L ARCHITECTURE
Reliant dans Tazur les constellations, Architectures d'ombre et d'yeux et de rayons, Frontons prodigieux des célestes Solimes. Mon esprit, combinant ces triangles sublimes, Fait, comme Orphée à Delphe et Jacob dans Endor, Une géométrie avec les astres d'or.
Les Quatre vents de l'esprit^ II, 178.
Les constellations, sombres hiéroglyphes Du noir fronton zodiacal.
Toute la lyre, I, 104.
D'autre part, à ne considérer que le ciel lui-même, s'il n'a pas de forme, il semble en avoir une. L'espace qui s'étend au-dessus de nous paraît s'arrondir à la façon d'une voûte, dun dôme, d'une coupole. Ces métaphores sont fréquentes chez Victor Hugo, comme l'est au moins la première dans la langue usuelle :
Sous le dôme étoile qui sur nos fronts flamboie.
Les Feuilles d'aiitoiinie, 3^5.
Le Louvre est égal aux chaumières Sous ma coupole de saphirs.
Les Vo/'x intérieures, 251.
D'une seule vertu Dieu fait le cœur des justes. Comme d'un seul saphir la coupole du ciel.
Les Rayons et les Ombres, 419.
La vraie et éternelle coupole bleue reparut appuyée sur les quatre coins de l'horizon. Le Rhin, I, 222.
Le soir triste monta sous la coupole bleue.
Les Châtiments, 382.
11 ne vous suffit pas d'avoir mis sur cette tête la voûte du ciel tropical, vous voulez y ajouter encore le plafond du cabanon ! Actes et paroles. Ai\7i!t Fex/l, 343.
Et ce cachot de nuit pour dôme avait l'azur.
La Légende des siècles, I, 76.
Et les dômes profonds où vole la tempête.
Dieu, 153.
C'était l'heure où, sous la voûte bleue. Comme un flambeau qui sort d'un goufi're, Vénus luit. Les Quatre vents de l'esprit^ 11, 76.
Râlant seul par moments sous les nocturnes voûtes. Le vent semblait donner passage au désespoir.
Mais souvent l'idée de la forme est très affaiblie, et, au lieu d'être comparé à une voûte, le ciel n'est plus qu'un plafond : c'est simplement ce qui'nous couvre, ce qui est au-dessus de nos têtes :
Tu vas dormir là-haut sur la colline verte. Qui, livrée à l'hiver, à tous les vents ouverte, A le ciel pour plafond.
Les Voix intérieures, ■î4S.
Et cet astre, splendeur du plafond constellé.
Les ContempLitions, I. 343.
Cet étroit enclos, ayant les cieux pour plafond.
Les Misérables, 1, ici.
Ils mêlent leur chimère au céleste plafond ;
Ils contemplent la nuit, d'astres profonds semée.
La Fin de Satan, 145.
L ARCHITtCTURh
Jamais on ne verra l'étoile Ni l'iizur apparaître au plafond sidéral.
La Légende des siceles, IV, io8.
Quand le matin des cieux vint bleuir le plafond.
Toute la hre, I, 132.
Leurs chocs font tressaillir les firmaments et font Trembler les soleils d'or à ce sombre plafond.
Dieu, 124.
De hideux nuages pendent Au noir plafond infini.
Les Quatre vents de l'esprit, II, i^^.
Quelquefois la métaphore est un peu plus complexe. Sous ce dôme, ce plafond, le poète voit des pilastres. Les nuages pendent comme des armures accrochées à des poutres. Le ciel est le plafond d'un palais :
Que le ciel est un dôme aux merveilleux pilastres, Une tente aux riches couleurs.
Les Contemplations, I, 2^1.
Dieu, qui ferme la vie et rouvre l'idéal, Fait flotter à jamais votre lit nuptial
Sous le grand dôme aux clairs pilastres.
Ib., 11, 70.
Ciel 1 ainsi, comme on voit aux voûtes des celliers Les noirceurs qu'en rôdant tracent les chandeliers,
On pourrait, sous les bleus pilastres.
Deviner qu'un enfant de la terre a passé, A ce que le flambeau de l'homme aurait laissé De fumée au plafond des astres!
La Légende des siècles, IV, 304.
Ces nuages de plomb, d"or, de cuivre, de fer, Où l'ouragan, la trombe, et la foudre, et l'enfer
Dorment avec de sourds murmures, C'est Dieu qui les suspend en foule aux cieux profonds, Comme un guerrier qui pend aux poutres des plafonds
Ses retentissantes armures.
Les Feuilles d'automne^ 388-389.
Comme dans un palais dont je ferais le tour Je vais dans le vallon, contemplant tour à tour, Et le tapis de fleurs et le plafond d'étoiles.
Les Chants du crépuscule, 188.
Ainsi qu'un vieux trumeau dépeint et décloué, L'idylle aujourd'hui pend au grand plafond céleste. La Légende des siècles, III, 201.
Le zénith n'est-il plus qu'un faux plafond mal joint?
Dernière gerbe, 100.
Les astres sont suspendus à la voûte ou au plafond céleste comme des lampes ou des candélabres :
Mais la nuit rend aux cieux leurs étoiles, leurs gloires. Candélabres que Dieu pend à leurs voûtes noires. Les Feuilles d'automne, 304-30^.
Et quand je vois, au fond du zénith bleu, Les sept astres de l'Ourse allumés, je crois peu Que jamais le plafond céleste se délabre Jusqu'à ne pouvoir plus porter ce candélabre.
Les Quatre vents de l'esprit, I, 123.
C'est l'heure où cent lampes en flamme Brillent aux célestes plafonds.
Toute la lyre, II, 131.