I. Écrit le 12 novembre
Le prince qui veut être adoré comme un dieu semble prendre pour son trône l'autel de Jéhovah :
L'autel jaloux que veut l'immense Jéhovah, Ce petit duc le prend et l'appelle son trône !
'Théâtre en liberté^ 88.
Je vis; je ne suis pas ce qu'on nomme un mortel; Mon trône vieillissant se transforme en autel.
La Légende des siècles, II, 1^7.
L'échafaud, pour le poète, pour le héros, pour le martvr, est un trépied, un autel, un piédestal :
Prophète' à son jour mortuaire, La prison est son sanctuaire Et l'échafaud est son trépied !
Odes et Ballades, 43.
Lorsque les échafauds ont des aspects d'autels, Qu'on se sent admiré du bourreau qui vous tue, Qiie le cadavre va se relever statue.
Mourant plein de clarté, d'aube, de firmament. D'éclat, d'honneur, de gloire, on meurt facilement ! Les Coiiteniplations, II, 169.
L'échafaud est le lieu du triomphe sinistre. Le piédestal dressé sur le noir cabanon, Qui fait tomber la tête et fait surgir le nom, C'est le faîte vermeil d'où le martyr s'envole. C'est la hache impuissante à trancher l'auréole. C'est le créneau sanglant, étrange et redouté. Par où Pâme se penche et voit l'éternité.
Les Châtiments, 403-404.