I. Du lion
LA VÉGÉTATION 36=j
ses deux joues d'énormes favoris. On se sentait mal à l'aise la première fois qu'on voyait ces deux forêts et ces deux cavernes. ^''-s Misérables. I, ^07.
Quand brille sous tes cils, comme un feu sous les
[branches.
Ton beau regard, terni par de longues douleurs.
Les Chants Ju crépuscule, 141.
L'œil luisait sous les sourcils comme un feu sous une broussailie. Les Misérables, I, 117.
L'œil bridé cachait la petitesse de son regard sous une broussailie de sourcils. L'Homme qui rit, I, 3SS.
Son oreille diftorme et encombrée de broussailles semblait dire : ne parlez pas à la béte qui est dans cet antre. Les Travailleurs de la mer, I, 168-169
Ces mots, broussailie, hallier, s'emploient pour désigner des enchevêtrements de toute sorte :
D'autres légendes étaient écrites, selon la mode des hermétiques, en grand nombre sur les murs... les inscriptions débordant au hasard, celles-ci sur celles-là, les plus fraîches effaçant les plus anciennes, et toutes s'enchevêtrant les unes dans les autres comme les branches d'une broussailie, comme les piques d'une mêlée.
Notre-Dame de Paris, II, 41).
Charle a fait des dessins sur son livre déclasse... Le gribouillage règne, et sur chaque vers pose Les végétations de la métamorphose.
Charle a sur ce latin fait pousser un hallier.
L'Art d'être grand-père, 147-141).
Cet entassement (de crabes) ressemblait à une mêlée d'assiégeants et avait l'enchevêtrement d'une broussaille. Lrs Triivaillciirs de la mer, II, 220.
Cela ne fut plus qu'un enchevêtrement, informe broussaille de poutres. //'., iS^.
Lugubre vision 1' au-dessus d'un mur blanc Quelque chose d'informe et qui paraît tremblant Se dresse ; chaos morne et ténébreux; broussaille De silence, d'horreur et de nuit qui tressaille.
La Lcgciidc des siècles, 1, 224.
Cette forêt de branches ténébreuses qu'on nomme l'égout. Les Misérables, V, 191.
Quand Victor Hugo, enfin, parle de la forêt des astres, du taillis sidéral, l'idée de forme a complètement disparu; il ne s'agit plus que de la multiplicité des étoiles, qui, dans le lointain de l'infini, nous apparaissent aussi serrées que les arbres d'une forêt.
Ces mêmes étoiles, Victor Hugo les compare souvent à des fleurs. Il est évident que la forme, même la forme apparente, est étrangère à la comparaison. L'étoile est à nos yeux un point lumineux, et le poète la compare à la fleur qui est un point coloré. Il fait également abstraction de la forme que nous ne distinguons point dans l'astre, et de celle que nous voyons dans la fleur.
Dans les comparaisons de certains objets à des fleurs, il est cependant des cas où Victor Hugo tient