I. Cf. p
Ce sont de magnifiques mousses roses qui caparaçonnent ia cabane. France et Belgique, 66-67.
Du côté de la pluie et de la bise les arbres ont une fourrure de lichen. U Archipel de la Manche, 26.
Les forêts sont le manteau des montagnes, et même le vêtement de la terre :
Ainsi, quand vous passez au pied d'un mont sublime, Longtemps en conquérant vous admirez sa cime, Et ses pics, que jamais les ans n'humilieront, Ses forêts, vert manteau qui pend au.x rocs sauvages. Et ces couronnes de nuages Qui s'amoncellent sur son front.
Odes et Ballades, 226.
L'homme habille ou déshabille la terre ; un déboisement est un vêtement qu'on ôte.
L'Archipel de la Manche, 79.
Victor Hugo emploie en parlant des mers, des forêts et des monts qui couvrent la terre, le mot armure, bien qu'il n'y ait dans ce cas aucune idée de protection :
Globe vivant, je suis vêtu des flots profonds. Des forêts et des monts ainsi que d'une armure.
La Légende des siècles, IV, 316.
Les montagnes sont aussi vêtues d'immenses manteaux de glace et de neige :
A l'extrémité d'un immense manteau bleuâtre que le
mont Blanc laisse traîner jusque dans la verdure de
Chamonix.
Fragment d'un Voyage aux Alpes, dans
Victor Hugo raconte, II, 206.
Laisse-moi, pour m'en faire un linceul, O montagne Savo que la tourmente assiège, iMe couper un morceau de ton manteau de neige. La Légende des siècles, I, 273.
Les monts sont vieux ; cent fois et cent fois séculaires,
Muets, drapés de nuit sous leurs manteaux polaires'.
Leur âge monstrueux épouvante l'esprit.
Dieu, 1'^.
Quand Éponine, dans les Misérables, compare à une chemise la neige qui couvre Paris, le mot ne contient plus c]ue l'idée de vêtement et celle de blancheur. L'idée de forme est totalement absente :
Elle se dirigea vers la fenêtre et regarda dehors... — Comme Paris est laid quand il a mis une chemise blanche ! dit-elle. Les Misérables, III, 365.
La queue de la comète a la forme dune immense robe flottante :
Voici l'épouse en feu qui vient ! l'astre effaré Regarde à son zénith, h travers la nuée, L'impudeur de ma robe immense dénouée.
La Légende des siècles, III, 171 .
La flamme elle-même est un vêtement ; elle enveloppe les suppliciés sur le bûcher ; elle met un voile d'or au front d'une forêt incendiée :