les Q«ii/;v vciih lie l'espril, II
L'océan semble un rêve éblouissant où nage L'écaillé de la mer, la plume du nuage, Car l'océan est hydre et le nuage oiseau.
Les Contemplations, 11, 2^0.
Le ciel, l'onde achevaient en concert leur mêlée. L'hydre verte laissait luire l'hydre étoilée.
La LcçrenJc des siàeles, I, ■;=,3.
Et toi, la grande vagabonde, L'hydre verte au dos tortueux.
Que dis-tu. mer où l'ombre abonde.
Bouleversement monstrueu.x ?
Tonte la lyre, I. 24'?.
La navigation universelle tient tète à un monstre unii.[ue. Foute la mer est la même hydre. Les vagues couvrent la mer d'une sorte de peau de poisson.
Les Travailleurs delà mer, II, 1^7.
Ce fut, sur ce bloc de rochers et de charpentes, e]uelque chose comme le vaste écrasement d'une hydre... Le flot paraissait se cramponner et mordre. Ih., 178.
Chaque vague est un des antres Où bâille l'hydre océan.
Les Quatre vents de l'esprit, II, si.
(La chute du Rhin h Schaffhouse). Au-dessus d'une épouvantable croupe d'écume, on aperçoit une maisonnette paisible avec son petit verger. On dirait que cette affreuse hydre est condamnée à porter éternelleiuent sur son dos cette douce et heureuse cabane. Le Rhin, II, 26s.
Le sifflement de l'eau (lancée par la pompe à incendie) répond au mugissement du feu. Rien n'est plus terrible et
plus grand que cet ancien et éternel combat de l'hydre et du dragon. Ih., 1, 271.
Quoi ! je serais si candide 1 Porter sur mon dos splendide
Votre wagon !
Dans mon azur sans limite Voir fumer votre marmite,
Moi' le dragon !
La Lcgendc des siccles, III, 278.
Nous avons vu déjà combien Victor Hugo s'attache à contempler les nuages et quelle diversité de formes il v trouve. Dans les exemples cités, il cherchait une ressemblance précise. Mais il lui arrive bien souvent de se contenter de traits plus vagues. C'est le cas dans ce qu'il dit du nuage du Pilate:
Tantôt il ressemblait à une grande cigogne blanche couchée dans les anfractuosités du sommet comme dans un nid : tantôt il se divisait en cinq ou six petits nuages et faisait à la montagne une couronne d'aigles planant en rond. Alpes ci Pyrc'nccs, 14.
Souvent il voit simplement dans les nuages de vagues rondeurs, comme des croupes de cavales :
Et caparaçons d'or aux croupes des nuées.
Les Chenils du crcpnscnlc, ijo-
La nuée aux croupes sans nombre.
Les Contemplations, II, 323.