‹ Le sens de la forme dans les métaphores de Victor HugoChapitre 89 sur 114 · ARCHITECTURK · texte numérisé non relu

ARCHITECTURK

du granit. Quel artiste que Tabîme ! Tel pan de mur coupé carrément et couvert de rondes-bosses ayant des attitudes, figurait un vague bas-relief; on pouvait, devant cette sculpture où il y avait du nuage, rêver de Prométhée ébauchant pour Michel-Ange... Cet antre se compliquait d'un alhambra. C'était la rencontre de la sauvagerie et de l'orfèvrerie dans l'auguste et difforme architecture du hasard. Les Travailleurs de la nwr, II, 74-75.

Dans tout ce qui précède, les comparaisons sont un peu vagues. Mais Victor Hugo trouve aussi entre la nature et les monuments humains des ressemblances plus précises. Dans la montagne, les pics, les aiguilles des glaciers sont généralement comparés aux flèches des cathédrales, plusieurs fois aussi à des tours, à des obélisques, et à d'autres constructions du même genre :

Ces sentinelles noires, debout sur la pointe des pyramides de granit dont les mornes sont hérissés, tournaient fréquemment sur elles-mêmes, comme les girouettes sur les flèches gothiques. Bug-Jargal, 116.

Plus bas... se dessine le profd découpé du glacier des Bossons... On dirait une ville d'obélisques, de cippes, de colonnes et de pyramides, une cité de temples et de sépulcres, un palais bâti par des fées pour des âmes et des esprits ; et je ne m'étonne pas que les primitifs habitants de ces contrées aient souvent cru voir des êtres surnaturels voltiger entre les flèches de ce glacier à l'heure où le jour vient rendre son éclat à l'albâtre de leurs frontons et ses couleurs à la nacre de leurs pilastres.

Fragment d'un Voyage aux Alpes, dans Victor Hugo raconte, II, 206-207.

^o6 E SENS Di; l.A FORME CHEZ VICTOR HUGO

Plus haut... apparaissent les deux pics des Pèlerins et des Charmoz, qui ont l'aspect de ces magnifiques cathédrales du moyen-âge, toutes chargées de tours et de tourelles, de lanternes, d'aiguilles, de flèches, de clochers et de clochetons. Ih., 207.

Au-dessus de cette forêt, l'extrémité de la Mer de Glace... penche et précipite ses blocs marmoréens, ses lames énormes, ses tours de cristal, ses dolmens d'acier, ses collines de diamant, dresse à pic ses murailles d'argent.

Ib.

L'horizon... est couronné par une dentelure de sommets couverts de neige, sur la blancheur desquels ressort, isolé et grisâtre, cet obélisque prodigieux du Dru. Quand le ciel est pur, à sa forme effilée, à sa couleur sombre, on le prendrait pour le clocher solitaire de quelque église écroulée ; et l'on dirait que les avalanches qui se détachent de temps en temps de ses parois sont des colombes qui viennent s'abattre sur ses frises désertes. Ib., 208

Les roches calcaires, usées, morcelées et aiguisées par les orages, se dressent comme les aiguilles d'une cathédrale.

Alpes et Pyréne'es, 82.

On apercevait cette haute architecture sauvage de la mer et ces colossales pointes de craie qui sortent de l'océan comme les clochers d'une prodigieuse cathédrale engloutie.

Ce que c'est (pic l'exil, dans Pendant l'exil, 24.

Le haut .Mythen, clocher de la cloche Aquilon.

La Légende des siècles, 111, 262.

Comparer les monts à des murailles, c'est employer une métaphore usée : Victor Hugo la rajeunit.:

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