I.cs MiscmHcs, IV, ii
Par l'échevèlement farouche des forêts.
La Légende des siècles, I, io[,
Et les forêts mouillées Qui pendaient à son front de marbre, échevelées.
La Fin de Satan, 27.
Aux joncs échevelant leurs ombres Dans la lumière des flots verts.
Les Cliansons des rues et des bois, 154.
On voit aussi, quoic^uc moins souvent, la végétation comparée à la harhe. C'est surtout le lierre qui met une harbe verte aux statues et aux arbres. Les forêts sont la barbe des vieux monts :
Vers la grotte où le lierre Met une barbe verte au vieux fleuve de pierre.
Les Voix intérieures, 213.
Les grands arbres profonds qui vivent dans les bois. Tous ces vieillards, les ifs, les tilleuls, les érables, Les saules tout ridés, les chênes vénérables. L'orme au branchage noir, de mousse appesanti. Comme les ulémas quand parait le muphti. Lui font de grands saluts et courbent jusqu'à terre Leurs têtes de feuillée et leurs barbes de lierre.
Les Contemplations, I, 1^16.
La barbe d'un vieil antre.
Théâtre en liberté, 265.
Les monts sont vieux...
Le temps est im morceau de leur masse ; leur laite.
l82 LR SENS DE I.A FORME CHEZ VICTOR HUGO
De loin morne profil ciui s'efface de près, Livre au vent une barbe épaisse de forêts.
Dieu, 25.
A côté de ces métaphores, on peut encore citer celles qui assimilent une ligne d'arbres à des cils, un hallier à une touffe de laine, celles dans lesquelles il est question de maisons et de collines velues :
De même que les cils séparent deux paupières,
Ces arbres couvrant l'eau qui coulait dans les pierres
Séparaient les deux plans inclinés du vallon.
Toute Jn lyre, I, 30.
Entre deux rocs d'un noir d'ébène Voyez-vous ce sombre hallier Qui se hérisse dans la plaine.
Ainsi qu'une touffe de laine Entre les cornes du bélier?
Les Orieiitiiles. 143.
Au pied des collines basses et velues de l'occident.
Le Rhin, I, 99.
Les énormes montagnes noires, velues, diflormes.
Alpes et Pyrénées, ^is-
Et des toits écailles sur des maisons velues.
Dernière gerbe, 12.
Si le poète compare très souvent la végétation à la clievciure, sa pensée peut accomplir le trajet inverse, et comparer, par exemple, une chevelure au feuillage d'un saule :