‹ Le sens de la forme dans les métaphores de Victor HugoChapitre 22 sur 114 · I. Le Dannhe · texte numérisé non relu

I. Le Dannhe

Tu tiendrais dans tes mains ainsi ijue des serpents Tous les fleuves domptés, tremblants, soumis, rampants.

Toute la lyre, III, 146.

L'œil voyait sur la plage amie

Briller ses eaux.

Comme une couleuvre endormie

Dans les roseaux.

De m icrc gerbe, =; 8 .

Victor Hugo voit des anguilles et des serpents dans les ondulations de l'eau, qu'il s'agisse de l'eau agitée dans un seau, ou de la vague de l'océan:

La plus grande (fontaine)... se dégorge dans un bassin de pierre plein d'une belle eau verte, moirée, que les rayons du soleil semblent remplir, en s'y brisant, d'une foule d'anguilles d'or. Le Rliiii, II, 21=,.

L'eau agitée dans le seau faisait des cercles qui ressemblaient à des serpents de feu blanc.

Les Misérables, II, iss.

Par instants, dans cette profondeur vertigineuse, une lueur apparaissait et serpentait vaguement, l'eau ayant cette puissance, dans la nuit la plus complète, de prendre la lumière on ne sait où et de la changer en couleuvre.

Ib., V, 27S.

Tout ce bleu, en bas comme en haut, était immobile. Aucun tremblement n'agitait ces espèces de serpents d'un azur plus clair ou plus foncé qui marquent à la surface de la mer les torsions latentes des bas-fonds.

Les Travailleurs de la mer. II, ^^9.

Io8 LE SENS DE LA FORME CHEZ VICTOR HUGO

Je' suis la vaste mêlée.

Reptile, étant ronde, ailée.

Etant le vent.

La Lc'gcndc' des siècles, III, i-ji,.

Les flots le long du bord glissent, vertes couleuvres.

La ceinture sans fin des vagues dénouées L'enveloppe" et le presse et l'étreint, noir serpent.

Dernière gerbe, 143.

Sur la terre même on peut reconnaître les sinuosités du serpent : une route c^ui serpente, une rue dont les pavés ondulent:

La route, obstruée de rochers, tourne et se replie comme un long serpent.

Fragment d'un Voyage iiiix Alpes, dans Victor Hugo raconte, II, 196.

Cette rue... est pavée de dalles, larges écailles de pierre qui ondulent comme le dos d'un serpent.

Alpes et Pyrénées, 219.

Les montagnes produisent deux sortes de routes: celles qui serpentent à plat sur le sol comme les vipères, celles ijui serpentent en ondulant par soubresauts comme les boas. Passez-moi ces deux comparaisons qui rendent ma pensée sensible. Ib., 2s-j.

\'ictor Hugo trouve la même forme dans la brume d'un rivage, qui s'allonge au loin. Quant à

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