comment il terminait une lettre adroite et perfide adressée par lui dès le début aux habitants de Saint-Louis :
<L Maintenant je me sers de la force, et je ne cesserai que lorsque la paix me sera demandée par votre tyran (le gouverneur), qui devra se soumettre à moi, suivant ces paroles de notre maître : Fais la guerre aux gens qui ne croient ni en Dieu, ni au jugement dernier, ou qui ne se
(1) Al-Hadji signifie le pèlerin.
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conforment pas aux ordres de Dieu et de son Prophète, au sujet des choses défendues, ou qui, ayant reçu une révélation, ne suivent pas la vraie religion (les juifs et les chrétiens) jusqu'à ce qu'ils payent la Djézia par la force et qu'ils soient humiliés.
(L Qaant à vous, enfants de Ndar (Saint-Louis), Dieu vous défend de vous réunir à eux ; il vous a déclaré que celui qui se réunira à eux est un infidèle comme eux, en disant : Vous ne vivrez pas pêle-mêle avec les juifs et les chrétiens : celui qui le fera est lui-même un juif ou un chrétien. Salut! '»
Dans notre lutte contre Al-Hadji-Omar, nous eûmes pour allié un chef indigène, Boubakar-Saada, dont le concours ne nous fut pas inutile. Un moment, en 1856, notre situation fut des plus critiques. C'est à cette époque que le Pèlerin alla mettre le siège devant Médine. Cette ville, heureusement, était commandée par un homme des plus énergiques, Paul HoU, qui avec des forpes bien inférieures à celles de l'ennemi résista héroïquement à ses attaques, malgré les cruelles privations imposées par la famine aux défenseurs de la place. Cette terrible situation dura du 11 mai au 18 juillet, et elle aurait fini d'une façon tragique pour les nôtres, si le gouverneur n'avait pu, malgré les plus grandes difficultés,
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venîr à leur secours. Lorsque les Toucouleurs eurent été mis en fuite, les défenseurs, le commandant Paul HoU en tête, dît le général Faidherbe, se jetèrent dans les bras de leurs libérateurs, avec une joie ^u'il est inutile de décrire.
Mais quel spectacle navrant pour ces derniers I Plus de 6,000 individus, en grande majorité femmes et enfants, entassés presque sans abri et au milieu des immondices dans un espace de moins de 5,000 mètres carrés!. ..• La faim se peignait sur tous les visages : depuis plus d'un mois, on ne se nourrissait que de quelques arachides, et on n'avait pas de bois pour les faire cuire* Les maladies ravageaient cette multitude afiamée, et, pour achever le tableau, trois à quatre cents cadavres ennemis, dans un affreux état de putréfaction, au pied de l'enceinte, empestaient l'air environnant.
L'ennemi ayant été repoussé hors de vue de la place, la population sortit en toute hâte, n'ayant pas assez d'expressions ni de gestesfpour témoigner sa reconnaissance au gouverneur, ainsi qu'à ses officiers et à ses troupes.
Les femmes se précipitaient sur les moindres morceaux de bois, comme si c'eût été des objets précieux, pour allumer un peu de feu et faire bouillir des racines ; d'autres cueillaient et mangeaient l'herbe crue.
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On se mît aussitôt à nettoyer les envîrons ponr faire disparaître les causes d'infection, qui eussent pu devenir fatales, et à faire évacuer le fort pour y installer les troupes.
Une expédition entreprise au mois d'octobre 1859, et qui se termina par la prise de Guémou, mit fin à la guerre contre Al-Hadji-Omar, Il signa en août 1860 un traité fixant les territoires qui lui restaient et ceux que nous avions conquis. Les premiers sont peu à peu venus augmenter les seconds, depuis que le Pèlerin est mort et que, comme on le verra plus loin, nous avons mené à bonne fin nos campagnes de pénétration vers le Niger.
Kous ne pouvons que mentionner en passant l'expédition dirigée en décembre 1856 contre le chef du village de N'guik, expédition qui ^nous rendit maîtres du N'diambour tout entier, soumis depuis cette époque à notre domination.
Il en est de même de la campagne faite en mai 1859 dans le Sine, sur la côte, au sud de Gorée ; elle fut suivie de traités qui placèrent le Baol, le Sine et le Saloum sous le protectorat de la France.
Des résultats analogues furent obtenus en mars et en novembre 1860, et en février 1861, par les expéditions* envoyées contre les populations Djola de la Basse-Casa-
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mànce^ contre les populations Balantes qui habitent yen la partie moyenne du fleuve, enfin contre les populations musulmanes mandingues tle la Haute-Casamance.
Les opérations militaires dans le Oayor durèrent plus longtemps et offrirent de plus grandes difficultés. Ce pays, situé au cœur même de notre colonie, entre Saint- Louis et Dakar, avait cependant, jusqu'en 1860, complètement échappé à notre influence. Nos traitants ne pouvaient y pénétrer qu'en s'exposant à mille vexations de tout genre. Biraïma, damel de la région, avait consenti en 1859 à nous permettre d'y établir une ligne télégraphique et des relais pour nos courriers ; mais quand son fils Macodou lui eut succédé, il retira cette autorisation. C'est pour obtenir l'exécution du premier traité que^ le 2 janvier 1861, une colonne expéditionnaire fut lancée dans le Cayor. Elle établit successivement des postes à M'Boro, à Gandiole et à Lampoul ; Macodou, pris de peur, ne tarda pas à nous concéder le territoire situé entre la côte et les Niayes, à promettre sa protection à tous les nôtres dans le Cayor, enfin à garantir la sécurité de la roule entre Dakar et Saint-Louis. Malheureusement il ne tint aucune de ses promesses ; nous dûmes faire contre lui une nouvelle démonstration aum'oîs de mars et nous finîmes parle déposer. Nous le remplaçâmes d'abord pkv
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Madiodo, ensuite par Lat-Dîor. Ce dernier, bien qu'il fût notre créature, se conduisit avec si peu de loyauté^ qu'il fallut le combattre en 1863, et, après avoir établi un poste à N'guiguis, au centre de son pays, le mettre en fuite et le remplacer par Madiodo. Le nouveau damel nous abandonna par traité le Diambour, le M'baouar, r\ndal et le Sagnokor. Lat-Dior^ malheureusement, tenait toujours la campagne^ menaçant le poste de N'guiguis, et réussissant à nous causer des pertes sensibles, notamment dans le combat du 30 décembre 1863. .(( De 140 hommes environ dont se composait la colonne, dit le général Faidherbe, il ne revint que 20 spahis^ dont 8 blessés, 2 officiers, 1 docteur et 16 tirailleurs dont 9 blessés ; nos alliés perdirent en outre beaucoup de monde. » En revanche, Lat-Dior- subit à Loro, le 11 janvier 1864^ une sanglante défaite. A la suite de notre victoire, tous ses partisans l'abandonnèrent et vinrent faire leur soumission à notre allié Madiodo. Comme ce dernier ne renonçait point à ses déplorables habitudes de trahison, nous primes le parti de diviser le Cayor en cantons, que nous plaçâmes sous l'autorité de chefs nommés par nous..
Depuis ce moment, sans compter les expéditions destinées à protéger nos commerçants ou à les venger,
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nous eûmes encore deux gaerres importantes dans le Cayor : Tune contre Maba, l'autre contre Ahmadou- Cheîkou,
Maba était une sorte de prophète originaire du Fouta. Il avait réussi, en 1861, à se rendre un moment maître du Bip, province duSaloum, puis, en 1863 et 1864, du Salouùi tout entier et du Badibou. Encouragé par ses succès d'autrefois, il s'allia en 1865 avec Lat-Dior, le damel dépossédé, et tenta de conquérir le Djolof, le Diambour et le Cayor. Au mois de novembre de cette même année, M. Knet-Laprade, alors gouverneur, dut marcher contre lui. Il lui infligea de nombreuses défaites, et, le 30 novembre, après une brillante victoire^ s'empara de Nioro, capitale du Bip. Maba se révolta de nouveau en 1867 ; mais il perdit le 18 juillet une bataille importante, dans laquelle il fut tué, ainsi que son fils, son neveu et son principal lieutenant. Son allié Lat-Dior ne put faire autrement que de se soumettre, et nous le nommâmes alors chef de Guet, son canton natal, dans le Cayor.
Cela ne l'empêcha pas de prêter son concours^ en cette même année, à un autre prophète qui nous déclara la guerre, Ahmadou-Cheikou. Nous les battîmes par deux fois, en 1867 et 1869. En 1871, Lat-Dior ayant
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fait de nouveau sa soumission, nous le nommâmes damel du Cayor. Il sera de nouveau question de ces d'eux personnages, dans le chapitre suivant.