‹ Le sens de la forme dans les métaphores de Victor HugoChapitre 28 sur 114 · Les vents · texte numérisé non relu

Les vents

La vague, roue errante, et l'écume, cavale. S'enfuyaient. Toute la lri\\ III, 97.

Les vagues frémissaient de l'avoir sur leurs croupes. La Légende Jcs siècles, IV, 284.

Pas de vision comme les vagues. Comment peindre ces creux et ces reliefs alternants, réels à peine, ces vallées, ces hamacs, ces évanouissements de poitrails, ces ébauches ?

L Homme qui rit, I, 149.

De moment en moment des troupeaux de vagues blondes,

d'une hauteur énorme... débouchaient sous le vent de

l'extrémité de la jetée et accouraient éperdument vers

nous, le long du mur, comme des cavaleries furieuses

qu'on ramène à la charge.

Une vague qui se cabre pas plus qu'un voisin qui dispute ne réussissait à l'arrêter.

Les Travailleurs de la nier. I, is2.

Ce livide univers, vaste danse macabre.

Où l'astre tourbillonne, où la vague se cabre.

Dieu, 98.

Tu courtisais ta belle esclave quelquefois, Myrtale aux blonds cheveux, qui s'irrite et se cabre Comme la mer creusant les golfes de Calahre.

Les Contemplations, I, ^5.

Décidément je fais peu de cas des grands ports de mer. Je déteste toutes ces maçonneries dont on caparaçonne la mer. Dans ce labvrinthe de jetées, de môles, de digues, de musoirs, l'océan disparait comme un cheval sous le harnais. France et Belgique, 83.

Les Ilots peuvent encore faire naître dans l'esprit une autre image, celle de larges écailles. Victor Hugo appelle la mer « cette cuirasse écaillée />'. Ces écailles donnent à la mer l'aspect d'un crocodile, d'une hydre, d'un dragon. 11 y a d'ailleurs dans ces deux dernières métaphores d'autres éléments : l'ondulation des flots, la multiplicité des vagues qui peut rappeler les têtes de l'hydre, leur violence qui semble hostile. L'étvmologie du mot hydre est aussi pour beaucoup dans la comparaison: ce qui le prouve, ce sont les métaphores où ce mot s'emploie soit au sujet de la chute d'un fleuve, soit au sujet de l'eau qui lutte contre l'incendie:

Soit que, par un beau temps, l'océan inonstrueux. Qui brise quand il veut les rocs et les nuirailles, Le berce mollement sur ses larges écailles.

Les Chcuits du crcpusciih\ 63.

Quand la meute du vent court sur l'onde écumante, Et quand l'archer tonnerre et le chasseur éclair Percent de traits la peau d'écailles de la mer.

Dieu, 11.

La mer ipii, !e moment d'auparavant, avait des écailles, avait maintenant une peau. Tel est ce dragon. Ce n'était plus le crocodile, c'était le boa.

L'Homme qui rit, I, 144.

Ft l'énorme océan, h\dre aux écailles vertes.

/.<'5 Cihilimeii/s, 77.

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