CHAPITRE V
(Climat. Flore. Faune).
A. — Climat.
La zone subsaharienne à laquelle appartient le Bas-Sénégal est soumise au climat continental, tempéré légèrement sur la côte par le voisinage de la mer.
L'année se divise en saison humide et saison sèche et Ton nomme hivernage au Sénégal, de même qu'aux Antilles, la saison des pluies qui correspond cependant aux mois d'été.
La température moyenne de Saint-Louis est d'environ 20^^ centigrades ; elle monte à 27° pendant l'hivernage de juin à octobre ; l'atmosphère est alors imprégnée d'une humidité chaude, beaucoup plus pénible pour TEuropéen que les ardeurs sèches du soleil saharien. C'est le moment où les organismes, débilités par un ralentissement général des combustions, offrent une proie plus facile aux maladies chroniques et épidémiques.
A l'intérieur, la saison pluvieuse est de plus en plus réduite à kl précipitation de quelques averses d'été ; dans la basse vallée du Sénégal, la chaleur est plus lourde et plus constante qu'à la côte ; il y manque, en effet, l'échange quotidien des brises de terre et de mer, et Podor, où se termine la navigation du Sénégal en hiver, est un des « enfers du globe ».
Les plateaux dans lesquels est inséré le fleuve sont balayés par des vents du Nord et Nord-Est qui, s'ils n'apportent pas de fraîcheur, renouvellent sans cesse et nettoient l'atmosphère ; le
couloir fluvial échappe à ces influences bienfaisantes, de sorte que la région la plus saine est celle où les eaux superficielles sont plus rares.
La raison de cette salubrité plus grande est dans les excès du climat continental ; l'intensité du rayonnement nocturne est telle que la température oscille, dans les vingt-quatre heures de
11 nous paraît intéressant de donner, à titre d'indications, les tableaux des observations météorologiques qui ont été faites à Saint-Louis et à Dakar pendant Tannée 1903 (Voir ces tableaux page 63 et 64).
B. ~ La flore
La colonie du Sénégal, que sa situation dans l'hémisphère Nord, met à quelques jours des ports européens, possède de nombreuses sources de prospérité qui se sont déjà partiellement révélées : ses territoires, notamment que l'on représente souvent comme uniformément sableux et arides, présentent au contraire des aspects variés et sont pour la plupart productifs.
Bien que diminuant d'importance à mesure que l'on s'élève en latitude, les chutes de pluie sont partout assez abondantes pour rendre possibles les cultures et la large vallée du fleuve Sénégal, fertilisée par les inondations annuelles, constitue une région d'avenir.
La véritable limite qui sépare au Nord le Sénégal des régions désertiques est formée par le rebord des plateaux qui marquent, au delà du fleuve, la frontière géologique du Sahara.
Dans son ensemble, la colonie peut être considérée comme un immense plateau pourvu d'une pente à peine sensible de direction Est, Ouest. Les derniers contreforts du massif montagneux du Fouta Djallon s'étendent sur la région Sud-Est qui possède seule un relief notable.
Les terres cultivables sont d'origines et de composition diverses. La vallée du Sénégal souvent fort large, ses îles nombreuses et son vaste delta intérieur sont constitués par des dépôts quaternaires et actuels. Les vallées du Saloum et de la Casa-
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Mai. . . .
Juin . . .
Juillet . .
Août . . .
Septembre Octobre .
Novembre Décembre.
Fig. '^ . - Fatick (Marché aux chevaux),
Fig. 8. — Convois de chameaux.
mance renferment au Sud des terres d'aluvion. Au Sud, dans le Cayor, les terres sont presque uniquement silicieuses et silicocalcaires. Dans le Baol, on rencontre des sols où Targile est en forte proportion et qui sont parfois recouverts de sable quartzeux chariié par les vents. Les sols argileux dominent de plus en plus à mesure que l'on s'avance vers le Sud ; on n'observe plusle sable qu'en quelques points à N'Danda, à Joal, et, abstraction faite du territoire anglais delà Gambie, surles plateaux de la Gasamance.
Ces terrains variés portent une flore, moins riche que celle des régions équatoriales, mais qui se diversifie beaucoup, principalement selon la latitude.
Les régions botaniques. — Quatre régions botaniques se laissent distinguer, facilement, caractérisées par des espèces particulières et par les cultures qui y sont pratiquées ou qui y sont possibles.
La région du Nord comprend les deux rives du Sénégal et la partie centrale, au Sud du fleuve, appelée Ferlo et Fouta. G'est le pays des accacias à gomme (accacia Sénégal), des arbres et des arbustes épineux à croissance lente et à bois dur On y rencontre le Balamite ^gyptiaca, le goniaké et le neb-neb (variétés de l'a. arabica). Hors les forêts de gommiers, les arbres sont généralement clairsemés. Dans la région du Ferlo-Fouta la végétation herbacée, composée d'une grande quantité de graminées et de légumineuses, se développe avec vigueur pendant l'hivernage ; des troupeaux nombreux parcourent ce pays que de récentes explorations ont montré jalonné de lignes d'eau et possesseur des ressources encore inutilisées.
La région moyenne est constituée par le Gayor, le Baol, le Sine-Saloum. Les belles espèces d'arbres y sont nombreuses et les individus atteignent souvent une grande taille. Tels sont entr'autres le cnété, le caïlcédra (Kaya Senegalensis) ou acajou du Sénégal, le fromager, le palmier rônier, le cad, le baobab. De larges zones boisées sont parfois formées d'une seule de ces essences qui constituent parfois des forêts assez denses sur des terrains argileux et latéritiques, notamment dans le cercle de Thiès et les provinces Sérères. Beaucoup d'arbres, dans cette seconde région, produisent des fruits, peu charnus à la vérité et
souvenf âpres, mais estimés par les indigènes et quelques-uns même par les Européens. Ce sont principalement le iamaranier, le détah (detarium Senegalense), le Sapindus-Senegalensis, le poirier et le cerisier du Cayor.
La flore de la troisième zone (Casamance) se rapproche de la flore tropicale ; sur les bords du fleuve et de ses nombreuses ramifications les palétuviers végètent puissamment. Dans les forêts, les arbres atteignent de fortes dimensions. On peut citer, parmi les espèces caractéristiques, VEryiropleum guineense ou taie, le Pentaclethra macrophijlla, le Parkia biglobosa, le fromager, le palmier à huile, enfin la liane à caoutchouc est commune surtout dans la Basse-Gasamance.
La quatrième et dernière région est constituée par la zone maritime des Niayes. La côte entre Lembouchure du Sénégal et Dakar est bordée de dunes et l'eau qui tombe sur leur versant occidental, arrêtée par le sous-sol argileux, forme des nappes souterraines très rapprochées de la surface des mares. Cette humidité persistante favorise la végétation et lui donne un caractère méridional qui fait contraste avec celui de la seconde région à même latitude. On rencontre là le palmier à huile et le liane à caoutchouc qu'on ne retrouve qu'en Casamance, le palmier nain, le poirier de Sedtiiou ou Ndiar. Sur les dunes croissent des cyperacées et des grauiinées maritimes, quelques arbustes rabougris, le cad, le poirier du Cayor, le tamaria du Sénégal.
Ces provinces botaniques coïncident à peu près avec les zones de répartition des cultures. Il faut mettre à part la vallée du Sénégal, en raison des conditions particulièrement favorables qu'elle présente pour la culture à cause des terres inondées et des possibilités futures d'irrigation. D'une façon générale les mils, petits et gros, dont il existe de nombreuses variétés, sont cultivés dans la première et seconde région; l'arachide caractérise plus particulièrement cette dernière. Le riz est cultivé en basse et moyenne Casamance ; le cotonnier pourra donner de bons résultats en moyenne et haute Casamance. Enfin la région encore inutilisée des Niayes pourra être plantée en cocotiers, auxquels le climat maritime convient particulièrement.
Principales espèces (1). — Parmi ces principales espèces^, il convient de signaler :
a) Les plantes fournissant des produits industriels ;
b) Les plantes alimentaires;
c) Les plantes utiles diverses.
a) Plantes fournissant des produits industriels. — Parmi les produits industriels, il faut en première ligne citer Varachide qui est de tous les produits végétaux celui qui est exporté en plus grande quantité. Le palmier à huile^ très commun dans toutes les Rivières du Sud, remonte le long de la côte jusqu'au dessus de la presqu'île du Cap Vert. Dans le Haut-Niger, il vient jusqu'aux environs de Siguiri. Le karité est une des essences les plus abondantes etles plus caractéristiques delà flore du Soudan. Le touloukouna croît abondamment le long des cours d'eau et dans les lieux frais de la Casamance, de la Gambie, dans le territoire de la Volta, dans le Sud du cercle de Bougouni.
Le sésame qui existe presque partout dans la boucle du Niger, la haute Gambie et la Casamance, est plus rarement cultivé au Sénégal. Le ricin réussit bien dans les terrains de l'Afrique occidentale et on en rencontre une race à petites graines dans presque tous les villages du Sénégal.
La gomme du Sénégal est fournie presque toujours par M acacia Vereck qui est surtout abondant au Sénégal, dans les forêts d'Alfabak et de Lébiar sur la rive droite du Sénégal, la forêt de Bounouni dans le Djolof.
Tout le caoutchouc de l'Afrique occidentale française est fourni par une seule espèce de Landolphia appelé Toll (wolof), folé (mandingue), goïne (bambara) : c'est un des plus beaux arbustes de la flore tropicale, qui, sur les plateaux de latérite, forme souvent des buissons arrondis très touffus, élevés de 3 à 8 mètres. La zone où le Landolphia Hendelolii est plus abondant est comprise entre 9°30 et 11°30 de latitude Nord. La liane devient
(l) On consultera avec profita ce sujet: Aug. Chevalier, Une mission au Sénégal. Paris, 1900, in-8 ; on y trouvera une intéressante bibliographie de la flore sénégalicnne, p. 258 et sq.
rare au ISord comme au Sud de ces parallèles : San est sa limite Nord extrême. Dans les points où le Landolphia est le plus abondant comme aux environs de Sindou, de Bobo-Dioulasso, sa densité atteint jusqu'à 500 lianes l'hectare, mais ces taillis où la liane est très répandue ont rarement plus d'un kilomètre de longueur ; on peut ensuite marcher longtemps en ne rencontrant que des pieds isolés.
Il n'existe peut-être pas un village dans tout le Sénégal qui ne cultive au moins quelques pieds de cotonniers. Lg coton qu'ils produisent n'est pas de très belle qualité ; sa soie est ordinairement courte, souvent tachée de rouille, couverte d'étoiles.
Les indigènes de l'Afrique occidentale ne se contentent pas de lisser des pagnes avec la laine de leurs troupeaux et le coton de leurs cultures, mais ils teignent encore ces étoffes, et même une partie de celles qui leur viennent d'Europe, en couleurs variées et souvent résistantes.
Uindigotier se rencontre dans presque toutes les provinces du Sénégal ; le palétuvier , si commun dans les Rivières du Sud, et en particulier en Casamance, possède une écorce riche en tannin et serait exploitable avec le bon marché du fret.
b) Plantes alimentaires. — Les arbres fruitiers des pays tempérés viennent ordinairement mal au Sénégal ou donnent des fruits peu agréables ; tels sont : le pommier, le poirier, l'abricotier, le prunier. La plupart des arbres fruitiers tropicaux ont été introduits dans les jardins européens du Sénégal et y sont producteurs, si on les cultive soigneusement Les plus répandus sont : le papayer^ le cocotier, le bananier, le citronnier, l'oranger, le mandarinier, le limonier, le goyavier, l'avocatier, le sapotillier.
Le mil est cultivé avec zèle par tou tes les peuplades de nos possessions de l'Afrique occidentale, ainsi que le millet. Le riz se trouve surtout en Casamance, où il présente de nombreuses variétés. Le /?2aï6 est cultivé principalement autour des habitations et les Noirs mangent ordinairement ses épis grillés dans le feu ou la graine pilée en couscous.
Le manioc se rencontre en beaucoup de points du Sénégal, où ses tubercules «e mangent cuits ou crus et ses feuilles servent
à confectionner des sauces de couscous. Divers ignames sont cultivés pour leurs gros tubercules en Gasamance et, dans les endroits frais delà colonie, spécialement autour des habitations ; à proximité des marais ou des cours d'eau, abondent les patates.
Le gingembre est cultivé en petite quantité par quelques Maur dingues de Gasamance, où il y réussit bien. Les Noirs du Sénégal font usage du poivre africain ou cubèôe^k petits grains noirs, de la grosseur d'un grain de Ganis. Le piment nozV est produit par un arbre dont il existe quelques représentants au Gap-Vert, mais qui est commun surtout en Gambie et en Gasamance.
Le Catjang ou haricot indigène se rencontre dans les champs de l'Afrique occidentale, et les Diolas de Gasamance cultivent le haricot d'Afrique qui ressemble un peu à la variété dite de Soissons.
Le papaye est le seul fruit que l'on trouve chez presque tous les indigènes de la colonie ; la noix de Kola doit devenir un des produits d'avenir en Gasamance et dans les territoires de nos colonies del'Afrique occidentale situées au sud du 12° de latitude nord. En général, on a limité son habitat à la zone comprise entre le 10° et le 7o.
c) Plantes utiles diverses. — Des forêts assez étendues existent dans la zone guinéenne et la brousse de la zone soudanienne est parfois assez dense pour se prêter à une exploitation régulière et suivie. Le cailcédrat^ appelé, encore acajou du Sénégal, doit ce nom à la belle teinte de son bois ; les fibres sont fines, mais les rayons médullaires trop apparents. Le Vène possède un beau bois rose très dur. Il faut encore citer le Oitale, au bois d'un rouge noirâtre, le lali, d'une belle couleur foncée, \q fok^ le dimb, d'un bois jaunâtre facile à travailler.
Le clinting est un bambou bien indigène au Sénégal, qui se rencontre abondamment en Gasamance et dans le sud du Soudan à partir de Badourbé ; à proximité de la côte, il s'étend au Nord jusqu'à Thiès.
Les Noirs de toutes les peuplades africaines traitent leurs maladies avec des plantes indigènes et souvent avec succès. Parmi ces plantes, on peut mentionner : rhuile de ricin ou de pignon d'Inde, le thé de Gambie, qui fournit une boisson théiforme
légèrement sudorifîque, l'écorce de Goniaki^ réduite en poudre, qui sert à panser la plaie résultant de l'opération de la circoncision, le Nguei\ absorbé contre les rhumes et les maux de poitrine. Certaines plantes sont d'une toxicité extrême et les indigènes de diverses races les emploient pour empoisonner leurs armes, faire disparaître leurs ennemis, ou mettre à l'épreuve leurs prétendus sorciers. La plus célèbre est le Tali^ un des plus grands et des plus beaux arbres de la Gasamance. La fève de Calabar n'existe pas au Sénégal, mais elle est apportée de Guinée jusqu'au marché de Saint-Louis, où on la vend comme grigri. Dans la Haute-Gasamance, la Haute-Gambie et sur les bords du Niger et de ses affluents, les pêcheurs cultivent une plante appelée Diefa diaba, dont les feuilles séchées, pilées et jetées dans Teau font périr le poisson qui reste néanmoins comestible. « D'une façon générale, il est prudent de ne pas toucher les plantes que Ton ne connaît pas et surtout de s'abstenir d'en goûter les fruits, si beaux qu'ils soient ». G'est ainsi que le Strychnos innocuum n'est pas aussi inoffensif que son nom semblerait l'indiquer, et contient probablement de la strychnine, comme la noix vomique, mais en moins grande quantité.
C — La faune.
Dans son Traité de géographie zoologique^ Wallace ne consacre que quelques lignes au Sénégal pour signaler la situation mixte de ce pays. Dans la majeure partie de la colonie, le climat, la flore, le sol présentent de grandes analogies avec les caractères correspondants du Sahara et du Soudan : il en résulte tout naturellement une affinité de faunes ; le pays relève effectivement de la province éthiopienne et nous en retrouverons les formes caractéristiques : lion, chacal, hyène, chameau, etc. Mais, d'autre part, le voisinage des Rivières du Sud et du Fouta- Djallon introduit dans la faune un contingent nouveau, celui
(1) Parmi les travaux qui se rapportent à la faune du Sénégal, nous citerons ceux de M. de Rochebrune et parliculièretnent sa Faune de la Sénégatnbie, publiée par la Société Linneenne de Bordeaux et la remarquable notice de M. Cligny sur Faune du Sénégal de la Gasamance (dans Une Mission au Sénégal. Paris, 1901, in-8), à laquelle nous avons fait de nombreux emprunts.
des forêts du centre africain (singes, certaines antilopes, etc.). En particulier, le Fouta-Djallon avec ses plateaux plus ou moins élevés, offre une série de stations très distinctes et une série de climats très différents où peuvent coexister des faunes à tendances diverses ; la chose doit être surtout sensible pour les animaux domestiques si nombreux dans cette région de pâturages.
a) Animaux domestiques.
Mammifères. — Le Sénégal possède quantité d'animaux domestiques qui méritent de retenir l'attention pour les services qu'ils rendent dès maintenant au pays et pour ceux plus grands encore que Ton peut espérer de l'amélioration des races.
Les chevaux sont très nombreux dans toute la colonie, à l'exception de la Basse-Gasamance. Les deux races du pays sont le cheval du fleuve et le M'Bayar, dont le principal centre de production est le canton du Baol oriental.
On trouve également une race de petits dnes très sobres et très résistants, assez vigoureux pour porter une charge de 50 kilogrammes, qui rendent beaucoup de services aux indigènes pour les transports. Leur nombre est assez élevé surtout dans le cercle de Podor, qui en fournit du reste au Cayor et au Baol.
Les bœufs constituent de grands troupeaux généralement aux mains des Peulhs ; on peut en distinguer trois types : le bœuf à bosse ou bœuf porteur ; le grand bœuf sans bosse, dont on rencontre des échantillons superbes dans le Oualo, et surtout dans le Djolof et le Baol oriental ; le petit bœuf, qui est une bonne race de boucherie et la meilleure laitière du Sénégal.
Les chameaux ou plutôt les dromadaires sont assez nombreux dans la colonie, bien que le pays leur convienne imparfaitement ; presque tous appartiennent aux Maures qui pendant l'hivernage les emmènent sur la rive droite du fleuve. Venue la saison sèche, eux ou leurs captifs descendent vers le Sud par Saint- Louis, Dagana ou Podor, et ils échangent les produits de leur pays contre des marchandises de l'escale.
En 1886, on estimait à 15.000 le nombre des 7noiitons\ ce
chiffre est aujourd'hui bien au-dessous de la réalité et il y a peu d'indigènes qui ne possèdent trois ou quatre moutons : on distingue le mouton de Bakel, remarquable par ses pattes très longues, sa tête fortement busquée au chanfrein et le mouton du Fouta-Djallon, possédant des pattes très courtes, des cornes peu enroulées. De même il existe deux races de chèvi^es^ l'une grande, l'autre petite.
Le porc est extrêmement rare dans tout le pays musulman, c'est-à-dire dans la majeure partie du Sénégal; en revanche, il est fort abondant dans la Casamance.
Volailles. — La volaille est représentée au Sénégal par des poules, fort nombreuses et presque partout à bon marché, et des canards, particulièrement abondants en Casamance.
Abeilles. — Le seul insecte domestique du Sénégal est l'abeille, les tentatives d'élevage du ver à soie et de la cochenille ayant chaque fois échoué. Dans le Baol, les provinces sérères et la Casamance, on se livre à une véritable exploitation de cet insecte et les arbres qui avoisinent les villages sont chargés de ruches.
b) Animaux sauvages.
Le Sénégal est un beau pays de chasse, où l'on rencontre en abondance le gibier le plus varié ; mais à mesure que la population augmente, que les cultures s'étendent et avec elles le débroussaillement, les animaux de grande taille s'éloignent chaque jour des escales.
Les singes sont fort nombreux, surtout en Casamance et dans le Fouta-Djallon : le singe rouge très commun le long du fleuve et qui parfois s'aventure jusqu'à Leybar, le golo que beaucoup d'Européens conservent en captivité^ le boubou qui ne descend guère en deçà de Bakel.
Le lion présente une variété locale dépourvue de crinière, mais qui égale pour la taille et la force les plus beaux lions de l'Atlas ; il est remarquable par son pelage jaune clair avec parfois des taches fauves sur les membres ; on le rencontre particulièrement sur les deux rives du fleuve en amont dePodor, dans la forêt qui s'étend sur le Oualo, le Djolof et le Diambour, et
enfin dans tout le Ferlo ; pendant la saison sèche, il vient s'abreuver au fleuve ou aux marigots, c'est-à-dire près des lieux habités, et à cette époque, il commet quelques déprédations dans les troupeaux ; pendant l'hivernage^ au contraire, il s'enfonce dans la grande brousse^ et vit presque exclusivement de gibier.
Malgré une croyance très générale, la panthère n'existe pas au Sénégal^ et, d'après les travaux de de Rochebrune, le fauve auquel on donne ce nom est un léopard de grande taille avec quelques caractères spéciaux dans le pelage ; il est assez rare dans le bas Sénégal, bien qu'il se soit à plusieurs reprises aventuré jusqu'à Richard-Toll ; il est plus fréquent dans le haut fleuve et surtout dans la Gasamance et les Rivières du Sud.
Le guépard^ plusieurs variétés de chat-iigre, le lynx se rencontrent jusqu'à Podor et même plus près de Saint-Louis.
Aux environs de Yang-Yang, on trouve à l'état sauvage un chat gris avec zébrures plus foncées qui paraît être le felis Bonvieri de de Rochebrune ; cet animal serait un retour du chat domestique à l'état sauvage. La civette se rencontre dans le Gayor et le Oualo ; en outre, les indigènes confondent sous le nom de sicor plusieurs espèces de viverridés à odeur nauséabonde, parmi lesquelles la mangouste ou ichneumon d'Egypte grand destructeur d'œufs de serpents et de caïmans.
Les canidés sont représentés par le chien laobé, par des loups, un chacal identique à celui de l'Algérie, des renards de ditïérentes sortes et des hyènes.
Le fleuve et les marigots étaient autrefois peuplés de lamentins dont la peau fort épaisse était utilisée pour faire des cravaches ; ces animaux sont devenus assez rares.
Si V éléphant existe encore dans le Sénégal proprement dit, il doit y être également en petit nombre ; on en tue encore de loin en loin dans la Haute-Casamance; enfin, il doit s'en trouver dans le Fouta, le Ferlo^ le Boundou, et d^autant plus qu'on se rapproche davantage de Fouta-Djallon.
Les forêts de l'intérieur possèdent de nombreux troupeaux de biches, gazelles et oryx.
Les rongeurs sont représentés par des lièvres et des lapins qui fréquentent de préférence les endroits sablonneux, plusieurs
espèces de porc-épic stationnées surtout en Gasamance, puis une série d'écureuils.
Les insectivores du pays sont surtout les hérissons dont il existe plusieurs espèces. Les chauves-souris sont très nombreuses et variées, surtout dans la Casamance : le xantarpia straminea ou tonga des Ouolofs est abondant à Saint-Louis et atteint jusqu'à 16 centimètres de long et 65 centimètres d'envergure.
Les édentés du Sénégal trouvent dans le manis ou pangolier remarquable par sa cuirasse cornée et Yorycteropus au corps glabre et au groin allongé deux représentants curieux, grands destructeurs de fournis.
Oiseaux. — Le monde des oiseaux est aussi riche par le nombre et la variété des espèces que par l'éclat et la beauté de certaines d'entre elles. Tontes les nuances les plus vives, les formes les plus gracieuses se rencontrent dans cette classe et de bonne heure, le commerce y a cherché des éléments de parure.
Aussi bien serait-il superflu d'énumérer les représentants des rapaces ou charognards (faucons, éperviers, vautours, etc.), des perroquets, des grimpeurs (pics, coucous^ coqs de pagode, couroucous, etc.), des passereaux (voiliers ou geais du Cayor, guêpiers rose, vulgaire ou vert, martins-pêcheurs, buceros, toucans, huppes, sucriers, hirondelles, martinets, corbeaux, étourneaux, merles métalliques, gonolecks, rossignols de murailles ou rouge-queue, etc.), des gallinacées (pintades, perdrix, cailles, etc.), des échassiers (outardes, vanneaux, grues, hérons, arjettes, etc.), des palmipèdes (oies de Gambie) ; des coureurs (autruche commune).
Reptiles. — Danr; toutes les rivières de l'Afrique occidentale, les caïmans sont fort nombreux ; ce sont en réalité des croco^ dites et l'on en distingue au moins deux espèces, le crocodilus cataphractus ou caïman noir, le crocodilus vulgaris ou caïman vert ; ce dernier a d'ailleurs une aire d'extension considérable puisqu'on le retrouve non seulement dans le Niger, mais encore dans le Nil. Le poisson forme leur nourriture habituelle ; parfois pourtant ils saisissent quelque bœuf ou quelque mouton à l'abreuvoir, mais il est rare que les caïmans s'attaquent à l'homme. Dans la Taouey, les pêcheurs passent leurs journées à
l'eau, occupés à consolider leurs barrages, à visiter leurs filets, sans être inquiétés le moins du monde par ces animaux qui pullulent dans cette rivière ; tout au contraire, le reptile devient leur proie et ils en sont extrêmement friands.
Le Sénégal et les rivières voisines abritent une grande tortue Carnivore à carapace molle, le trionyx œgyptiacus ; dans les marigots et les terres basses que l'inondation recouvre, on rencontre diverses paludines ; enfin dans l'intérieur du pays vivent plusieurs espèces terrestres, la testudo sulcata, dont le plastron est mobile, les pentonyx^ remarquables parce qu'elles ont cinq doigts à la patte postérieure comme au membre antérieur.
Parmi les sauriens, nous citerons le varanus niloticus^ qui est le tupinambis des voyageurs et que les colons appellent vulgairement gueule-tapée ; c'est un grand lézard qui mesure jusqu'à 2 mètres de long et qui présente une coloration gris foncé avec des points d'un jaune vif ; il habite de préférence le bord des cours d'eau et sa longue queue comprimée latéralement lui permet de nager très vite ; essentiellement Carnivore, il se nourrit d'oiseaux, de poissons, mais il est surtout gourmand d'œufs de caïmans, et ne dédaigne pas d'ailleurs les œufs de nos volailles.
Le Sénégal possède des échantillons divers de caméléons et les lézards abondent, tant par la variété des espèces que par le nombre des individus.
Il y a également — et surtout en Casamance — un contingent nombreux de serpents, qui se montrent peu pendant la saison sèche, mais qui reparaissent volontiers à l'hivernage, h'eryx thebaïciis, le python royal et le python de Seba figurent parmi les espèces non venimeuses ; des Solenoglyphes, les vrais serpents venimeux, une seule famille est représentée au Sénégal, qui fournit Yechidna inornata et Vechidna athropos àot Casamance, Vechidna mauritanica sur la rive droite du Sénégal.
Anoures, grenouilles et crapauds sont légion au Sénégal et les fleuves et l'Océan fourmillent de poissons aussi remarquables par leur taille que par la finesse de leur chair.
Poissons. — Entre le cap Rogadoretlecap Mirik les bancs sont visités par les islenos ou pêcheurs canariens qui font là de mer-
veilleuses récoltes. L'administration étudie d'ailleurs les moyens d'y installer des pêcheries et des sècheries perfectionnées. Les meilleures stations se trouvent au Sud du cap Blanc, sur les hauts fonds sablonneux de la baie du Lévrier et de la baie d'Arguin, c'est-à-dire sur une côte qui nous appartient. Ces bancs sont plus riches, moins éloignés et moins dangereux que ceux de Terre-Neuve. Les espèces dominantes sont des morues, espèces différentes de celles que l'on prend à Terre-Neuve, mais nullement inférieures : seiTanus jjapilionaceus^ s. fmihriatus^ s. fuscîis, s. œneus, s. acutirostris, mora mediterranea, phycis limbati(s, ph. mediterraneiis^ toutes espèces de grande taille pesant communément 7, 8 et jusqu'à 12 kilogrammes ; puis ce sont des labr^ax ou loups, des mulets, des sargues, des daurades, des trigles, des harengs : bref, une goélette de quarante tonneaux portant seize islenos capture journellement et prépare 3.000 kilogrammes de poissons.
Les pêcheurs de Dakar et de la petite côte sont actifs, et souvent heureux ; leurs captures les plus fréquentes sont : des requins, le marteau, le griset, le poisson scie, l'aigle de mer, les labres, le mulet, le splendide chry^ophrys, que les indigènes préparent en quantités énormes par une méthode bien rudimentaire, les soles^ le turbot, le hareng.
Dans les fleuves et les marigots voisins, nous retrouvons tout d'abord, jusqu'à une grande distance de la côte, certaines espèces de l'Océan, et cela ne peut surprendre si l'on songe qu'à la saison sèche, les eaux de la mer refluent jusqu'à Richard-Toll dans le Sénégal et jusqu'à Sedhiou dans la Casamance ; toute la tribu des requins, les labres et même les maquereaux et les soles pénètrent ainsi dans les rivières. Les eaux douces sont extrêmement peuplées et la pêche est particulièrement active à Podor, sur toute l'étendue du lac de Guier et surtout dans l'émissaire de ce dernier, la Taouey. Ce cours d'eau étroit et profond se trouve barré de place en place par des files de piquets auxquels les indigènes suspendent leurs filets ; le roi des eaux douces, c'est le capitaine ou polynemns, superbe poisson aux larges écailles, à la chair fine, qui mesure un mètre et davantage ; il est très abondant sur tous les marchés du fleuve :
à certaines époques, on a exporté ses écailles et sa vessie natatoire comme colle de poisson. Ylhydroctjon forskalii rappelle un peu le brochet par sa tête allongée, par son museau largement fendu, par ses dents redoutables, et les Européens lui donnent souvent ce nom ; la chair en est assez fine, mais toute remplie d'arêtes, ce que les Noirs expliquent de la façon suivante : certain jour, le brochet entreprit un long voyage, et chaque poisson de lui donner ses commissions ; pour éviter tout oubli, chacun lui confia en même temps une arête; mais le brochet fut fait prisonnier en chemin et toutes les arêtes lui restèrent.
Les marécages, les marigots vaseux et sans courants, abritent une faune très spéciale : ce sont d'abord les periophthalmes ou poissons sauteurs qui fourmillent particulièrement à Sohr et à Leybar ; leurs yeux sont très saillants et mobiles, leurs nageoires pectorales affectent Taspect de pattes et leur permettent de sauter^ de ramper voire même de grimper sur les branches obliques des palétuviers. Les Siluridés sont des poissons privés d'écaillés et pourvus de barbillons autour de la bouche ; leur nuque est souvent armée d'un robuste aiguillon ; on peut citer dans ce groupe schilbe senegallus, bagrus Adansoni, b, bayad, b. nigrita, b. maiirus^ pimelodiis occidentalis, clarias senegalensis^ heterobranchus senegalensis, enfin le malapterurus electricus qui produit de violentes commotions électriques. Toujours dans les mêmes marais, on rencontre le protoptenis aiinectans, Tun des trois dipneustes qui sont venus jusqu'à notre époque comme une relique de la faune triasique.
Invertébrés. — Il serait superflu de nous étendre longuement sur les invertébrés et FAfrique occidentale, myriapodes, tels que scolopendres et sentigères, arachnides, comme les scorpions, crustacés, représentés à la côte par les crabes et le homard, insectes '^d.vioYè très brillants comme le scarabé, élatérides, papillons, assez nombreux pendant Thivernage, orthoptères, vrais insectes de la brousse qui offrent une forme remarquable de criquets et d'espèces voisines, hyménoptères, représentés par plusieurs espèces d'abeilles dont la seule abeille sérère parait susceptible de domestication, et surtout une multitude prodigieuse de fourmis.
La plus grande de tontes mesure près de 2 centimètres et se rencontre presque toujours isolée ; pourtant elle vit en colonie dans un terrier profond à multiples galeries et parfois elle marche en colonne.
On la rencontre surtout au voisinage des ruches, car elle est très friande de miel et très capable au surplus d'attaquer une abeille ; une autre espèce non moins gourmande de miel, mais plus petite, se distingue par son abdomen rayé d'une bande transversale blanc grisâtre ; celle-là niche sous Tccorce des arbres, et de préférence sur ceux qui portent des essaims. La fourmi la plus redoutée des colons et des indigènes est le magnan, grosse fourmi noire aux mandibules terribles : on la rencontre en colonnes étroites et serrées qu'il faut enjamber soigneusement ; du reste, les Noirs marchant en file indienne ont grand soin de se prévenir de proche en proche quand le sentier coupe une de ces colonnes ; si par malheur on y pose le pied, ne fût-ce qu^une seconde, on se trouve envahi par quelques dizaines de ces insectes redoutables dont la morsure fort douloureuse fait poindre une gouttelette de sang ; il n'est pas vrai d'ailleurs, comme on le croit souvent, que cette piqûre soit venimeuse et la douleur disparait rapidement quand la fourmi est enlevée ; ces fourmis carnivores détruisent en peu de temps les cadavres les plus volumineux ; elles ne dédaignent point d'entrer dans les habitations et Ton connaît des cas authentiques où elles ont dévoré des hommes vivants. Leurs colonnes présentent une discipline admirable : sur les deux bords, les guerriers sont rangés immobiles tournant vers l'extérieur leurs fortes mandibules ; dans cette haie protectrice roule le torrent rapide des ouvrières ; leur capture est d'ailleurs facile car il suffît de plonger dans la colonne un fétu de paille pour qu'il se garnisse immédiatement de magnans, guerriers et ouvrières qui ne lâchent plus cet engin menaçant.
Nous citerons encore une longue fourmi jaune fauve très grêle qui habite sur les arbres et s'y construit une curieuse demeure en assemblant toutes les feuilles d'un rameau ; il en résulte une coque grosse comme les deux poings où s'abritent quelques centaines d'individus ; cette fourmi, très agressive, fait une mor-
Fig. 9. — Bananiers.
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Fig. 10. — Les travaux du port de Dakar.
sure assez douloureuse. Pourtant elle n'est point Carnivore, et se nourrit de fruits
Enfin l'on trouve dans toutes les termitières de nombreuses fourmis appartenant à diverses espèces et qui paraissent faire bon ménage avec les hôtes légitimes de la maison ; il semble que ces fourmis commensales n'aient pas d'autre domicile que le logis emprunté, car on y trouve leurs œufs et leurs larves.
Les termites sont des orthoptères pseudo-névroptères qui vivent en colonies nombreuses admirablement policées, et parfaitement organisées pour la division du travail ; ils élèvent des monticules qui peuvent atteindre 2 mètres de haut et leurs galeries s'enfoncent profondément en terre. En Casamance, on trouve souvent des termitières peu volumineuses ayant la forme d'un champignon.
L'ordre des diptères comprend les moustiques qui pullulent dans la colonie, depuis les maringouins jusqu'aux mout-mouts lilliputiens, abondant autour des fleuves et des marigots, fuyant au contraire les endroits secs, puisque leurs larves sont aquatiques.
Le yer de Médine, dragonneau ou filaire, est un ascaris assez mince, mais dont la longueur peut être considérable et atteindre parfois 1 mètre et davantage.
Le microbe des fièvres paludéennes est un hématozoaire, c'està-dire un être qui vit à Tintérieur des globules rouges du sang. On n'a jamais rencontré cet animal en dehors des êtres vivants; il semble donc que la maladie exige la présence d'un hôte récepteur et d'un hôte transmetteur ; le moustique est ce dernier,
D. — Produits du sous-sol (1).
Pierres à bâtir. — Les calcaires sont assez fréquents au Sénégal. On exploite à Rufisque des calcaires blancs jaunâtres, d'assez bonne qualité, qui constituent des bancs régulièrement stratifiés, séparés par des lits très minces argilo- calcaires.
(1) Voir : Géologie et hydi^ologie de la Sénégambiepâr M. Pierre Rombaud dans Une mission au Sénégal, op. cit. — Col. WendVmg, Etude sur le delta et les marigots du Sénégal {Bull. Soc. Géogr. de Toulon, 1890). — Saint-Meunier, Contribution à la géologie du Bas-Sénégal {Compte-rendu de l'Académie des Sciences, 1" semestre, 1898),
Outre ces bancs, la plage de Popenguine est parsemée de très gros blocs qui gardent les traces d'influences atmosphériques longtemps subies et qui appartiennent à divers niveaux. Certains sont dolomitiques, d'autres sont de grès dur à ciment calcaire, tous ont été ramenés par les eaux pluviales et sont traversés par de nombreuses fentes remplies de calcite et d'oxydes de fer.
Des bancs de calcaire coquillier, susceptibles d'un beau poli se rencontrent à Yang-Yang, sur les flancs de la vallée.
Des calcaires plus tendres, mais également utilisables^ se rencontrent à 2 kilomètres Est de Mbidjem.
La latérite constitue une pierre de construction convenable ; elle se débite assez facilement en moellons et prend bien le mortier. Sa forte densité constitue un inconvénient pour certains travaux. Dakar^ Thiès, les bâtiments du haras de Diourbel, Toul, etc., ont été construits en latérite.
Brique. — Une importante briqueterie a été créée à Bop N'dior près de Saint-Louis. Les rives argileuses du fleuve ont permis de fabriquer les briques d'une qualité remarquable dont ont été construits les postes de Podor, les quais de Dagana, etc.
L'argile n^est pas rare dans beaucoup de points. Elle est, avec le sable argileux de termitières, employée par les indigènes pour la construction de leurs cases. Bien protégés par les toits de chaumes et de tuiles, les murs ainsi construits résistent bien aux pluies d'hivernage.
Chaux. — La pierre à chaux est loin de manquer au Sénégal. Dans le Baol, le Gayor, les sondages en révèlent à des profondeurs variables. On en exploite à Rufisque, à Sebikotam. A Thiela, à Yang-Yang, à Merinaghen, on trouve à la surface du sol un calcaire très tendre, contenant parfois un grand nombre de mollusques d'eau douce, remarquablement conservés.
Parmi les métaux^ le fer est abondant au Sénégal. Il se rencontre généralement sous forme de sesquioxyde anhydre ou hydraté, quelquefois d'oxyde magnétique ou de carbonate et les indigènes l'exploitent d'une façon primitive.
On n'a reconnu que des traces de carbonate de cuivre^ accom-
pagnant certains grès et certains calcaires. Néanmoins on a vu entre les mains des Maures des disques de cuivre, grossièrement fondus, qui ne paraissaient pas de provenance marocaine. Il se pourrait donc que les Maures eussent dans leur pays du minerai de cuivre.
L'or est abondant dans le Bouré, le Bambouk et le Bonden. Il existe dans des quartz filoniens, dans des schistes anciens métamorphosés ou bien à Tétat de paillettes dans certaines alluvions.
Il existe des bancs de lignite dans la Haute Gambie, aux pieds du Fouta-Djallon et peut-être dans le pays des Maures.
Du soufre natif se trouve dans les environs du Cap Blanc : il est assez pur pour brûler sans raffinage ou distillation.
Les basaltes forment l'ile de Gorée. Près de Rufîsque, à Diokoul se trouve un basalte à apatite, contenant jusqu'à 5 0/0 de phosphate de chaux.
Le sel est récolté dans le Sahara par les Maures qui l'amènent à Tombouctou : il y a quelques salines rudimentaires sur la côte.