I. De l'Arc-de-Triomphe
côtes de pierre et de sa croupe monstrueuse, semblait un énorme sphinx à deux tètes assis au milieu de la ville.
Ib., 268.
Vue du haut du grand clocher (de la cathédrale de Chartres), la croupe incendiée et mise à nu est superbe. On dirait le dos d'un monstre énorme.
France et Belgique, 46.
Ce flot de noirs, toujours repoussés et toujours renaissant sur ces murailles grises, ressemblait de loin à un essaim de fourmis essayant de gravir l'écaillé d'une grande tortue, et dont le lent animal se débarrassait par une secousse d'intervalle en intervalle. Btig-Jargal , 82.
Les larges écailles ardoisées qui recouvrent... le mur à pic du clocher. Notre-Dame de Paris, II, 42.
Un méchant beffroi écaillé d'ardoises.
Le Rhin, I, 36.
Cette aiguille, sur laquelle les feuilles de plomb dessinent des losanges et des écailles comme sur une peau de serpent.
Un clocher à tuiles de couleur qui semble revêtu d'une peau de serpent. Ib., II, 240.
Du haut de son toit écaillé de lucarnes.
Notre-Dame de Paris, II, 5^3.
Je vois dans les rochers des escaliers qui grimpent... jusqu'à la vieille église blanche, laquelle semble une génisse de plus agitant sa cloche à son cou dans la montagne. Car dans les églises du Guipuzcoa on voit à nu la cloche suspendue au bord du toit de l'église sous une espèce d'arcade qui ressemble à un collier.
Alpes et Pyrénées, 202.
Deux clochers romans accouplés par un pont ressemblent à deux grands bœufs sous un joug. Le Rhin, 11, 29.
Un vieux château écroulé du douzième siècle, qui dresse ses trois tours à l'entrée méridionale des gorges comme un cerbère de granit. Alpes et Pyrénées, 87.
(Du haut des tours de Notre-Dame). On avait devant soi un innombrable troupeau de vieux toits.
Notre-Dame de Paris, I, 185.
Les hauts clochers semblaient, sur les bruns horizons, De grands pasteurs gardant des troupeaux de maisons. Les Quatre vents de l'esprit, II, 24^.
Dans une montagne, l'hôtesse arabe voit simplement la forme :
Ce mont noir qui de loin semble un dos de chameau.
Les Orientales, 134.
Mais à la forme animale 'Victor Hugo ajoute souvent le mouvement. Il cherche dans les monts, dans les rochers, des ressemblances, tantôt vagues, tantôt assez précises avec les animaux, et, de plus, l'ondulation des cimes et des vallées lui donne l'illusion du bondissement . Les monts, les glaciers même, deviennent des troupeaux, des chevaux monstrueux :
Lorsqu'on l'aperçoit (le Dru) confusément à travers le brouillard, on pense voir le cyclope de Virgile assis dans la montagne, et les blancheurs vagues de la Mer de Glace sont les troupeaux qu'il compte pendant qu'ils passent à ses pieds. Fragment d'un Voyage aux Alpes, dans
Vietor Hugo raconté. Il , 208.
LES ANIMAUX I 3 i
Le lac était sous mes pieds avec ses montagnes et ses caps, dont je distinguais nettement les hanches, les côtes et les longs cous, et je croyais voir un troupeau énorme de monstres poilus, groupé autour de cet abreuvoir bleu , boire à plat ventre, 1l"< museaux allongés dans le lac.
Alpes et Pyrénées, 52.
Les goémons, toison du troupeau des récifs.
Les Quiitre vents de l'esprit, II, 6^;.
L'n large et haut plateau, autour duquel on voit bondir au loin le troupeau monstrueux des montagnes.
Le fi II in, II, 2^6.
On croit les voir bondir' comme au temps du prophète, Et Ton se dit, de crainte et de stupeur saisi : — O chevaux monstrueux! quelle course ont-ils faite. Que leurs croupes fument ainsi 1
Toute la Ivre, I, 92.
Quand Victor Hugo parle de la mer. il rajeunit et rend plus vivantes des métaphores de la langue usuelle. On donne le nom de moutons à de petites vagues que blanchit l'écume. On dit que la mer moutonne, qu'elle est moutonneuse. Dans le langage ordinaire, ces métaphores sont emplovées d'une façon presque inconsciente. 'Victor Hugo voit dans les vagues un véritable troupeau :
La mer semble un troupeau secouant sa toison.
Les Orientales, 16.
Et, là-bas, devant moi, le vieux gardien pensif De l'écume, du flot, de l'algue, du récif,